Vsevolod POUDOVKINE
Всеволод ПУДОВКИН
Vsevolod PUDOVKIN
URSS, 1930, 96mn 
Noir et blanc, fiction
Un simple cas

Un simple hasard / La vie est belle

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Простой случай

 

 A Simple Case

 Prostoy sluchay

Sous titre russe : Очень хорошо живется (On vit bien)
 
Réalisation : Vsevolod POUDOVKINE (Всеволод ПУДОВКИН)
Scénario : Aleksandr RJECHEVSKI (Александр РЖЕШЕВСКИЙ)
D'après un thème de Mikhaïl KOLTSOV (Михаил КОЛЬЦОВ)
 
Interprétation
A. BATOURINE (А. БАТУРИН) ...Langovoï
M. BELOUSSOVA (М. БЕЛУСОВА) ...La jeune fille
A. BELOV (А. БЕЛОВ) ...Gricha
Andreï GORTCHILINE (Андрей ГОРЧИЛИН) ...L’ouvrier
V. KOUZMITCH (В. КУЗЬМИЧ) ...Jelitkov
Ivan NOVOSSELTSEV (Иван НОВОСЕЛЬЦЕВ) ...Vassia
Vladimir OURALSKI (Владимир УРАЛЬСКИЙ) ...Le soldat blessé
Evguenia ROGOULINA (Евгения РОГУЛИНА) ...Machenka
A. TCHEKOULAEVA (А. ЧЕКУЛАЕВА)
Aleksandr TCHISTIAKOV (Александр ЧИСТЯКОВ) ...Le père Sacha
 
Images : Gueorgui BOBROV (Георгий БОБРОВ), Guigori KABALOV (Гигорий КАБАЛОВ)
Décors : Sergueï KOZLOVSKI (Сергей КОЗЛОВСКИЙ)
Production : Mejrabpom-film
Date de sortie en Russie : 03/12/1932
 

Synopsis
La guerre civile est terminée. Les trois commandants de l’armée rouge, Langovoï, Jeltikov et le père Sacha, devenus amis, rentrent à la maison. Tous les trois travaillent à l’Etat-major. Le père Sacha et Jeltikov, tous les deux célibataires, partagent une même chambre. Langovoï et sa femme Machenka, qui se sont mariés pendant la guerre, vivent dans un appartement grand et confortable.
L’amour très fort de Machenka pour son mari est encore renforcé par la grave maladie de ce dernier. Après une période difficile de soins, Langovoï guérit et Machenka part se reposer dans sa famille. Pendant son absence, Langovoï tombe amoureux d’une femme qu’il a par hasard sauvée d’un accident de la rue. A son retour Machenka souffre de la nouvelle situation, les amis de Langovoï le désapprouvent mais se taisent. Enfin Langovoï va revenir vers sa femme qui lui pardonne.
 

Commentaires et bibliographie
Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf, Myriam TSIKOUNAS, Cerf, 1992
 
« Comme il commençait son nouveau film, juste au moment où les expériences de Tager, en vue d’un nouveau procédé sonore, semblaient devoir être couronnées de succès, La Vie est belle était inévitablement prévu pour être le premier film parlant de Mejrabkom, et Poudovkine entendait et imaginait toute une échelle de nouvelles subtilités et de moyens d’expression sensuelle à ajouter dans son film.
(…) Mais le travail avec Tager montra tout d’abord que son invention était d’ordre primitif et mécanique, très loin de l’instrument subtil imaginé par Poudovkine et l’équipe révisa à nouveau le plan de travail, sur la base cette fois d’un film muet (…)
Après une année de travail sur La vie est belle, Poudovkine le montre à des groupes de travailleurs qui furent déconcertés par le film. Le problème de morale que Poudovkine déclarait être au centre du film était en fait submergé par une splendeur d’expérimentation sensuelle qui émouvait davantage le réalisateur que les spectateurs. (…) Si un film ne doit être jugé que par son contenu, Poudovkine avait fait là un film extrêmement vulnérable. A part lui, il y avait quelques admirateurs, particulièrement Chklovski, qui s’était rendu compte de la valeur de ces expériences. Mais le film fut soumis à toute une quantité de révisions, de délais, de coupures et d’accusations. L’expérience de Rjechevski, voulant cacher les émotions derrière les mots et les conduites ordinaires, fut comparée, d’une façon qui lui porta tort, aux méthodes des « littérateurs décadents » américains, spécialement à Hemingway dans un récit tel que Hills like white elephants. Lorsque enfin le film sortit en 1932, la version révisée avait un titre plus modeste Un simple hasard et Poudovkine lui-même doutait de sa valeur. On raconte des histoires sur le fait que Poudovkine avait retiré en toute hâte son film des cinémas de Moscou et Léningrad, où il avait été montré tout d’abord. Mais ce fut peut-être seulement pour en faire un nouveau montage, car ce film a certainement été en circulation ultérieurement, et a été exporté sans succès. A l’étranger, un film muet, même de Chaplin, était déjà devenu une simple curiosité. Il est significatif que toute personne qui se rappelle Un simple hasard, n’a pas retenu son intrigue, mais quelque moment extraordinaire. Thorold Dickinson se souvient en ces mots de la projection qui eut lieu en mai 1933 à la London Society : « … des petits détails d’une virtuosité visuelle et de montage magistrale : par exemple le minuscule détail lorsqu’on met un manteau qui donnait aux spectateurs une impression de chaleur générale et enveloppante. Et il y avait cette impression mouvante d’un délire, construite sur une cascade d’images, de faits, de procédés et d’objets naturels, d’abord de séchresse de déclin et de mort, puis du pouvoir vivant de l’eau qui monte, brisant la croûte de la terre morte et forçant une nouvelle croissance… »
La contribution de Kabalov, l’opérateur, fut considérable. Il donna corps à tout le talent pictural, à toutes les rêveries picturales mêmes que Poudovkine désirait porter à l’écran. La « cascade d’images actuelles » décrite plus haut était en réalité une expérience, qui n’avait aucun lien avec le film, mais cette expérience était si réussie que Poudovkine réorganisa le scénario pour lui laisser une place dans une œuvre qui voulait tout englober » Jay Leyda Kino

Sélections dans les festivals :
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2008
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005