Ali KHAMRAEV
Али ХАМРАЕВ
Ali KHAMRAEV
URSS (Ouzbékistan), 1972, 84mn 
Couleur, fiction
La Septième balle
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Седьмая пуля

 

 The Seventh Bullet

 Sedmaya pulya

 
Réalisation : Ali KHAMRAEV (Али ХАМРАЕВ)
Scénario : Friedrich GORENSTEIN (Фридрих ГОРЕНШТЕЙН), Andreï KONTCHALOVSKI (Андрей КОНЧАЛОВСКИЙ)
 
Interprétation
Bolot BEICHENALIEV (Болот БЕЙШЕНАЛИЕВ)
Nourmoukhan JANTOURINE (Нурмухан ЖАНТУРИН)
Dilarom KAMBAROVA (Диларом КАМБАРОВА)
Talgat NIGMATOULLIN (Талгат НИГМАТУЛЛИН)
Khamza OUMAROV (Хамза УМАРОВ)
Souïmenkoul TCHOKMOROV (Суйменкул ЧОКМОРОВ)
 
Images : Aleksandr PANN (Александр ПАНН)
Décors : Vadim DOBRINE (Вадим ДОБРИН)
Musique : Roumil VILDANOV (Румиль ВИЛЬДАНОВ)
Ingénieur du son : Grigori SENTCHILO (Григорий СЕНЧИЛО)
Production : Ouzbekfilm
Spectateurs : 22,5 millions de spectateurs en URSS
Date de sortie en Russie : 1974
 
Site : IMDb

Synopsis
Années 20. Malgré l’implantation des forces soviétiques dans la région, les villages continuent à être décimés par les basmatchis. Une des bandes rebelles est conduite par Khairulla qui combat le commissaire rouge Maksoumov. Les Basmatchis réussissent à attirer vers eux la plupart des partisans de Maksoumov et celui-ci pour les faire revenir à lui décide de se constituer prisonnier…
 

Commentaires et bibliographie
 
Extraits de l'interview du réalisateur réalisée par l'Humanité et publiée le 05/08/1991

Ali Khamraev, vous êtes né dans le cinéma ouzbek ?
Officiellement le cinéma ouzbek a été fondé en 1924 mais en fait il a commencé à la fin du 19° siècle avec les opérateurs français de la firme Pathé-Cinéma. Je rêve de faire aujourd’hui connaissance des gens de chez Pathé pour échanger avec eux des images d’époques qu’ils n’ont sûrement pas et qui ne sont jamais apparues dans des films.
Quand mon père est mort en 1942, ses amis cinéastes venaient souvent à la maison voir ma mère et lui apporter du pain, des conserves. J’avais 4 ou 5 ans et celui qui est aujourd’hui notre grand cinéaste « classique », Nabi Ganiev, se grattait toujours la tête en me disant : « quand tu seras grand, tu devras remplacer ton père ». Je m’apprêtais donc à devenir scénariste comme lui. Chaque été, je travaillais sur les plateaux comme machiniste - ma mère travaillait aussi dans le cinéma. Un jour, j’ai vu un réalisateur injurier grossièrement le scénariste. A partir de ce moment-là, j’ai décidé d’écrire mes propres scénarios, je ne voulais pas qu’on me crie après. Parfois je travaille seul, parfois avec d’autres. Pour Sans peur, mon opérateur Dilkhat Fatchouline est aussi scénariste, et mon décorateur Chavkat Abdoussaliamov joue le rôle principal de Tryptique. J’ai toujours cherché à prendre dans mon équipe les gens les plus talentueux, afin qu’ils soient mille fois plus forts que moi dans leur domaine. Pas de division du travail. Je peux imaginer un cadre pour l’opérateur, lui peut inventer un dialogue, une scène.

Moscou vous a proposé de tourner en Afghanistan.
Oui, un jour on m’a invité à Moscou pour me proposer de tourner l’Eté chaud de Kaboul. J’ai refusé parce que pour moi ce n’était pas une guerre mais une occupation. On a insisté de nouveau en me disant que si je partais en Afghanistan je pourrais tourner Je me souviens de toi. Ils ont décidé de m’acheter, j’ai commencé à douter. J’en ai parlé à des amis, à Tarkovski que j’ai rencontré en Italie, qui m’a dit : « Ne fais pas ça. Soit on te tuera, soit on t’empêchera de faire ce que tu veux ». Mais je lui ai répondu que je n’ai jamais rien fait contre ma conscience. J’ai donc décidé de le faire et j’ai tourné ce que je voyais là-bas. Jusqu’à présent le film n’est jamais sorti. J’ai dépassé l’interdiction, j’ai tourné des scènes réelles de nos soldats au combat et j’ai montré comment ils mourraient. Ce qui a déplu aux bureaucrates, c’est que j’ai réussi à recréer l’atmosphère que nous sentions là-bas, à savoir que nous étions indésirables. Le conseiller militaire de Gorbatchev a parlé à la télévision pour dire que ce n’était pas un film juste. Personne n’a donc vu le film mais ils ont tenu parole et m’ont donné l’autorisation de tourner le film sur mon père. Mais « Je me souviens de toi » est toujours interdit en Ouzbékistan, ainsi que « Tryptique ». Ils disent que je gâche de la pellicule. En fait, les bureaucrates d’aujourd’hui continuent à respecter les interdictions d’avant mais pas officiellement. Les films sont autorisés officiellement mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a 17 catégories possibles de sorties de film. Tout dépend des sortes de codes qui apparaissent sur les papiers qui arrivent de Moscou. Par exemple trois petites étoiles, ça veut dire : ça serait pas mal de remplacer ce film par un film indien. C’est comme ça que Le Miroir de Tarkovski passait le matin en séance pour enfants. Il y a aussi un code qui dit : « Ce film est autorisé mais il serait mieux de ne pas le passer... »

Sélections dans les festivals :
- Festival international du film de Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas), 2011
- Festival international du film Era New Horizons, Wroclaw (Pologne), 2011
- Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul (FICA), Vesoul (France), 2006

Images et vidéos