Svetlana PROSKOURINA
Светлана ПРОСКУРИНА
Svetlana PROSKURINA
Russie, 2010, 95mn 
Couleur, fiction
La Trêve
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Перемирие

 

 Truce

 Peremirie

 
Réalisation : Svetlana PROSKOURINA (Светлана ПРОСКУРИНА)
Scénario : Dmitri SOBOLEV (Дмитрий СОБОЛЕВ)
 
Interprétation
Sergueï CHNOUROV (Сергей ШНУРОВ)
Ivan DOBRONRAVOV (Иван ДОБРОНРАВОВ)
Andreï FESKOV (Андрей ФЕСЬКОВ)
Youri ITSKOV (Юрий ИЦКОВ)
Nadejda TOLOUBEEVA (Надежда ТОЛУБЕЕВА)
Alekseï VERTKOV (Алексей ВЕРТКОВ)
 
Images : Oleg LOUKITCHEV (Олег ЛУКИЧЕВ)
Décors : Dmitri ONICHTCHENKO (Дмитрий ОНИЩЕНКО)
Musique : Sergueï CHNOUROV (Сергей ШНУРОВ)
Ingénieur du son : Vladimir PERSOV (Владимир ПЕРСОВ)
Produit par : Sabina EREMEEVA (Сабина ЕРЕМЕЕВА)
Production : Mosfilm, Slon
Recettes en Russie : 0.0171 million(s) de dollars
 

Prix et récompenses :
Grand prix Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2010
Meilleur rôle masculin Ivan DOBRONRAVOV , Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2010

Synopsis
La petite ville dont il est question ne se trouve sur aucune carte. Elle existe seulement dans quelques récépissés. Mais Egor Matveev, le fils de Pyotr Matveev, a décidé de s’y rendre. Tout d’abord parce qu’il s’agit de sa ville natale, mais aussi parce qu’il veut vivre, aimer et surtout, apprendre à se connaître. Egor est chauffeur de camion. Lorsqu’il arrive à destination, une querelle a lieu entre les mineurs et les habitants, sans solution apparente. Plus tard, il sera question d’un endroit qui prend feu, d’une prostituée nue laissée en dehors de sa chambre et de quelques personnes qui tombent par les fenêtres. C’est dans cette atmosphère particulière qu'Egor a l’intention de trouver une épouse. Parallèlement, il rejoint ses cousins, des gangsters notoires, son oncle, un homme plutôt louche, et son copain Gennardi, qui a l’intention d’écrire un mémoire, L’Ennui de Gennadi Sobatkin, dont il n'a jusqu’à présent rédigé que le titre. Egor fait finalement la cour à Katya, étudiante en musique qui est tout à fait ravie de coucher avec lui un samedi, seul jour de la semaine où les mineurs et les habitants de la ville ne se disputent pas.
 

Commentaires et bibliographie
Дикое поле - Перемирие, режиссер Светлана Проскурина, Elena STICHOVA, Искусство кино, 8, 2010
Svetlana Proskurina : Truce (Peremirie, 2010), Olga SURKOVA, kinokultura.com, 2010
 
Les réflexions de la réalisatrice…

à propos du titre du film :
«Peremirie », selon l’étymologie russe, signifie à la fois une trêve et un excès de vie. Quand nous ne nous rendons plus compte de ce que la vie nous offre, nous ne pouvons pas vivre tranquillement. L’histoire du film aurait pu être complètement différente : un garçon sort de sa maison pour aller dans la maison voisine, et ce court chemin lui suffirait pour qu’il comprenne qui il est, quel est son visage, et pour qu’il devienne responsable de ses actes.

à propos de la mentalité russe :
La trêve — c’est un état naturel bien connu des Russes: nous vivons toujours dans un entre‐deuxguerres.
L’homme russe attend toujours qu’on l’enrôle à l’armée ou à la guerre. Les mères souffrent en permanence : comment sauver leur fils ? Faut‐il le donner à l’armée ? Vont‐ils rentrer ? Et que faire pour qu’on ne les enrôle pas, sommes‐nous en droit de le faire ? Chaque mère et chaque homme doivent résoudre cette question.
Je suis convaincue que ce poids influence de manière déterminante les peurs et le caractère russe, aussi bien des hommes que des femmes. La Russie vit toujours dans l’attente d’une guerre et dans un repos entre deux guerres. Je ne parle pas forcément de l’Afghanistan ou de la Tchétchénie. La guerre est aussi dans chaque famille. C’est l’homme qui trahit son propre frère. Nous nous disons très souvent en nousmêmes : « je le tuerai» ! C’est une expression aujourd’hui banale en Russie. On l’utilise même lorsqu’il nous arrive des incidents très mineurs. C’est pourquoi la guerre ce n’est pas seulement quand les chars sont envoyés. Demandez l’heure à quelqu’un dans le métro. Vous verrez comment un Russe vous répondra : instantanément naît l’agressivité, qui est pour la plupart ressentie comme un moyen de survie, comme une rédemption. Maintenant allez dire à quelqu’un que l’on peut vivre tranquillement, profiter de la vie. On vous répondra : « t’es malade ! De quelle vie douce tu parles ? » Nous avons tous appris à lutter pour nous protéger nous‐mêmes. Nous avons l’instinct de conserver en premier lieu notre espace personnel. A la maison, en amour, dans le travail, on dit toujours: « c’est à moi» ! C’est une préparation permanente à l’agression, à la guerre.

