Réalisateur,
Scénariste,
Opérateur
Né en 1897, Russie
 
Décédé en 1980
Mikhaïl KAUFMAN
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Михаил Абрамович КАУФМАН
Mikhail KAUFMAN
Extrait de la filmographie
 
Réalisateur
1976 - Une grande lessive (Большая стирка) [documentaire]
1972 - Les Dynamovtsy (Динамовцы) [documentaire]
1967 - Le Compositeur Tikhon Khrennikov (Композитор Тихон Хренников) [documentaire]
1964 - Une planète d’énigmes (Планета загадок) [documentaire]
1957 - Igor Grabar (Игорь Грабарь) [documentaire]
1956 - Dans la galerie Tretiakov (В Третьяковской галерее) [documentaire]
1955 - Un récit sur Galo (Рассказ о Гало) [documentaire]
1946 - Histoire d’une ligne (История одной линии) [documentaire]
1942 - C’était comme ça – ce sera comme ça (Так было – так будет) [documentaire]
1939 - Notre Moscou (Наша Москва) [documentaire]
1936 - Aviamarche (Авиамарш) [documentaire]
1933 - Une grande victoire (Большая победа) [documentaire]
1931 - Une campagne sans précèdent (Небывалый поход) [documentaire]
1929 - Au printemps (Весной) [documentaire, 1794 m]
1927 - Une journée à la crèche (День в яслях) [documentaire]
1927 - Moscou (Москва) [documentaire, 58 mn]
 
Scénariste
1931 - Une campagne sans précèdent (Небывалый поход) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire]
1929 - Au printemps (Весной) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire, 1794 m]
 
Opérateur
1967 - Le Compositeur Tikhon Khrennikov (Композитор Тихон Хренников) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire]
1964 - Une planète d’énigmes (Планета загадок) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire]
1933 - Une grande victoire (Большая победа) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire]
1929 - Au printemps (Весной) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire, 1794 m]
1929 - L'Homme à la caméra (Человек с киноаппаратом) de Dziga VERTOV [documentaire, 69 mn]
1928 - La Onzième année (Одиннадцатый) de Dziga VERTOV [documentaire, 46 mn]
1927 - Une journée à la crèche (День в яслях) de Mikhaïl KAUFMAN [documentaire]
1927 - Moscou (Москва) de Mikhaïl KAUFMAN , Ilia KOPALINE [documentaire, 58 mn]
1926 - Soviet en avant! (Шагай Совет / Моссовет) de Dziga VERTOV [documentaire, 55 mn]
1926 - La Sixième partie du monde (Шестая часть мира) de Dziga VERTOV [documentaire, 53 mn]
1925 - Kinopravda 21 (Киноправда 21) de Dziga VERTOV [documentaire, 29 mn]
1925 - Kinopravda 22 (Киноправда 22) de Dziga VERTOV [documentaire, 15.47 mn]
1924 - Ciné-oeil - la vie à l’improviste / Kino-glaz (Киноглаз - Жизнь врасплох) de Dziga VERTOV [documentaire, 59 mn]
1924 - Kinopravda 20 (Киноправда 20) de Dziga VERTOV [documentaire, 17 mn]
1923 - Calendrier du Goskino (Госкинокалендарь) de Dziga VERTOV [documentaire, 5 mn]

