Boulat Okoudjava (1924–1997) est l’une des grandes figures de la culture russe du XXe siècle, à la fois poète, romancier et auteur-compositeur-interprète. Né le 9 mai 1924 à Moscou dans une famille d’origine géorgienne et arménienne, il grandit dans un contexte dramatique marqué par les purges staliniennes : son père est fusillé en 1937 et sa mère déportée au Goulag.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Okoudjava s’engage volontairement dans l’Armée rouge en 1942. Il combat sur le front du Caucase, expérience qui inspirera nombre de ses textes, où la guerre est décrite de manière intime et désenchantée, loin des discours héroïques officiels. Après la guerre, il poursuit des études de philologie à Tbilissi et travaille comme enseignant, avant de se tourner progressivement vers la littérature.
Dans les années 1950 et 1960, Boulat Okoudjava devient l’un des pionniers du mouvement des « bardes » soviétiques — ces chanteurs qui interprètent leurs propres poèmes en s’accompagnant à la guitare. Dans un contexte de forte censure, ses chansons circulent de manière informelle, copiées sur des bandes magnétiques et diffusées clandestinement. Parmi ses chansons les plus célèbres figurent Le Soldat en papier, Arbat, Vote noblesse, La prière de François Villon, le dernier autobus...
En 1967, lors d'un voyage à Paris, il enregistre une vingtaine de chansons dans les studios du Chant du Monde.
Parallèlement à son activité de chanteur, Okoudjava est également un écrivain reconnu. Il est l’auteur de plusieurs romans
Sans être un opposant politique direct, il incarne une forme de liberté intérieure et artistique. Son œuvre évite les slogans idéologiques et privilégie les émotions, les souvenirs et les valeurs universelles. Cette position singulière lui permet de toucher un public très large.
Dans le cinéma il intervient surtout par ses chansons qu'il interprète souvent lui-même, mais il a été aussi scénariste et acteur pour quelques films
Il s’éteint le 12 juin 1997 à Clamart, en France. Aujourd’hui encore, Boulat Okoudjava reste une figure emblématique de la poésie chantée russe, symbole d’humanisme, de simplicité et de résistance discrète face aux contraintes de son époque.