Sergueï TKATCHOV
Сергей ТКАЧЁВ
Sergey TKACHOV
Russie, 2004, 87mn 
Couleur, fiction
Macha
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Маша

 

 Masha

 Masha

 
Réalisation : Sergueï TKATCHOV (Сергей ТКАЧЁВ)
Scénario : Sergueï TKATCHOV (Сергей ТКАЧЁВ)
 
Interprétation
Maria CHALAEVA (Мария ШАЛАЕВА) ...Macha
Dmitri CHEVTCHENKO (Дмитрий ШЕВЧЕНКО) ...Dima
Natalia TKATCHEVA (Наталья ТКАЧЕВА)
 
Images : Sergueï TKATCHOV (Сергей ТКАЧЁВ)
Produit par : Natalia TKATCHEVA (Наталья ТКАЧЕВА), Sergueï TKATCHOV (Сергей ТКАЧЁВ)
 

Synopsis
Séquence inaugurale: une jeune fille blonde assise au milieu des épis blonds des blés, lieu du rêve de Macha, jeune moscovite qui rêve d’un ailleurs sans nuages. On retrouve Macha à Paris dans les couloirs du métro. Elle entre dans un immeuble, sonne à une porte : un homme lui ouvre. Elle se présente comme sa fille. Il l’a quittée quand elle était encore bébé. Elle lui montre une preuve de son identité : une carte postaled’anniversaire, reçue à Moscou, où il lui souhaite de réaliser ses rêves. Dima, le père, installe à contre-cœur Macha chez lui. Le regard obstiné de la jeune fille sur son mode de vie remet en question ses habitudes sans les changer d’ailleurs. Simplement, il ne sait comment répondre à ses questions, posées avec réalisme, sur un ton neutre mais sans indulgence. Macha tire d’abord un agréable parti de la liberté qu’il lui laisse, pour continuer à vivre à sa guise. Mais rapidement, la liberté pèse comme la solitude et Macha fait des fugues, ou harcèle Dima au téléphone : elle est malade, elle entend des bruits suspects. L’amie de Dima, Natacha, présente-absente, silencieuse, devient peu à peu la complice de Macha : elles font les magasins, jouent aux cartes, pendant que Dima termine une traduction urgente. Le jour de son anniversaire, célébré par une journée à la campagne, constitue le point d’orgue de cette « vie de famille » qui s’ébauche. Macha écrit lettre sur lettre à sa mère pour lui raconter les minces événements de sa vie parisienne. Mais Dima téléphone à Moscou pour parler à sa femme de Macha. C’est Macha elle-même qui répond. La Macha qu’a accueillie Dima est une usurpatrice. Son imposture découverte, Macha erre dans Paris, et finalement est rapatriée à Moscou. Elle écrit à Dima pour lui faire ses aveux. Orpheline, évadée de son orphelinat, elle s’est approprié l’identité de la vraie Macha, croisée par hasard, et à qui elle a subtilisé la carte postale « laissez-passer » qui l’a conduite à Paris. Heureux dénouement : Dima vient à Moscou chercher la « fausse » Macha, qu’il adopte.
 

Commentaires et bibliographie
 
Commentaire de kinoglaz :
Drame de trois solitudes juxtaposées, celles de Dima, de Macha et de Natacha, le film est marqué par une tonalité tragique, celle du vide. La souffrance muette des personnages, qui semblent n’en avoir pas conscience, leur manque d’intériorité, ou l’impossibilité de l’exprimer, fait de chacun des protagonistes de ce huis-clos (sans cloisons) familial, fondé sur l’imposture, l’histoire de l’absence à la vie des êtres qui veulent vivre sans entraves les aventures de la vie. Le regard lucide et désabusé de Macha sur la vie de son « père », les velléités d’éducation de Dima à l’égard de sa fille, la silencieuse présence de Natacha, riche et désoeuvrée, « sorcière » ou « voyante » selon Dima, feraient de cette histoire une « non-histoire » désespérante et désespérée, si ne s’installait pas, à l’insu de tous, le désir d’amour dont Macha, l’orpheline, vient porter le germe dans la vie de son père. Ce conte de fées auquel on ne croit guère, ce réalisme mélancolique, que l’apathie des personnages rend difficilement supportable, font de ce film une étrange élégie contemporaine.

Sélections dans les festivals :
- Festival des Films du Monde : FFM, Montréal (Canada), 2004
- Semaine du nouveau cinéma russe à Paris : Regards de Russie, Paris (France), 2004
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2004