Poétesse
Scénariste,
Actrice,
Poèmes,
Récite des poèmes
Née en 1937 
 
Décédée en 2010
Bella AKHMADOULINA
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Белла Ахатовна АХМАДУЛИНА
Bella AKHMADULINA
Extrait de la filmographie
 
Scénariste
1967 - L'Hôtesse de l'air (Стюардесса) de Vladimir KRASNOPOLSKI , Valeri OUSKOV [fiction, 36 mn]
1965 - Les Étangs purs (Чистые пруды) de Alekseï SAKHAROV [fiction, 80 mn]
 
Actrice
1987 - Quatre rencontres avec Vladimir Vyssotski (Четыре встречи с Владимиром Высоцким) de Maïa DOBROSSELSKAIA [documentaire, série, 265 mn]
1976 - Clé strictement personnelle (Ключ без права передачи) de Dinara ASSANOVA [fiction, 99 mn]
1970 - Sport, sport, sport (Спорт, спорт, спорт!) de Elem KLIMOV [fiction, 85 mn]
1964 - Il était une fois un gars (Живет такой парень) de Vassili CHOUKCHINE [fiction, 101 mn]
1964 - J’ai vingt ans / La Porte d'Ilitch (Застава Ильича / Мне двадцать лет) de Marlen KHOUTSIEV [fiction, 175 mn]
 
Texte de chansons
1985 - Je suis arrivée et je parle (Пришла и говорю) de Naoum ARDACHNIKOV [fiction, 90 mn]
1984 - Romance cruelle (Жестокий романс) de Eldar RIAZANOV [fiction, 145 mn]
1984 - Mon chéri, mon bien aimé… (Милый, дорогой, любимый, единственный…) de Dinara ASSANOVA [fiction, 69 mn]
1975 - L'Ironie du sort (Ирония судьбы или с легким паром) de Eldar RIAZANOV [fiction, 192 mn]
1972 - Le Bien de la République (Достояние республики) de Vladimir BYTCHKOV [fiction, 138 mn]
1965 - Les Étangs purs (Чистые пруды) de Alekseï SAKHAROV [fiction, 80 mn]
 
Poèmes
1977 - Romance de bureau (Служебный роман) de Eldar RIAZANOV [fiction, 159 mn]
 
Récite des poèmes
1976 - La couronne de sonnets (Венок сонетов) de Valeri ROUBINTCHIK [fiction, 90 mn]
1976 - Clé strictement personnelle (Ключ без права передачи) de Dinara ASSANOVA [fiction, 99 mn]
1973 - Mes amis (Друзья мои) de Arkadi KORDON , Aleksandr PACHKOVKINE , Vsevolod PLOTKINE [fiction, 72 mn]
1970 - Sport, sport, sport (Спорт, спорт, спорт!) de Elem KLIMOV [fiction, 85 mn]
1964 - J’ai vingt ans / La Porte d'Ilitch (Застава Ильича / Мне двадцать лет) de Marlen KHOUTSIEV [fiction, 175 mn]
 
Sites : Kino-teatr, ru-Wikipedia, fr-Wikipedia, en-Wikipedia

Auteur :

Biographie
Bella Akhmadoulina naît le 10 avril 1937 à Moscou, dans une famille cultivée d’origines tatare et russe.

En 1954, elle épouse le poète Evgueni Evtouchenko dont elle divorcera en 1960 pour épouser le conteur Youri Nagubine

En 1955 elle publie ses premiers poèmes et entre à l'Institut de littérature Maximme Gorki. En 1959 elle écrit au Comité central du PCUS pour lui demander de mettre fin à la persécution de Boris Pasternak , qui venait de recevoir le prix Nobel de littérature. Elle sera exclue de l'Institut pour son échec à l'examen sur le marxisme léninisme, mais réintégrée et obtiendra le diplôme de l'Institut en 1960.

Dans les années 1960, elle devient l’une des figures emblématiques de la jeune poésie soviétique, aux côtés d’auteurs comme Evgueni Evtouchenko ou Andreï Voznessenski. Elle participe à des lectures publiques très suivies, où sa diction particulière et son charisme contribuent à son succès. Toutefois, son indépendance d’esprit et son refus de se conformer pleinement aux attentes idéologiques lui valent des tensions avec les autorités.

En 1962, son recueil de poèmes Струна (La chaine), publiée dans la revue Octobre eut un grand succès. Deux ans plus tard l'écrivain et réalisateur Vassili Choukchine lui a proposé le rôle d'une jeune journaliste dans le film Живет такой парень (Il était une fois un gars)

En 1977, elle a été élue membre honoraire de l'Académie américaine des arts et des lettres. A la fin des années 1970 elle prend publiquement position en faveur de dissidents et notamment d'Anfreï Sakharov.

En 1989, elle a reçu le prix d’État de l’URSS pour son recueil de poésie «Сад» ("Jardin"), 1987.

Durant ses dernières années, Bella Akhmadulina, qui vivait à Peredelkino avec son époux, était gravement malade, presque aveugle, et n'écrivait presque plus. La poétesse est décédée à l'âge de 73 ans, le 29 novembre 2010 , dans sa datcha de Peredelkino. Ses obsèques ont eu lieu le 3 décembre à la Maison centrale des écrivains de Moscou.

Son œuvre se caractérise par une écriture exigeante, mêlant lyrisme, ironie et références culturelles. Elle accorde une importance centrale à la langue elle-même, qu’elle travaille avec une grande précision, dans une tradition héritée de la poésie classique russe.

