Viktor_2 TARASSOV
Виктор_2 ТАРАСОВ
Viktor_2 TARASOV
Russie, 2008, 4355mn 
documentaire
1961 — Khrouchtchev — le début de la fin. Chroniques historiques avec Nikolaï Svanidze
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1961 год — Хрущёв — начало конца. Исторические хроники с Николаем Сванидзе

 

 1961 — Khrushchev — the beginning of the end. Historical chronicles with Nikolai Svanidze

 1961 god — Khrushchov — nachalo kontsa. Istoricheskiye khroniki s Nikolayem Svanidze

 
Réalisation : Viktor_2 TARASSOV (Виктор_2 ТАРАСОВ)
Scénario : Marina JOUKOVA (Марина ЖУКОВА)
Images : Viktor STOUPINE (Виктор СТУПИН)
Produit par : Nikolaï BILYK (Николай БИЛЫК)
Narrateur : Nikolaï SVANIDZE (Николай СВАНИДЗЕ)
Personnage(s) : Lavrenti BERIA (Лаврентий БЕРИЯ), Nikita KHROUCHTCHEV (Никита ХРУЩЁВ)
Production : ООО "Наш Взгляд" ("Nash Vzglyad"), Телеканал "Россия " (TV channel "Rossiya")
 

Synopsis
Le 12 avril 1961, c’est le premier vol de Gagarine dans l’espace. Cet exploit donne lieu à de grandes fêtes populaires en particulier à Moscou. Lors des cérémonies sur la Place rouge, on peut lire sur le fronton du Mausolée le nom de Staline. La déstalinisation reste ambiguë.

En 1961, la rencontre de Vienne avec le nouveau président Kennedy est décrite comme un moment où Khrouchtchev se sent fort — dopé par Gagarine et par l’échec américain du débarquement de la baie des Cochons — et où Kennedy sort psychologiquement écrasé.

Les flux de réfugiés de l’est vers l’ouest continuant, la RDA obtient finalement l’accord pour fermer la frontière : dans la nuit du 13 août 1961 commence la construction du mur de Berlin, présenté comme une solution brutale mais stabilisatrice. Dans la foulée, l’URSS relance les essais nucléaires malgré des avertissements (notamment de Sakharov), montrant la domination du politique sur les scientifiques.

L’Occident aurait surestimé l’arsenal soviétique (le « mythe » d’une supériorité en missiles), mythe fragilisé par des fuites attribuées à Penkovski. Cette révélation contribue à calmer la panique américaine, Khrouchtchev n’obtient finalement pas Berlin-Ouest : il recule et rationalise ensuite ce recul par des plaisanteries, tout en annonçant qu’il reste des « coups » à jouer — prélude au futur conflit des Caraïbes.

La seconde partie du film concerne l’intérieur : malgré l’euphorie cosmique, la réalité économique est décrite comme de plus en plus fragile. Khrouchtchev fait adopter au XXIIᵉ congrès du PCUS (octobre 1961) une rhétorique triomphaliste : dépassement des États-Unis, construction de la base matérielle du communisme, promesse que « la génération actuelle vivra sous le communisme ». Le film montre le caractère peu scientifique, imposé d’en haut, de ces prévisions. Or, en même temps, la politique agricole (terres vierges épuisées, campagne du maïs qui désorganise les cultures, pression sur les paysans, abattage de bétail pour de faux résultats) mène à des pénuries et au découragement rural.

Dans ce contexte apparaissent des agitations locales (souvent décrites comme « émeutes ivres »), nourries par une psychologie paradoxale : la déstalinisation a éveillé l’espoir d’une vie meilleure, mais la vie ne s’améliore pas; et une partie des mécontents conclut, malgré la terreur passée, que « sous Staline il y avait de l’ordre ». C’est là que le film rejoint son second symbole : au XXIIᵉ congrès, on décide de retirer Staline du Mausolée. Dans la nuit du 31 octobre 1961, la place Rouge est bouclée, la dépouille est transférée discrètement, on retire les insignes, on enterre Staline près du Kremlin, on efface jusqu’à son nom sur le Mausolée.

Mais bientôt, avec la hausse des prix et la crise alimentaire, la comparaison Staline/Khrouchtchev reviendra dans les conversations — cette fois contre Khrouchtchev. L’année 1961 apparaît ainsi comme le pic d’une « liberté d’atmosphère » (culture, cinéma, figures de l’époque), mais aussi comme l’année où l’URSS bascule vers une confrontation dangereuse à l’extérieur et une impasse économique à l’intérieur : un « début de la fin » pour Khrouchtchev, encadré par la lumière de Gagarine et l’ombre persistante de Staline.

 

Commentaires
 
Texte d'une émission radio de Nikolaï Svanidze sur le même thème que le film, 2016

Sélections dans les festivals ou événements :
- Chroniques historiques avec Nikolaï Svanidze, (kinoglaz.fr), 2026

Images, vidéos, textes
 



Nikita KHROUCHTCHEV (Никита Сергеевич ХРУЩЁВ) 1894-1971