Grigori KOZINTSEV
Григорий КОЗИНЦЕВ
Grigori KOZINTSEV
Leonid TRAUBERG
Леонид ТРАУБЕРГ
Leonid TRAUBERG
URSS, 1934, 98mn 
Noir et blanc, fiction
La Jeunesse de Maxime
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Юность Максима

 

 Maxim's youth

 Yunost Maksima

 
Réalisation : Grigori KOZINTSEV (Григорий КОЗИНЦЕВ), Leonid TRAUBERG (Леонид ТРАУБЕРГ)
Scénario : Grigori KOZINTSEV (Григорий КОЗИНЦЕВ), Leonid TRAUBERG (Леонид ТРАУБЕРГ)
 
Interprétation
Boris BLINOV (Борис БЛИНОВ)
Stepan KAIOUKOV (Степан КАЮКОВ) ...Dema
Valentina KIBARDINA (Валентина КИБАРДИНА) ...Natacha
A. KOULAKOV (А. КУЛАКОВ) ...Andreï
Mikhaïl TARKHANOV (Михаил ТАРХАНОВ) ...Polivanov
Boris TCHIRKOV (Борис ЧИРКОВ) ...Maxime
Pavel VOLKOV (Павел ВОЛКОВ) ...L’ouvrier
 
Images : Andreï MOSKVINE (Андрей МОСКВИН)
Décors : Evgueni ENEI (Евгений ЕНЕЙ)
Musique : Dmitri CHOSTAKOVITCH (Дмитрий ШОСТАКОВИЧ)
Ingénieur du son : Ilia VOLK (Илья ВОЛК)
Production : Lenfilm,
Restauration : Mosfilm (1965)
Date de sortie en Russie : 27/01/1935
 

Prix et récompenses :
Grand prix Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 1935

Synopsis
Saint-Pétersbourg durant les années de la réaction stolypinienne. Le directeur du comité du parti, Polivanov, et Natacha, l’institutrice, vivent dans la clandestinité. Tôt le matin, les trois ouvriers, Andreï, Dema et Maxime arrivent à l’usine. Ils voient Natacha, venue avec des tracts : le patron la poursuit. Ils la cachent dans la cour de l’usine. Ce jour-là, Andreï meurt dans un accident du travail. Dema et Maxime vont écouter Natacha à l’école du dimanche. Mais la police, amenée par le patron, fait irruption. Un autre ouvrier meurt à l’usine. Ses funérailles donnent lieu à des manifestations, que l’armée disperse. Maxime et Dema sont arrêtés. En prison, Maxime fait la connaissance de Polivanov. Dema est condamné à mort. A sa sortie de prison, Maxime devient un militant clandestin. Le parti lui confie une importante mission à Sormovo.
 

Commentaires et bibliographie
Лента длиною в эпоху. Шедевры советского кино, Neïa ZORKAIA, Bely Gorod, 2017
Второй план в советском кино, Evgueni MARGOLIT, seance.ru, 2012
Кино в Петербурге. Петербург в кино, Anna KOVALOVA, seance.ru, 2011
 
Plus de quatre ans furent nécessaires à Kovintsev et Trauberg pour réaliser leur célèbre trilogie des Maxime : La Jeunesse de Maxime (1934), Le Retour de Maxime (1937) et Maxime à Vyborg / Le Quartier de Vyborg (1939).
« Maxime est la figure emblématique du prolétaire révolutionnaire engagé dans la lutte avant, pendant et après le triomphe de la révolution d’Octobre : ce simple ouvrier devient peu à peu un militant et un combattant exemplaire pour accéder finalement aux responsabilités officielles dans les fonctions de président de la Banque d’Etat. L’acteur Boris Tchirkov, découvert par les cinéastes, est encore un « typage », mais il apporte à son personnage une vitalité et un humour qui le rendent proche de la vie réelle et font de lui plus qu’un symbole ».
Dictionnaire du cinéma , Jean-Loup Passek, 1995, Larousse.

Kozintsev explique ses intentions : « Notre travail consista d’abord à lire avec soin les souvenirs des vieux bolcheviks… Il nous apparut bien vite que tout ce qui avait été fait dans le domaine « des films d’aventures révolutionnaires - Les Diablotins rouges, Le Traître, Le Joyeux canari - ne nous serait d’aucun secours, ni pour le scénario ou la mise en scène, ni pour l’interprétation.
Tous ces provocateurs mystérieux, toutes ces évasions à vous couper le souffle, tous ces secrets de l’organisation clandestine, bref tout cet attirail romantique n’avait rien à voir avec les documents qui retracent les activités révolutionnaires et même il déformait complètement la réalité afin de faire des bolcheviks des héros dans le style des films d’aventures ».