Au cinéma, elle est scénariste d'un film, elle récite certains de ses poèmes dans plusieurs films, permet que d'autres poèmes soient mis en musique et chantés dans d'autres films. Plusieurs documentaires lui ont été consacrés
 

Commentaires
- Ces poètes soviétiques déplaçaient les foules 2025, Fenêtre sur la Russie
- Поэты и кино [Poètes et cinéma] Вадим ДОЛГУШЕВ, 2025, litrossia.ru
- Знаменитые поэты, которые засветились в кино [Poètes célèbres étant intervenus dans des films] 2021, nashe.ru
- 8 знаменитых поэтов, засветившихся в кино Артем ЗАЯЦ, 2017, film.ru
- Поэтесса Белла Ахмадулина. Досье [Poétesse Bella Akhmadoulina. Dossier] Мария ВОЛУЙСКАЯ, 2017, aif.ru
 
 

Images, vidéos, textes
Стихи про кино
Source


Мастерская / L’atelier / The Workshop
Русский Français English
Понаблюдаем за экраном,
а холст пусть ждет своей поры,
как будто мы в игру играем,
и вот Вам правила игры.

Поверьте мне, как я Вам верю,
И следуйте за мной теперь.
Есть тайна за запретной дверью,
а мы откроем эту дверь,

Войдем в простор чужих владений!
Художник наш вот-вот заснет.
Вы — зрители его видений,
а я в них — Ваш экскурсовод.

Заснул Художник. Холст не начат,
меж тем идет куда-то он.
Что это значит? Это значит,
что наш Художник входит в сон.

А нам, по волшебству кино,
увидеть сон его дано.
Observons donc l’écran,
et que la toile attende son heure,
comme si nous jouions à un jeu —
en voici les règles, sans détour.

Croyez-moi, comme je vous crois,
et suivez-moi à présent.
Il est un mystère derrière une porte interdite,
et nous allons l’ouvrir ensemble.

Entrons dans l’espace d’un autre monde !
Notre artiste est sur le point de s’endormir.
Vous êtes les spectateurs de ses visions,
et moi, j’en suis votre guide.

L’artiste s’endort. La toile est vierge,
et pourtant il s’en va quelque part.
Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie
que notre artiste entre en rêve.

Et à nous, par la magie du cinéma,
il est donné de voir son songe.
Let us watch the screen,
while the canvas waits its time,
as though we are playing a game —
and here, for you, are its rules.

Believe me, as I believe in you,
and follow me now.
There is a secret behind a forbidden door,
and we shall open that door.

Let us step into the vastness of чужих domains!
Our artist is about to fall asleep.
You are the viewers of his visions,
and I within them — your guide.

The artist has fallen asleep. The canvas untouched,
yet he is going somewhere.
What does it mean? It means
that our artist enters a dream.

And we, by the magic of cinema,
are granted to behold his dream.


Чужое ремесло / Le métier des autres / Another’s Craft
Русский Français English
Чужое ремесло мной помыкает.
На грех наводит, за собой маня.
моя работа мне не помогает
и мстительно сторонится меня.

Я ей вовеки соблюдаю верность,
пишу стихи у краешка стола,
и все-таки меня снедает ревность,
когда творят иные мастера.

Поет высоким голосом кинто,
и у меня в тбилисском том духане,
в картинной галерее и в кино
завистливо заходится дыханье.

Когда возводит красную трубу
печник на необжитом новом доме,
я тоже вытираю об траву
замаранные глиною ладони.

О, сделать так, как сделал оператор —
послушно перенять его пример
и, пристально приникнув к аппаратам,
прищуриться на выбранный предмет.

О, эта жадность деревце сажать,
из лейки лить на грядках неполитых
и линии натурщиц отражать,
размазывая краски на палитрах!

Так власть чужой работы надо мной
меня жестоко требует к ответу.
Но не прошу я участи иной.
Благодарю скупую радость эту.

Le métier des autres me domine,
il me tente au péché, m’attire à lui.
Mon propre travail ne me vient pas en aide
et, avec rancune, s’écarte de moi.

Je lui reste fidèle pour l’éternité,
j’écris des vers au bord de la table,
et pourtant la jalousie me ronge
quand d’autres maîtres créent.

Le kinto chante d’une voix aiguë,
et moi, dans cette taverne de Tbilissi,
à la galerie d’art comme au cinéma,
je suffoque d’une envie brûlante.

Quand le maçon élève une cheminée rouge
sur une maison neuve, encore inhabitée,
moi aussi j’essuie dans l’herbe
mes mains salies d’argile.

Oh, faire comme l’opérateur —
suivre docilement son exemple,
et, penché avec attention sur les appareils,
plisser les yeux sur l’objet choisi.

Oh, cette avidité de planter un arbre,
de verser l’eau sur des plates-bandes desséchées,
et de tracer les lignes des modèles
en étalant les couleurs sur la palette !

Ainsi le pouvoir du travail d’autrui sur moi
m’exige cruellement des comptes.
Mais je ne demande pas d’autre destin.
Je remercie cette joie avare
Another’s craft commands me,
tempts me into sin, draws me along.
My own work offers me no help
and, resentfully, turns away from me.

To it I keep eternal faith,
I write verses at the edge of the table,
and yet jealousy consumes me
when other masters create.

The kinto sings in a high voice,
and I, in that Tbilisi tavern,
in the gallery and in the cinema,
feel my breath tighten with envy.

When a mason raises a red chimney
on a new, uninhabited house,
I too wipe on the grass
my hands soiled with clay.

Oh, to do as the cameraman has done —
to follow obediently his example,
and, leaning closely over the apparatus,
to squint at the chosen subject.

Oh, this greed to plant a tree,
to pour water over unwatered beds,
and to trace the lines of models
while smearing paints across the palette!

Thus the power of others’ work over me
demands a harsh reckoning.
Yet I ask for no other fate.
I thank this meager joy.