Mikhaïl TCHIAOURELI
Михаил ЧИАУРЕЛИ
Mikhail CHIAURELI
URSS, 1946, 116mn 
fiction
Le Serment
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Клятва

 

 The Vow

 Klyatva

Autres titres : Ptitsi
 
Réalisation : Mikhaïl TCHIAOURELI (Михаил ЧИАУРЕЛИ)
Scénario : Piotr PAVLENKO (Пётр ПАВЛЕНКО), Mikhaïl TCHIAOURELI (Михаил ЧИАУРЕЛИ)
 
Interprétation
Sergueï BLINNIKOV (Сергей БЛИННИКОВ) ...Balkan
Nikolaï BOGOLIOUBOV (Николай БОГОЛЮБОВ) ...le père et l'ingénieur Popov
Mikhaïl GUELOVANI (Михаил ГЕЛОВАНИ) ... Staline
Sofia GUIATSINTOVA (Софья ГИАЦИНТОВА) ...Varvara Petrova
Tamara MAKAROVA (Тамара МАКАРОВА) ...Ksenia
 
Images : Leonid KOSMATOV (Леонид КОСМАТОВ)
Décors : Leonid MAMALADZE (Леонид МАМАЛАДЗЕ)
Musique : Andreï BALANTCHIVADZE (Андрей БАЛАНЧИВАДЗЕ)
Production : Grouzia-Film
Date de sortie en Russie : 29/07/1946
 

Prix et récompenses :
Prix de la critique internationale Festival international du film de Venise / Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica, Venise (Italie), 1946
Médaille d'or au Festival de Venize, 1946
Prix Staline, 1946, 1947

Synopsis
Pendant l'hiver 1924, le vieux bolchevik Stepan Petrov et sa fille Olga portent une lettre de leur village pour Lénine. Une bande de koulaks les attaque et tue Stepan. Varvara, sa femme, décide de porter la lettre à Moscou. Pendant le trajet, elle apprend la mort de Lénine. Sur la place Rouge, face à la foule, Staline prête le serment de réaliser les préceptes de Lénine. Varvara lui transmet la lettre. Le pays se transforme et la famille Petrov joue un rôle actif. En 1941, l’Allemagne envahit l’Union soviétique. Varvara envoie ses enfants défendre la patrie. Les Allemands sont arrêtés à Stalingrad. Après la victoire, Staline et Varvara se rencontrent une nouvelle fois.
 

Commentaires et bibliographie
 
« Le Serment est dédié à la réalisation du serment historique que le leader du peuple, le camarade J. V. Staline a prêté au grand Lénine. On voit dans le film les principaux événements qui se sont déroulés dans le pays depuis 1924 jusqu'à nos jours. Le Serment, c'est une épopée où ce thème grandiose, la vie du peuple soviétique, est dévoilé par le biais de destins humains concrets.
Pour l'essentiel, le film repose sur l'histoire d'une famille d'ouvriers de Stalingrad. Leur vie, et celle de leurs « compagnons de serment » — le Géorgien Giorgi, l'Uzbek Turgunbaev et le kolkhozien ukrainien Baklan — se déroule sur le fond de la croissance et du renforcement de l'Union soviétique, le surgissement des villes nouvelles et des kolkhozes, la construction d'usines et de centrales. Grâce à la haute maîtrise du réalisateur, on montre bien la puissante construction socialiste des plans quinquennaux staliniens, l'amitié indéfectible des peuples de l'U.R.S.S., inspirés par le Parti et le camarade Staline dans la constitution d'une société socialiste. Le film illustre clairement la force et la puissance de l'Union soviétique, la fermeté morale et spirituelle des Soviétiques dans la période du chantier socialiste et dans les jours de la Grande Guerre patriotique. Le film raconte le grand serment prêté par le camarade Staline à Lénine et comment toute l'activité du camarade Staline fut consacrée, en union avec le peuple, à sa réalisation. Le mérite idéologico-artistique essentiel de ce film tient à ce qu'y est réussie une expérience créatrice audacieuse : montrer le camarade leader Staline et cet énorme amour, cette confiance que le peuple soviétique éprouve pour lui. Le camarade Staline est montré dans le film en leader des peuples, en chef de parti et de gouvernement, en bâtisseur et stratège de la guerre patriotique. »
Pravda, 1/7/1946

« Le métier de critique conduit, pour une fois, hors des salles « élégantes » où des rires distingués accueillent les plaisanteries éculées des comédies légères et un murmure approbateur les grandes manœuvres américaines. La grande salle où se donnent les premières représentations du film Le Serment est remplie d'une foule attentive (...). L'enthousiasme passionné y règne. Lorsque le provocateur de service applaudit bruyamment, tout seul, l'assaut lancé par Hitler contre l'U.R.S.S., l'incident qu'il cherche ne se produit pas. Le film fut autorisé, il y a trois ans, par une censure alors libérale* et la préfecture de police voudrait bien démontrer que ce film « trouble l'ordre public » et qu'il doit être retiré de l'écran (...). Le sujet du Serment est l'histoire soviétique, de la mort de Lénine au lendemain de la victoire. Deux figures centrales dominent l'œuvre : Staline et le peuple russe, incarné par une mère de famille stalingradienne. Ciaureli a comme meilleur don son sens de l'image populaire. « Image d'Epinal » vont dire avec dédain ces critiques qui considèrent Gilda comme une œuvre d'art pour ses images raffinées. Epinal fut une remarquable manifestation de notre art populaire et il ne serait pas injurieux de l'évoquer à propos du Serment. Mais la comparaison est inexacte. Les épisodes du film, taillés à larges pans où l'on reconnaît la main du sculpteur, évoquent plutôt les grandes fresques à l'époque où elles étaient art populaire (...).
Pour une toute autre époque, une toute autre société et avec de tous autres moyens, les séquences du Serment peuvent se comparer aux épisodes peints sur les murs de l'église haute à Assise. Même sens de l'expression directe populaire, même goût des formes simplifiées, dépouillées, même sens instinctif de la grandeur qui n'exclut pas le détail amusant ou familier. Mais ces qualités ont toutes chances de déplaire aux délicats amateurs des raffinements érudits et pasticheurs d'Orson Welles ou des pâtisseries douces-amères de Preston Sturges. L'avenir du cinéma n'en est pas moins dans Le Serment bien plus que dans Citizen Kane ou Sullivan, ces subtils ratiocinements du passé. Qu'ils ne s'y trompent pas, les descendants de ceux qui firent la moue devant le Marat assassiné de David, ce grand tournant de la peinture moderne et préférèrent à cette « propagande », à ce « tableau de circonstance » les « belles images », le « sens de la peinture » des disciples attardés de Fragonard ou de Boucher. L'avenir de la peinture appartenait à la bourgeoisie. Aujourd'hui, l'avenir du cinéma appartient au prolétariat (...). Les fort belles images du Serment se gravent dans les mémoires : elles sont monumentales, très élaborées et fort éloignées du style des « actualités ». On peut estimer le scénario un peu fragmenté. Mais il fallait embrasser une immense réalité, vingt-deux ans de vie soviétique et la tâche n'était pas aisée. La réussite est pourtant complète, l'essentiel a toujours été dit et avec une puissance incontestable.
Georges Sadoul, Les Lettres françaises, 8/12/1949

Sélections dans les festivals :
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2009
- Festival international du film de Venise / Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica, Venise (Italie), 1946

Images et vidéos