Le lièvre et la renarde se construisirent chacun une maisonnette pour l’hiver.
La renarde — une maison de glace,le lièvre — une maison d’écorce.
Le printemps arriva, la maison de glace de la renarde fondit, et elle s’empara de celle du lièvre.
Devenu sans abri, le pauvre aux longues oreilles alla demander de l’aide à ses amis.
Il va trouver le bouc et se plaint : « La renarde m’a pris ma maison ! »
— « T’a pris ta maison ? Oh, elle va voir ce qu’elle va voir avec le bouc ! »
Furieux, le bouc court jusqu’à la maisonnette, prêt à embrocher l’usurpatrice sur ses cornes.
Mais la renarde, rusée, le trompe, l’attire à la cave et l’y enferme.
Même le redoutable ours ne parvient pas à aider :
ayant trop respiré le parfum des fleurs, il s’endort simplement sur le seuil.
Et seul le coq, ayant attendu la nuit et s’étant armé d’une faux,
effraie tellement la renarde par son ombre qu’elle s’enfuit à toutes jambes,
sans demander son reste.
Comme on dit — ou plutôt comme le chante la chanson à la fin —
« Dans un bon ami fidèle, tu trouveras ta protection. »