Producteur
Né en 1957, URSS (Russie)
 
 
Igor TOLSTOUNOV
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Игорь Александрович ТОЛСТУНОВ
Igor TOLSTUNOV
Extrait de la filmographie
 
Producteur
2016 - Le Moine et le démon (Монах и бес) de Nikolaï DOSTAL [fiction, 114 mn]
2016 - Le Brise-glace (Ледокол) de Nikolaï KHOMERIKI [fiction, 120 mn]
2014 - Le Souffle (Испытание) de Aleksandr KOTT [fiction, 95 mn]
2014 - Comment je m'appelle (Как меня зовут) de Niguina SAIFOULLAEVA [fiction, 91 mn]
2013 - Gagarine. First in Space (Гагарин. Первый в космосе) de Pavel PARKHOMENKO [fiction, 108 mn]
2012 - Subwave (Метро) de Anton MEGUERDITCHEV [fiction, 132 mn]
2011 - Au crochet! (На крючке!) de Natalia OUGLITSKIKH [fiction, 86 mn]
2011 - Raider (Рейдер) de Vsevolod ARAVIN [fiction, 92 mn]
2010 - L'Alienne (Чужая) de Anton BORMATOV [fiction, 100 mn]
2010 - De l'Amourrr (Про любоff) de Olga SOUBBOTINA [fiction, 78 mn]
2008 - Ils mourront tous, sauf moi (Все умрут, а я останусь) de Valeria GAÏ GUERMANIKA [fiction, 80 mn]
2008 - Gateau au fromage (Чизкейк) de Evgueni ZVEZDAKOV [fiction, 85 mn]
2008 - Tarif du Nouvel An (Тариф новогодний) de Evgueni BEDAREV [fiction, 83 mn]
2007 - Groseiller (Кружовник) de Arvo IHO [fiction, 96 mn]
2007 - Mai (Май)
2006 - Piter FM (Питер FM) de Oksana BYTCHKOVA [fiction, 90 mn]
2005 - Le Décaméron du soldat (Солдатский декамерон) de Andreï PROCHKINE [fiction, 90 mn]
2004 - Un chauffeur pour Véra (Водитель для Веры) de Pavel TCHOUKHRAI [fiction, 112 mn]
2004 - Papa (Папа) de Vladimir MACHKOV [fiction, 94 mn]
2002 - Joies et tristesses d’un Petit Lord (Радости и печали маленького лорда) de Ivan POPOV [fiction, 90 mn]
2002 - Pluie d'été (Летний дождь) de Aleksandr ATANESSIAN [fiction, 95 mn]
2001 - Faisons l’amour (Займемся любовью) de Denis EVSTIGNEEV [fiction, 86 mn]
2001 - Offre moi la lumière de la lune (Подари мне лунный свет) de Dmitri ASTRAKHAN [fiction, 91 mn]
2000 - 24 heures (24 часа) de Aleksandr ATANESSIAN [fiction, 86 mn]
2000 - Viens me regarder (Приходи на меня посмотреть) de Mikhaïl AGRANOVITCH , Oleg YANKOVSKI [fiction, 102 mn]
2000 - La Fille du capitaine (Русский бунт) de Aleksandr PROCHKINE [fiction, 128 mn]
2000 - Il est déconseillé d’offenser les femmes (Женщин обижать не рекомендуется) de Valeri AKHADOV [fiction, 86 mn]
1999 - Le Tireur d’élite (Ворошиловский стрелок) de Stanislav GOVOROUKHINE [fiction, 95 mn]
1999 - Reclus (Затворник) de Egor KONTCHALOVSKI [fiction, 90 mn]
1999 - Luna Papa (Лунный папа) de Bakhtier KHOUDOINAZAROV [fiction, 107 mn]
1999 - Mama (Мама) de Denis EVSTIGNEEV [fiction, 99 mn]
1999 - Est-Ouest (Восток-Запад) de Régis WARGNIER [fiction, 121 mn]
1999 - Mourir, c'est facile (Умирать легко) de Aleksandr KHVAN [fiction, 92 mn]
1999 - L'Admirateur (Поклонник)
1998 - Sergueï Einsenstein. La maison du maître (Сергей Эйзенштейн. Дом Мастера) de Aleksandr ISKINE , Marianna KIRIEEVA [documentaire, 104 mn]
1998 - Deux lunes, trois soleils (Две луны, три солнца)
1998 - Je veux aller en prison (Хочу в тюрьму)
1997 - Le Voleur et l'enfant / Le Voleur (Вор) de Pavel TCHOUKHRAI [fiction, 98 mn]
1997 - L'Orpheline de Kazan (Сирота казанская) de Vladimir MACHKOV [fiction, 82 mn]
1997 - Trois histoires (Три истории) de Kira MOURATOVA [fiction, 116 mn]
1997 - Le Cirque a brûlé et les Clowns se sont enfuis (Цирк сгорел и клоуны разбежались) de Vladimir BORTKO [fiction, 100 mn]
1994 - Katia Ismaïlova (Подмосковные вечера) de Valeri TODOROVSKI [fiction, 96 mn]
1993 - Rêves d'un idiot (Мечты идиота) de Vassili PITCHOUL [fiction, 92 mn]
1991 - Kiks (Кикс) de Sergueï LIVNEV [fiction, 95 mn]
1991 - L'Amour (Любовь) de Valeri TODOROVSKI [fiction, 109 mn]