Iskousstvo Kino (janvier 1938) commente :
« Maxime devait être d’abord l’histoire d’un personnage créé par synthèse, d’où son titre primitif : Bolchevik ; mais, par sa méthode sélective, il se transforma au point d’individualiser de plus en plus le personnage de Maxime : cet homme, entêté et optimiste, courageux, jamais abattu et toujours de bonne humeur, ce n’est plus un type, c’est Maxime. En cherchant un thème musical qui soit son leitmotiv, Kozintsev et Trauberg passèrent un mois à écouter tous les accordéonistes à la ronde ; Boris Tchirkov, le futur Maxime, devait essayer chacune des mélodies qu’ils jugeaient utilisables. Enfin, quand ils entendirent Il danse et tourne, le globe bleu, tous trois s’accordèrent à penser que c’était la chanson de Maxime et le choix permet à tous de saisir sans équivoque ce qu’est le caractère de Maxime ».

« Ce que Kozintsev raconta à Poudovkine des répétitions pour La Jeunesse de Maxime montre que, dès ce stade aussi, la méthode de travail des auteurs était sélective, dans une certaine mesure. Ils ne prirent pas le risque d’imiter la technique de Koulechov et son côté mécanique ; au contraire, ils firent répéter, par leurs acteurs, des épisodes qu’ils ne tournèrent pas, quoique peut-être aussi importants que ceux qui furent réalisés (la méthode de Stanislavski sur « la construction des personnages » inspira cette concentration sur le rôle que chaque protagoniste jouait hors de l’écran). La musique, elle aussi, fut utilisée avec parcimonie ; on entend la partition de Chostakovitch dans le prologue seulement ; après ce ne sont que des chansons et des airs d’accordéon, ce qu’on peut raisonnablement s’attendre à ouïr là où se passe le film, dans les quartiers pauvres de Saint-Pétersbourg. Même la photographie de Moskvine montre, en accentuant par la mise au point ce qui doit être accentué, qu’elle résulte du même travail de sélection créatrice, appliqué à sa sphère propre. Une autre décision intelligente fut prise par Moskvine : ses images des bâtiments et des rues nous les montrent comme les voit le regard plein d’humour de Maxime ; ainsi la scène où la police attaque les manifestants a pour fond une gigantesque affiche, publicité pour les pilules Ara. Cependant, le film est marqué par le souci constant d’éviter tout effet photographique ; on n’y trouve aucun plan de virtuosité pure, de photographie pour la photographie ». Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial.

« Les trois films forment un tout, mais chaque partie n’a sa pleine valeur que si l’on connaît les deux autres. A une époque où les films américains accentuaient leurs raccourcis et leurs ellipses, Kozintsev et Trauberg s’efforcèrent de tout expliquer longuement, minutieusement. Ils surent, malgré cela, éviter la lourdeur, la surcharge, la vulgarité. Le sérieux du sujet fut tempéré par un humour robuste qui domina dans plusieurs épisodes : le pique-nique 1900 troublé par le passage des révolutionnaires, la partie de billard entre Maxime et le provocateur, l’embarras de Maxime, nommé en 1918, directeur de banque. (…)
De film en film, le public russe vit ainsi un héros se former et évoluer sous ses yeux. Maxime fut si populaire qu’il intervient dans les films d’autres réalisateurs, comme Le Grand Citoyen d’Ermler. En 1941, au début de l’occupation allemande, Maxime apparaît à nouveau, dans une série de courts métrages.
Georges Sadoul , Histoire du cinéma mondial.

Sélections dans les festivals :
- L'URSS des cinéastes à la Cinémathèque française. 1917-1945 : première partie, Paris (France), 2017
- L'Année 36 au Forum des images, Paris (France), 2016
- Festival du film d'Europe Centrale et Orientale , Wiesbaden (Allemagne), 2012
- Journées du cinéma muet de Pordenone, Pordenone (Italie), 2011
- Festival "Vive le cinéma de Russie", Saint-Pétersbourg (Russie), 2011
- Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2007
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 1935