Marc DONSKOI
Марк ДОНСКОЙ
Mark DONSKOY
URSS, 1939, 98mn 
Noir et blanc, fiction
Mes universités
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Réalisation : Marc DONSKOI (Марк ДОНСКОЙ)
Scénario : Marc DONSKOI (Марк ДОНСКОЙ)
 
Interprétation
Pavel CHPRINGFELD (Павел ШПРИНГФЕЛЬД) ...Vaska Gratchik
Nikolaï DOROKHIN (Николай ДОРОХИН) ...Ossip Chatounov
Stepan KAIOUKOV (Степан КАЮКОВ) ...Semenov
Fiodor ODINOKOV (Федор ОДИНОКОВ) ...Melov
Nikolaï PLOTNIKOV (Николай ПЛОТНИКОВ) ...Nikiforytch
Gotlib RONINSON (Готлиб РОНИНСОН) ...Gouri Pletnev
Lev SVERDLINE (Лев СВЕРДЛИН) ...Le gardien
Mikhaïl TROIANOVSKI (Михаил ТРОЯНОВСКИЙ) ...Professeur Stoudentski
N. VALBERT (Н. ВАЛЬБЕРТ) ...Alekseï Pechkov
 
Images : Piotr ERMOLOV (Пётр ЕРМОЛОВ)
Décors : Ivan STEPANOV (Иван СТЕПАНОВ)
Musique : Lev SCHWARTZ (Лев ШВАРЦ)
Ingénieur du son : Vladimir_2 DMITRIEV (Владимир_2 ДМИТРИЕВ)
Production : Soyouzdetfilm
Restauration : Studios Gorki (1977)
Date de sortie en Russie : 27/03/1940
 

Prix et récompenses :
Prix spécial des journalistes italiens au Festival de Venise, 1948
Premier prix du Festival de Stokholm, 1949
Prix au Festival de Edembourg, 1955

A noter :
Le film fait partie d'une trilogie qui s'inspire des récits autobiographiques de Maxime Gorki :
L’Enfance de Gorki ( Детство Горького) (1938)
En gagnant mon pain (Parmi les hommes ) ( В людях) (1938/39)
Me

DVD avec sous-titres
Editeur : Ruscico. 2010.
Sous-titres : RU EN FR ES IT DE PT

Synopsis
Fin des années 1880. Aliocha est maintenant adulte. Il vient faire des études à Kazan. Il s’installe dans un quartier misérable, où il loge chez Gari Pletnev, un étudiant révolutionnaire. L’université apparaît vite à Alekseï Pechkov (Aliocha) comme un rêve inaccessible. Il travaille donc chez les dockers, puis trouve un emploi chez le boulanger Vassili Semenov. Il lit des brochures révolutionnaires aux ouvriers-boulangers. Une révolte éclate lorsque leur patron, Vassili Semenov, se moque de l’un de ses ouvriers, qui meurt de tuberculose. Mais le patron fait battre ses ouvriers : ceux-ci reprennent leur travail. Alekseï quitte la boulangerie. De désespoir, il fait une tentative de suicide. Ses amis boulangers l’entourent de leur amitié. Il reprend goût à la vie et part voyager dans le pays.
 