Biographie
Igor Tolstounov est né à Moscou le 30 janvier 1957. En 1978 il a terminé ses études à la faculté d'économie du VGIK (Institut national de la cinématographie). Il a commencé alors à travailler pour les studios Gorki. En 1990 il a créé, avec Valeri Todorovski et Sergueï Livnev, la société de production "TTL" dont il a été directeur exécutif de 1991 à 1994. Depuis 1994 Igor Tolstounov est Directeur général de la société de production cinématographique indépendante "PROFIT". En 1995 il devient Directeur général de la chaîne de télévison "NTV-PROFIT" qui est alors une composante du holding "MediaMost". Aujourd'hui "NTV-PROFIT" n'existe plus. Igor Tolstounov est le Producteur général de "PROFIT" (Prodioussorskaïa Firma Igoria Tostounova) et vice-Directeur général de la chaîne de télévision CTC. Depuis 1991 il a produit plus de trente films de fiction ou films documentaires.
 

Commentaires et bibliographie
 
Extraits d'une interview donnée par Igor Tolstounov au journal Ogoniok N°30, juillet 2004. L'interview a été réalisée par Youri Gladiltchikov.

A un certain moment « NTV-Profit » a changé sa conception artistique. D’abord vous vous êtes consacré à la comédie dramatique. Mais après vous avez produit des films d'une autre conception : thrillers, films d'action et comédies. Par exemple, vous étiez le premier à envisager de produire un film du genre de Vigile de nuit (Ночной дозор) ( film de Timour Bekmambetov, produit par Constantin Ernst, sélectionné pour l’Oscar des films étrangers aux USA en 2004) - cinéma du genre "fantaisie" avec un budget de cinq millions de dollars. Quel est l’idéal pour vous aujourd’hui : Jerry Bruckheimer, l’un des producteurs ayant le plus de succès à Hollywood, ou un producteur européen comme Alain Sarde ?
- Je me sens plus proche de la voie, choisie par Bruckheimer. Il me semble que nous avons, dans une certaine mesure, déjà expérimenté la conception européenne du cinéma. Mes collègues et moi avons produit pendant longtemps des films d’auteurs, peu divertissants. Jusqu’à l'apparition actuelle des premiers signes d'une véritable industrie du cinéma, il a été plus raisonnable de faire des films de ce genre. En effet, les vrais « films d'art » se commercialisent très bien. Ils vivent pendant des décennies. Et ils se vendent beaucoup : la télévision et les distributeurs specialisés les achètent, ils sortent en video et DVD. Et dans le même temps il était très risqué de produire un film à succès russe vraiment cher.

Le distributeur de « Chauffeur pour Vera », producteur des films « Le Frère » et « Le Frère 2 », Sergueï Selianov, a dit à de nombreuses reprises, qu’il existe presque un complot des distributeurs contre le cinéma russe. Parce que, s’ils distribuent un film russe mieux qu’un film hollywoodien, leurs employeurs d’autre Atlantique vont crier : « Qu'est-ce que vous faîtes là-bas, vous ne savez pas travailler ? »
Je n'appellerais pas cela un complot. Personne ne se réunit dans une pièce sombre pour dire : « Laissez nous abattre les Russes ! » Mais les plus grands distributeurs russes, qui représentent les intérêts d’Hollywood, savent depuis toujours qu’ils seront fournis en films de qualité avec les dates précises de la sortie, et cela rend le travail des cinémas plus systématique et plus facile. Avec les films russes cela reste encore impossible. Et, tel que je le comprends, le travail de Selianov et de sa maison de distribution « Nache kino » c'est d'accumuler pour la distribution une grande partie des films russes, huit à dix films principaux, - pour présenter au Warner Brothers (plus exactement à « Caro Premier», qui représente ses intérêts ici) (Caro Premier Film Company est le distributeur officiel de Warner Brothers en Russie), une liste sur laquelle est écrit : tel film de tel genre avec tels interprètes sortira tel jour pour que l’on puisse aussi prévoir à l’avance les films à succès russes. Pour revenir au soi-disant complot : si le film de Mel Gibson a fait une recette de seulement un million de dollars (pour la Russie d’aujourd’hui ce n'est rien), on peut toujours se justifier : « Vous voyez, même le Gibson n’a pas marché! ». Mais si c'est un film russe qui fait un flop, le management sera tout de suite puni par les actionnaires : on vous avait prévenu, il ne faut pas prendre de risque en distribuant des films russes ! Seulement quelques uns des films russes « commerciaux » ont bien marché : Le Voleur et l'enfant, Le frère , Le Barbier de Sibérie ! Pour voir apparaître les hits commerciaux russes, il faut que l’industrie prépare « un bouillon » très concentré. Tous les ans une vingtaine, une trentaine de films vraiment forts devraient être produits – ce qu’on appelle le mainstream. Et aujourd’hui nous avons une vraie envie de faire du cinéma pour les spectateurs. Je comprends les sentiments des créateurs du film Patrouille de nuit / Vigile de la nuit (Ночной дозор). Ayant fait un film, qui bat tous les records du box-office, ils s’éclatent professionnellement en tant que producteurs.