Biographie
Mikhaïl Kaufman (son vrai nom est Moisseï / Moïse Abelevitch Kaufman), le frère de Dziga Vertov et Boris Kaufman, est né à Belostok (Pologne) le 4 septembre 1897 dans une famille de bibliothécaire juif. Un des souvenirs les plus douleureux de son enfance a été le massacre (pogrome) de juifs à Belostock en 1906. Comme ses frères Moisseï est allé à l’école russe et à partir de ce moment, comme son frère aîné, qui a pris le nom de Denis, il a aussi commencé à se faire appeler à la russe - Mikhaïl. Très tôt Mikhaïl s’est intéressé à tout ce qui a été technique, notamment à la photographie. Ses premières photos il les a prises avec la caméra, offerte par la sœur cadette de sa mère Maria Galpern.
Après avoir terminé ses études dans le gymnase de Moguilev, la ville où la famille a déménagé pendant la guerre civile, il suit son frère ainé Dziga Vertov à Moscou. Les deux frères ont accueilli avec beaucoup de joie la révolution d’Octobre 1917. Vertov était le premier à travailler dans le cinéma. Mikhaïl fait d’abord l’armée, puis travaille en tant que directeur d’un garage et responsable des prises de photos aériennes de l’Armée Rouge A partir de 1922 il rejoint son frère à Moscou, travaille comme organisateur des tournages, apprend le métier d'opérateur notamment auprès d'Alexandre Levitski, un de meilleurs opérateurs de l'époque et devient lui-même opérateur et membre du groupe Kinoki, dirigé par son frère. La particularité de Kinoki a été la réaction très rapide aux faits divers, parfois ils arrivaient sur le lieu des événements pour tourner même avant les pompiers et policiers. Ainsi a été créé le genre reportage rapide. Parfois les membres de Kinoki jouent dans des épisodes de leurs films, ainsi Dziga Vertrov, Mikhail Kaufman et un autre cameraman du groupe Ivan Beliakov apparaissent en tant que passants dans le film Le procès des SR de droite (Процесс правых эсеров). Dans les années 20 Dziga Vertov et Mikhaïl Kaufman sont très proches et travaillent toujours ensemble. Kaufman partage les idées de son frère et tente plusieurs expériences cinématographiques. Très doué techniquement il modifie ses caméras en augmentant leurs moyens. Dans le film Ciné-œil – la vie à l’improviste (Киноглаз - Жизнь врасплох) Mikhaïl étonne le public avec plusieurs effets spéciaux : les gens se figent dans l’air, les tramways se déplacent avec une vitesse incroyable etc. Mikhaïl prend aussi beaucoup de risque pour tourner en grande hauteur, sur un train où dans une fabrique métallurgique. Malgré le succès de leurs films, les Kinoki sont congédiés de Mosfilm car ils ne respectent pas toujours le règlement du studio. Pendant trois ans et demi Vertov, Kaufman et la femme de Vertov Elisaveta Svilova (Елизавета Свилова) travaillent en Ukraine, à Kiev et Odessa.
Le film L’Homme à la camera (Человек с киноаппаратом) est le dernier ou les deux frères travaillent ensemble. Malgré le fait que Mikhaïl ait rempli son travail d'opérateur et même joué dans le film, les différences dans leurs opinions sur le cinéma sont tellement profondes, qu’elles ont aussi un impact très négatif sur leur relations. Après la sortie du film Mikhaïl se montre d’accord avec certaines critiques, notamment avec la critique du film d'Ossip Brik, que Vertov trouve injuste. Suite à cela Vertov accuse Mikhaïl de trahison mais aussi d’impuissance créative. En réponse Mikhaïl tourne seul son film Printemps (Весной). Encore une source de conflit – Mikhail utilise dans Printemps quelques images, tournées initialement par lui pour un de leurs films communs. Vertov accuse son frère de plagiat. Leurs relations sont définitivement rompues. Le film tourné par Mikhail sans participation de son frère aîné met en évidence la différence de leurs méthodes. Mikhaïl se voit beaucoup moins en tant que messager, il est plus lyrique, plus proche de la nature, des gens, il a son propre rythme du montage. Printemps est considéré comme une grande réussite. Dans sa vie privée Mikhaïl est aussi différent de son frère, il est plus passionné, aime la vie, il a beaucoup de relations amoureuses. L'une d'elles avec une Italienne, Gabrielle, a une fin tragique, en 1933 la femme et leur petite fille disparaissent. Cet événement a beaucoup marqué Mikhaïl. Son film Aviamarche (Авиамарш) est le dernier film remarquable de sa carrière. Pendant les années suivantes il travaille principalement dans le cinéma éducatif et documentaire. En 1939 il tourne un film à Belostok et essaye en même temps de faire déménager à Moscou le reste de sa famille, car son père meurt quelques années auparavant. Mais la mère de Kaufman qui est citoyenne polonaise n’obtient pas la permission de venir en Russie, elle reste en Pologne et meurt pendant l’occupation allemande. Après la guerre les relations entre Dziga Vertov et Mikhail Kaufman s’améliorent. Mais à l’époque de la guerre froide le contact avec leur frère cadet Boris Kaufman, qui travaille avec beaucoup de succès à l’étranger, en France et aux Etats-Unis, est rompu. Seulement dans les années 60, après la mort de Dziga, Mikhaïl commence à recevoir des lettres de Boris. Il tourne encore quelques films, mais il est connu et invité aux festivals de cinéma surtout en tant que frère et collaborateur de Dziga Vertov, dont l’œuvre intéresse de plus en plus le public. Mikhaïl Kaufman meurt en 1980 dans la maison de retraite de vétérans du cinéma Matveevskoïe, à Moscou.
Auteur d’un article sur le cinéma Kinonanalyse.
 

Commentaires et bibliographie
- Joie de vivre. Printemps (Весной) de Mikhail Kaufman , Elena KVASSOVA-DUFFORT, 2005, kinoglaz.fr