Commentaires et bibliographie
 
"Certes, le livre est simplifié : le scénariste a élagué, contracté ; mais cette adaptation reste assez simple et d’une absolue fidélité. L’esprit du livre subsiste totalement. Et même son style : sa structure en mosaïque (suite de tableaux), la lenteur de l’action, le manque de netteté des transitions ; mais aussi et surtout l’art savant des descriptions de personnages. Le style direct, documentaire, exprimant avec naturel la vérité permanente et la réalité mouvante de la vie – et le style allusif, évocatoire, qui exprime avec subtilité les sentiments les plus fins, ces deux aspects de l’écrivain Gorki, merveilleusement unis, se retrouvent dans le film. Le corps du récit, descriptif et narratif, s’unit à l’âme lyrique d’un surhomme. Grouzdev et Donskoï ont réussi une prodigieuse résurrection. L’Enfance de Gorki, Parmi les hommes (En gagnant mon pain) et Mes Universités constituent la parfaite reconstitution de la trilogie autobiographique de Maxime Gorki. Mark Donskoï est un réaliste parce qu’il se place au cœur de son personnage. Ici, son personnage, c’est Gorki. Il fait son film en deux temps : 1° il reconstitue le plus fidèlement possible le cadre et les personnages, les attitudes et les situations du roman ; il fait renaître l’authentique ; 2° il observe, comme l’Alekseï du roman et du film, comme Gorki, cette réalité, cette vie « manufacturées », enregistrant le corps, puis cherchant l’esprit derrière le décor, l’âme derrière le corps, substituant à son regard une caméra ni plus ni moins agile que ce regard même…Si des effets cinématographiques naissent, c’est par le fait d’une impeccable logique du récit visuel et sonore. On notera d’éloquentes alternances de plans, des contrepoints entre le son et l’image, etc. Mais jamais rien de gratuit."
Armand Johannès, La Revue du Cinéma, décembre 1946

« Un des Maîtres » de Henri Agel
En un sens Mark Donskoï est peut-être le plus russe des grands cinéastes soviétiques, le plus profondément enraciné dans le terroir, le plus proche de Pouchkine et de Tolstoï. Il appartient à la génération qui a cessé d’exalter l’homme nouveau et de graver en images tumultueuses l’épopée moderne. Même quand il parle de guerre ou de révolution, Donskoï reste l’homme de l’intériorité : ce qui compte pour lui, c’est la vie quotidienne du petit village, ses hommes et ses femmes soumis aux humbles tâches, la découverte des valeurs morales à travers leur aspect en apparence le plus terne et le plus ingrat. (…)
Le sens religieux de la vie qui anime le Slave se fait sentir chez Donskoï aussi bien par le rattachement de la destinée humaine à un ciel, à une terre, à un fleuve que par l’appartenance amoureusement assurée à une communauté souffrante. Si c’est le style qui fait l’âme du film, rien n’est moins matérialiste que l’âme de ce cinéaste. (…)
Au-delà du petit Pechkov, de sa grand-mère, de Vania l’artisan aux mains d’or, ce que nous discernons, ce n’est pas seulement l’image de la Russie pleine de tendresse, mais l’incarnation des forces vives de la nature qui font germer chaque printemps et s’opposent aux forces de destruction que sont l’inculture, la misère et l’égoïsme. Ici, l’intégration souple et harmonieuse du paysage dans l’action donne la pleine mesure de ce regard quasi musical : le ciel, la campagne, le fleuve, ne sont pas un décor, mais le rappel des éléments de fraîcheur et de fécondité qui l’emporteront toujours sur les virus de dissolution. Ainsi toute la trilogie de Donskoï, tout comme La Mère ou Au prix de sa vie, atteint au mythe vrai et au poème lyrique. Elle ne peut être bien saisie, comme tout le reste de son œuvre, que dans ses perspectives poétiques. La cadence même de L’Enfance de Gorki, et de La Mère, le retour de certaines images, le tempo grave et recueilli, la qualité de la lumière, l’importance du leitmotiv musical de Schwartz apparentent le regard de Donkoï à celui de Flaherty et font de ce film une sorte de rêverie de la mémoire sur le temps et sur le monde. (…)° Il apparaît bien (…) qu’en ce qu’il a de plus profond, c’est un contemplateur, un des rares vrais poètes, de l’histoire du cinéma, attentif au secret d’un moment, d’un lieu, d’une rencontre. Henri Agel, Les grands cinéastes, Editions Universitaires, 1959.

Sélections dans les festivals :
- Festival de cinéma russe au cinéma Le Méliès à Montreuil, Montreuil (France), 2009
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Cycle de cinéma russe à l'Arlequin, Paris (France), 2005