Les bases de votre métier ne sont pas très claires pour moi. Par exemple, vous avez pris des crédits pour investir dans la production du film Un chauffeur pour Vera. Et si le film n’est pas rentable ? Demain, vos créditeurs viendront chez vous et vous diront : "Rendez l’argent, sinon …".

A une certaine époque le cinéma a brusquement nui à la stabilité économique de ma famille. C’était en 1992-1993, lorsque le marché a chuté. Mais pour être franc, il faut dire : même à ce moment, il n’y avait ni menaces ni calculs inquiétants. Simplement, les créditeurs ont très fermement demandé leur argent. Aujourd’hui notre société ne prend plus de crédits. Le tiers du budget de Un chauffeur pour Vera - est financé par l'Etat. Vingt pour-cent – par « Productions d'Igor Tolstounov » et par la chaîne de télévision ukrainienne « 1 + 1 ». Nous avons couvert le déficit du budget par la vente des droits à la Première chaîne. Après avoir tourné environ trente minutes du film, nous les avons montrées aux dirigeants de la Première chaîne. Ils ont aimé et ils ont acheté les droits : télévision, cinéma, vidéo. Pour une sérieuse somme d’argent. Une autre question est, que les opérations de ce genre sont très risquées pour le producteur. Et si, malgré tout, le film était mauvais ? Cela voudrait dire que notre crédit de confiance auprès de la Première chaîne serait amoindri. La prochaine fois, ils nous traiteront différemment. C’est comme un sapeur : tu te trompes une fois, tu te vois perdre les mains. Tu te trompes encore une fois, les pieds ne sont plus là. Et après ça ne vaut pas la peine de continuer. Parce que tu n’as plus des moyens. Il faut reconnaître bien sûr que la Première chaîne a aussi pris des risques. Le marché devient de plus en plus dur. Pour le film Papa la situation est différente : aux trente pour-cent d’argent de l'Etat s'ajoute l’argent des investisseurs.

L’argent des investisseurs, faut-il le rendre avec les intérêts ?
Non, ils prennent part aux bénéfices. En fait, la vraie question concerne la participation de l'Etat. Je suis prêt à partager avec l’Etat comme en France : là-bas le CNC – Le fonds national de la cinématographie – donne l’argent aux producteurs, et après prend une part de la recette de la distribution du film. Mais, à ce jour, nous ne sommes pas en France. Moi, j’aurais préféré, que l’Etat obtienne sa part du profit seulement après que nous ayons rendu l’argent aux investisseurs. Parce qu’aujourd’hui c’est très important d’attirer les investisseurs privés. Car si les investisseurs sont déjà venus dans le secteur de la construction de salles de cinéma et celui de la distribution de films, ils ne viennent pas encore dans la production. En effet, il n’y a aucune garantie ! Au pire, un cinéma reste un immeuble : on peut y ouvrir un restaurant. Et que reste-t-il de l'investissement dans la production ? Du celluloïd ? Trois milles mètres de film ?

Et tout de même : peut-on dire que le cinéma russe est devenu rentable ?
Le cinéma reste un jeu de hasard. Mais on peut déjà rentabiliser un film dont le budget est de un million à un million et demi de dollars. Le producteur obtient de la distribution à peu près quarante pourcent de la recette. Mais il doit encore en déduire les dépenses consacrées à la sortie du film, à la publicité. Alors, réfléchissez, combien faut-il gagner, si les dépenses pour la sortie d’un bon film montent - au minimum – à deux cent cinquante – trois cent milles dollars ?