Dans une ville industrielle, des ouvriers commencent leur deuxième semaine de grève. Encouragé par Saint-Pétersbourg, le gouverneur Michel refuse les revendications des ouvriers et tente en vain de les convaincre de reprendre le travail. Ceux-ci, poussés par un provocateur, lancent des pierres sur la maison du gouverneur qui riposte par les armes. Trois enfants sont tués, le gouverneur est rongé par les remords d'autant plus que sa propre fille lui reproche son intervention armée. Mais les usines reprennent le travail, St-Pétersbourg est satisfait et décore le gouverneur de l'ordre de "l'Aigle blanc". Poussé par sa servante qu'il veut séduire, le gouverneur accepte de se rendre à la forteresse, mais les prisonniers politiques refusent le dialogue. En revenant vers son palais le gouverneur est abattu par le provocateur qui venait d'être licencié.
C'est précisément lui, le gouverneur, « le meilleur représentant du pouvoir tsariste », que le réalisateur place au centre et confie ce rôle à un acteur au charme exceptionnel et à l'intelligence profonde, Vasily Ivanovich Kachalov, membre du Théâtre central d'art dramatique. Enfin, il donne son nom au film, en y introduisant une couleur détestée à cette époque : le blanc. D'après le nom de l'ordre de l'Aigle blanc, une haute distinction tsariste. L'audace de cet acte doit être mise en parallèle avec le nom et le destin du réalisateur. Iakov Alexandrovitch Protazanov est l'un des plus grands réalisateurs du cinéma prérévolutionnaire, lui-même émigré dans un passé récent.
Il a conçu un film sur la fatalité du vieux monde, qu'il comptait montrer sans tomber dans un ton sociologique vulgaire et caricatural. Ce faisant, il est entré en conflit avec le Glavrepertkom, qui a immédiatement interdit les première et deuxième versions du scénario. Protasanov rédige alors une nouvelle version avec O. Leonidov et Y. Urinov. Il obtient l'autorisation de tourner.