à propos du héros principal du film :
Mon héros est très jeune. C’est justement cette énergie de la jeunesse qui lui donne la possibilité de se débattre, de se connaître et de réagir de manière audacieuse à ce qui lui arrive. La jeunesse, c’est un état d’innocence : même si tu as fait quelque chose d’abominable, même si tu n’as pas maîtrisé tes vices, tu disposes d’une seconde chance. Etre déraisonnable, vivant, fin, compréhensif, ce n’est pas une récompense, mais un travail énorme. C’est un poids colossal que d’être vivant.

à propos des bienfaits de la souffrance :
On dit que la souffrance tue. C’est faux, la souffrance nous crée. Nous vivons tant que nous avons des forces, de l’énergie et le droit de vivre –il y a une harmonie inexplicable là‐dedans. Plus encore, la souffrance est inscrite dans l’essence de l’homme : personne ne nous a promis le paradis.

à propos des lieux du tournage :
Je m’efforce de voir ce qui existe derrière les cadres du vécu. Quand nous avons trouvé la ville de Rybinsk, où a été tourné Slouchaïnyi vals [Léopard d’or au festival de Locarno en 1990], nous avons tout simplement jubilé. Ce sont des lieux tourmentés, en train de disparaître, et qui avec le temps se transforment en objets d’art…depuis ces temps‐là j’y retourne pour chaque nouveau film— et même cet endroit‐là je ne le reconnais plus.
C’est de la même façon que nous avons trouvé la petite ville de Severny à côté de Toula (lieu de tournage de La trêve). D’un côté, elle est en train de mourir, on y déplace les habitants à cause de la production chimique. D’un autre côté, là‐bas il n’y a pas la laideur de l’abandon. Enfin, il y a là‐bas toujours des bâtiments de style stalinien, qui ont gardé la grandeur de leur conception.

à propos de la distance et des pauses dans le travail :
Je prends toujours de la distance. Quand j’allais à l’école, ma mère me disait : « Mon dieu, comment tu peux dire de telles choses ! On va te mettre en prison». Mais il ne m’est jamais rien arrivé, je ne sentais aucun danger. J’ai ignoré tout cela à tel point que le système lui‐même m’a ignoré. Je ne cherchais pas à faire de concessions, je ne faisais aucune déclaration publique, mais je savais toujours : autant enlever le film que suivre les instructions de quelqu’un. Je n’ai pas travaillé pendant huit ans parce que… mais vous savez de quoi je veux parler: un exemple : quelqu’un qui se présente comme un producteur, qui veut que sa femme ait le premier rôle, mais aussi aller aux festivals avec un costume blanc et avec toute sa famille, et qui explique comment on fait du cinéma alors qu’il ne sait pas ce que c’est.

D’après l’entretien publié dans la revue « Iskousstvo kino »
Source : Regards de Russie : www.cinema-russe-paris.com

Sélections dans les festivals :
- Semaine du cinéma russe à l'Institut Français du Congo, Brazzaville (République du Congo), 2012
- Festival international du film de Munich, Munich (Allemagne), 2011
- Festival international du film de Copenhague / CPH PIX, Copenhague (Danemark), 2011
- Quinzaine du cinéma russe à Strasbourg, Strasbourg (France), 2011
- Festival international du film de Tromso : TIFF, Tromso (Norvège), 2011
- Festival international du film de Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas), 2011
- Festival de films russes : Spoutnik au dessus de la Pologne, Varsovie (Pologne), 2011
- Ciné-Forum international de Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg (Russie), 2011
- Festival de Cinéma Européen Indépendant VOICES, Vologda (Russie), 2011
- Festival "Vive le cinéma de Russie", Saint-Pétersbourg (Russie), 2011
- Festival international du cinéma Tarkovski "Le Miroir", Ivanovo (Russie), 2011
- Festival des Films du Monde : FFM, Montréal (Canada), 2010
- Festival international du film de Busan : BIFF, Busan (Pusan) (Corée du Sud), 2010
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2010
- Semaine du nouveau cinéma russe à Paris : Regards de Russie, Paris (France), 2010
- The Times BFI London Film Festival, Londres (Royaume Uni), 2010
- Festival du film russe à Londres, Londres (Royaume Uni), 2010
- Eléphant blanc, prix de la Guilde des critiques et historiens du cinéma, Moscou (Russie), 2010
- Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2010
- Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'', Vyborg (Russie), 2010
- Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2010
- Festival international du film "Molodist", Kiev (Ukraine), 2010

Images et vidéos