Nikita MIKHALKOV
Никита МИХАЛКОВ
Nikita MIKHALKOV
URSS, 1979, 143mn 
Couleur, fiction
Quelques jours de la vie d'Oblomov
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Несколько дней из жизни И.И.Обломова

 

 Several Days of Oblomov’s Life

 Neskolko dney iz zhizni I.I. Oblomova

 
Réalisation : Nikita MIKHALKOV (Никита МИХАЛКОВ)
Scénario : Aleksandr ADABACHIAN (Александр АДАБАШЬЯН), Nikita MIKHALKOV (Никита МИХАЛКОВ)
D'aprèsune adaptation du roman russe Oblomov, d’Ivan Gontcharov
 
Interprétation
Youri BOGATYRIOV (Юрий БОГАТЫРЕВ) ...Andreï Schltoz
Nikolaï BOURLIAEV (Николай БУРЛЯЕВ)
Evguenia GLOUCHENKO (Евгения ГЛУШЕНКО)
Pavel KADOTCHNIKOV (Павел КАДОЧНИКОВ) ...Le père d'Oblomov
Leonid KHARITONOV (Леонид ХАРИТОНОВ)
Oleg KOZLOV (Олег КОЗЛОВ)
Avangard LEONTIEV (Авангард ЛЕОНТЬЕВ)
Nikolaï PASTOUKHOV (Николай ПАСТУХОВ)
Andreï POPOV (Андрей ПОПОВ) ...Zakhar
Ernst ROMANOV (Эрнст РОМАНОВ)
Lioubov SOKOLOVA (Любовь СОКОЛОВА)
Elena SOLOVEI (Елена СОЛОВЕЙ) ...Olga
Evgueni STEBLOV (Евгений СТЕБЛОВ) ...Le père d'Oblomov
Gleb STRIJENOV (Глеб СТРИЖЕНОВ) ...Le baron
Oleg TABAKOV (Олег ТАБАКОВ) ...Oblomov
 
Images : Pavel LEBECHEV (Павел ЛЕБЕШЕВ)
Décors : Aleksandr ADABACHIAN (Александр АДАБАШЬЯН), Aleksandr SAMOULEKINE (Александр САМУЛЕКИН)
Musique : Edouard ARTEMIEV (Эдуард АРТЕМЬЕВ)
Production : Mosfilm
Date de sortie en Russie : 04/1980
 
