Née le 8 octobre 1892 à Moscou, Marina Tsvetaeva grandit dans un milieu cultivé et exigeant. Son père, Ivan Tsvetaev, est un historien de l’art réputé et fondateur du musée des Beaux-Arts de Moscou (aujourd’hui musée Pouchkine), tandis que sa mère est une pianiste talentueuse. Dès l’enfance, Tsvetaeva est plongée dans un univers où la musique, la littérature et les langues étrangères occupent une place centrale. Cette formation précoce marque profondément son écriture, caractérisée par une musicalité singulière et une grande liberté formelle.
Elle publie son premier recueil, Album du soir, en 1910, à seulement dix-huit ans. Très vite, elle s’impose comme une voix originale dans la poésie russe, aux côtés de figures comme Anna Akhmatova et Boris Pasternak. Mais contrairement à ces contemporains, Tsvetaeva refuse de s’inscrire durablement dans un courant littéraire précis : sa poésie échappe aux écoles, mêlant lyrisme passionné, ruptures rythmiques et une intensité émotionnelle presque brûlante.
La Révolution russe de 1917 bouleverse sa vie. Son mari, Sergueï Efron, s’engage dans l’armée blanche, opposée aux bolcheviks. Restée à Moscou dans des conditions de grande pauvreté, Tsvetaeva traverse des années tragiques, marquées notamment par la mort de l’une de ses filles, Irina, en 1920, dans un orphelinat. Cette période sombre nourrit une œuvre profondément marquée par la souffrance, la perte et une quête spirituelle exigeante.
En 1922, elle quitte la Russie et entame un long exil qui la conduit à Berlin, Prague puis Paris. Malgré la reconnaissance de certains cercles littéraires émigrés, elle vit dans une grande précarité matérielle et un isolement croissant. Son écriture, toujours plus dense et audacieuse, peine à trouver un large public. Elle entretient toutefois une correspondance célèbre avec Boris Pasternak et Rainer Maria Rilke, témoignant de la profondeur de ses réflexions poétiques et existentielles.
En 1939, dans un contexte politique tendu, Tsvetaeva décide de rentrer en Union soviétique, espérant retrouver une place dans son pays natal. Ce retour s’avère dramatique. Son mari est arrêté puis exécuté, sa fille Ariadna emprisonnée, et elle-même se retrouve marginalisée, sans ressources ni soutien. Isolée et accablée par les épreuves, elle est évacuée pendant la Seconde Guerre mondiale dans la ville d’Ielabouga, au Tatarstan.
C’est là qu’elle met fin à ses jours le 31 août 1941.
Aujourd’hui, Marina Tsvetaeva est reconnue comme l’une des plus grandes poétesses russes du XXᵉ siècle. Son œuvre, longtemps marginalisée en Union soviétique, est désormais célébrée pour sa puissance expressive, sa modernité formelle et son exploration sans compromis des passions humaines. Poète de l’absolu, elle a su transformer les déchirements de sa vie en une langue poétique d’une intensité rare, où se mêlent amour, exil, mémoire et révolte.
Marina Tsvetaeva n’a pas écrit pour le cinéma et n’a pas été impliquée dans la production filmique de son vivant. Toutefois, à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, et plus encore après la période du dégel puis la chute de l’Union soviétique, ses poèmes ont été redécouverts et intégrés dans plusieurs films. Par ailleurs plusieurs documentaires lui ont été conqcrés en partie ou entièrement.