Sites : Page Allociné, page IMDb
Sortie VOD ou DVD en France : 2004-02-24, Site

A noter :
Alors qu’il vient de signer une adaptation de Tchekhov qui a connu un bel écho sur le plan international (l’excellent Partition inachevée pour piano mécanique) en 1977, Nikita Mikhalkov continue son exploration de la culture classique russe en s’attaquent cette fois au Oblomov d’Ivan Gontcharov, monument de la littérature nationale publié en 1859. Le défi est d’autant plus grand que le roman est un incontournable de la culture russe et que l’histoire se concentre sur un personnage qui dort une bonne partie du temps. Effectivement, le personnage principal est tellement célèbre en Russie que l’on parle même d’ « oblomovisme » lorsque l’on désigne un homme apathique et paresseux. Comment rendre passionnant à l’écran les errances mentales d’un homme allongé ? Voilà l’un des nombreux défis auquel répond assez brillamment Mikhalkov. Au lieu d’adapter l’intégralité du roman, le cinéaste choisi de se pencher sur quelques passages emblématiques, préférant évoquer la personnalité de l’homme plutôt que raconter par le menu son existence complète. Certaines ellipses audacieuses viennent scinder le film en deux parties bien distinctes, aussi bien sur le plan thématique que formel. Le métrage fut lui-même tourné en deux temps, entrecoupé par le tournage de Cinq soirées (1980). Le film commence dans un appartement où le héros paresse, comme plongé dans une sorte de mélancolie confinant au nihilisme. L’homme en question ne croit pas aux relations sociales et préfère rester enfermé chez lui à dormir et rêvasser plutôt que de se mêler à une société qu’il trouve hypocrite. Assez rapidement, le spectateur comprend qu’Oblomov se rabaisse sans cesse auprès des autres et qu’il refuse finalement de grandir et de s’affirmer en tant qu’individu. Le réalisateur parvient à éviter la monotonie en plongeant tête la première dans les rêveries nostalgiques du personnage, le tout sublimé par la magnifique musique d’Artemiev en mode Tarkovski. Dès lors, Mikhalkov peut donner libre cours à son goût pour la Russie d’antan, totalement sublimée, baignée dans une luminosité idéalisée et bercée par la présence maternelle. Assez rapidement, le spectateur comprendra que cette mère que l’enfant cherche en pleine nature, n’est autre que le symbole de la mère Russie. JPEG - 801.3 ko Copyright Baba Yaga Distribution Si la première partie laisse exploser de temps à autre le goût immodéré de Mikhalkov pour les personnages grotesques et volontairement caricaturaux – une caractéristique non seulement de son œuvre, mais aussi du cinéma russe en général – la seconde se fait beaucoup plus sensible en filmant l’éveil d’Oblomov à l’amour et à la sensualité. Dès lors, le réalisateur quitte les appartements sombres pour faire évoluer ses personnages en pleine nature. Il livre alors de superbes séquences, parfois marquées par une certaine pompe lorsqu’il fait intervenir des airs d’opéra de Bellini, ce qui peut éventuellement indisposer les amateurs d’un cinéma moins démonstratif. Toutefois, il serait dommage de bouder son plaisir tant le réalisateur met de conviction dans cette évocation de la naissance d’un amour sensuel, même s’il s’avère sans issue. Une fois de plus, Mikhalkov peut compter sur des acteurs exceptionnels pour lui donner le meilleur d’eux-mêmes. Oleg Tabakov est parfait en Oblomov qu’il parvient à rendre attachant par-delà l’aspect enfant gâté de son personnage. Youri Bogatyrev est quant à lui très juste en meilleur ami d’Oblomov. Il représente à lui seul une Russie plus dynamique, mondaine et affairiste qui contraste fortement avec le personnage principal. Enfin, la jolie Elena Solovei continue à hanter les films de Mikhalkov en incarnant une sorte de perfection au féminin, avec toutefois un caractère bien affirmé. Si le film est souvent bouleversant, cela vient de la parfaite adéquation entre le cinéma sentimental et outrancier de Mikhalkov et le roman mélancolique de Gontcharov. Le mélange donne donc une œuvre splendide à bien des égards, portée par un souffle lyrique et un amour sincère pour la Russie éternelle, bien au-delà des éventuels soubresauts politiques et historiques qui n’apparaissent jamais ici. Notons enfin que le métrage est sorti en toute discrétion à Paris en avril 1981, dans une seule salle, par le distributeur Les Films Cosmos, spécialisé dans les productions russes (Tarkovski...). Il est resté au moins quatre semaines à l’affiche, réalisant chaque semaine plus de 3.000 entrées dans cette salle que la société exploitait, le Cosmos, rue de Rennes, devenu dans les années 90, le cinéma l’Arlequin. Aussi, au vu de la qualité du film, une exposition aussi restreinte nous paraît bien dommage pour une oeuvre que l’on peut considérer comme l’une des plus belles de son auteur. (https://www.avoir-alire.com/quelques-jours-de-la-vie-d-oblomov-la-critique-du-film)

DVD avec sous-titres
Editeur : Ruscico
Editeur : Potemkine. 2009. Titre : Coffret Nikita Mikhalkov (volume 2).
Sous-titres : FR EN
Bonus :
- Livret de 16 pages.
- Nombreux entretiens.
- Commentaires de Pierre Murat (critique).

Synopsis
Ilya Ilytch Oblomov s’est installé, depuis des années dans son divan, son refuge préféré, et dans une oisiveté qui confine à l’inertie . Riche propriétaire terrien, il néglige ses affaires, la vie mondaine l’ennuie, et aucune activité ne parvient à éveiller un quelconque désir, si ce n’est celui des repas raffinés que lui prépare son vieux domestique, Zakhar. Seul, Andreï Sctholtz, son ami d’enfance, personnage débordant d’énergie, parvient à le convaincre de reprendre une vie sociale. Il rencontre, au cours d’une réunion mondaine, une jeune femme Olga, dont il s’éprend. Le personnage principal, Oblomov , héros du second roman d’Ivan Gontcharov, écrivain flaubertien, est devenu un type. Il a donné naissance à un nom commun, « oblomovchtchina », synonyme de paresse contemplative.
 

Commentaires et bibliographie
Quelques jours de la vie d'Oblomov, critique de film, Jean-Gavril SLUKA, dvdclassik.com, 2014
 

Sélections dans les festivals :
- Les 90 ans des Studios Mosfilm à la Filmothèque du Quartier Latin, Paris (France), 2014
- Festival des Films de Russie et d'Ailleurs, Genève - Lausanne (Suisse), 2014
- Festival "Vive le cinéma de Russie", Saint-Pétersbourg (Russie), 2012
- Rétrospective Nikita Mikhalkov à Paris, Paris (France), 2010
- Festival international du film de Damas, Damas (Syrie), 2009
- Festival du film européen de Lecce, Lecce (Italie), 2008
- Festival international de film et de musique de Küstendorf, Kustendorf (Serbie), 2008
- Sortie VOD ou DVD en France du film :, Différentes villes (France), 2004
- Festival Univerciné Russe de Nantes, Nantes (France), 2002
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2000
- Festival Univerciné Russe de Nantes, Nantes (France), 1999

Images et vidéos
 
Film sans sous-titres