Boris BARNET
Борис БАРНЕТ
Boris BARNET
URSS, 1961, 89mn 
Noir et blanc, fiction
Alenka
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Аленка

 

 Alenka

 Alenka

 
Réalisation : Boris BARNET (Борис БАРНЕТ)
Scénario : Sergueï_2 ANTONOV (Сергей_2 АНТОНОВ)
 
Interprétation
Nikolaï BOGOLIOUBOV (Николай БОГОЛЮБОВ) ...Goulko
Vassili CHOUKCHINE (Василий ШУКШИН) ...Stepan
Evgueni CHOUTOV (Евгений ШУТОВ) ...Tolia
Erast GARINE (Эраст ГАРИН) ...Vitaminytch
Nikolaï KRIOUTCHKOV (Николай КРЮЧКОВ) ...Roman Semionovitch
Natacha OVODOVA (Наташа ОВОДОВА) ...Alenka
Irina ZAROUBINA (Ирина ЗАРУБИНА) ...Vassilissa Petrovna
 
Images : Igor TCHERNYKH (Игорь ЧЕРНЫХ)
Décors : Aleksandr MIAGKOV (Александр МЯГКОВ)
Musique : Kirill MOLTCHANOV (Кирилл МОЛЧАНОВ)
Ingénieur du son : Grigori KORENBLIOUM (Григорий КОРЕНБЛЮМ)
Production : Mosfilm
Date de sortie en Russie : 22/03/1962
 

Synopsis
A la période des récoltes, Alienka, fillette de neuf ans, quitte la maison fami­liale : il n'y a pas encore d'école dans le nouveau sovkhoze. Ses compagnons de route sont des êtres aux destinées variées et compliquées. Eisa Kalnine, stomatologue à Riga, est arrivée sur les terres vierges après ses études. Les difficultés ont tout de suite commencé: à la gare, elle n'a pas pris la bonne voiture, au sovkhoze, il n'y avait même pas de fauteuil de dentiste. Mais Eisa n'a pas quitté les terres vierges : elle voulait prouver à ses amis et à sa mère qu'elle n'était pas une enfant gâtée...
A son tour, Alienka raconte à ses compagnons de voyage qu'elle avait fait le pari d'obtenir cinq fois la note 2 et qu'elle avait failli amener son instituteur Vitaminitch à lui donner cette mauvaise note...
Stepan, le conducteur de tracteur, raconte l'histoire de sa vie de famille. Sa femme Lida, capricieuse et gâtée, s'ennuyait sur le chantier de Biélogorsk où Stepan l'avait amenée de Moscou. Il acheta alors deux billets de chemin de fer pour les terres vierges. Là non plus, leur vie ne s'est pas bien organisée. Une fois, Lida quitta même Stepan pour se cacher dans la steppe dans un chasse-nei­ge. Mais il la retrouva. Maintenant elle dirige le club.
La vie de Vassilissa Petrovna, une femme querelleuse mais bonne, fut marquée par un malheur. Pour sauver le blé de la famille, sa fille Lisa s'est jetée dans la rivière pour la traverser à la nage et elle s'est noyée. Dans un village lointain, Vassilissa Petrovna a une autre fille. Et cette mère sait qu'elle ne pourra empêcher sa cadette de venir dans les terres vierges, là où sa sœur est morte.
 

Commentaires et bibliographie
 
"Dans le livre de Sergueï Antonov dont le film est adapé, l'histoire se présente ainsi: une jeune défricheuse, Alienka, part en camion pour un lointain arik. Ses compagnons sont à première vue des gens tout à fait simples, ordinaires même. Mais la conversation s'engage. Des récits, des aventures, des rencontres et au gré du voyage les gens s'ouvrent pour nous dans toute leur complexité, leur force, la beauté de leur âme. Cette conception artistique qui rend perceptible le triomphe du Nouveau en montrant des gens très ordinaires et des événements tout à fait quotidiens gagna à son époque la sympathie des lecteurs pour le personnage d'Alienka. Les auteurs du film, après avoir montré dans le premier épisode la simplicité et la banalité des compagnons d'Alienka, transposent tout le reste dans des ciné-nouvelles très particulières. Ils procèdent à la visualisation des récits des compagnons de route de la jeune fille. (...) Le film traite le thème d'une manière assez différente du récit. Ce n'est plus le thème de la jeune fille qui sert de fil conducteur à travers les terres défrichées, mais celui des défricheurs eux-mêmes. Une nouvelle succède à l'autre, comme autant de tranches de l'histoire si vivante et si proche des terres défrichées, tan­tôt gaie, tantôt dramatique. Tout est là: et l'héroïsme et le quotidien et les pro­blèmes moraux et les préoccupations des défricheurs pour leur avenir. Grâce à leur visualisation et à leur dynamisation, ces récits sont devenus plus pleins et en acquièrent plus de valeur (...).
Les auteurs auraient pu aller plus loin. S'apercevoir que les particularités de la composition du livre commençaient à les entraver. (...) Parfois la transposition pédante de la littérature à l'écran aboutit à des moment creux, à une perte de vigueur. Le film perd son tempo et la logique de son développement. C'est ainsi que se dissocie du style général de ces récits la nouvelle narrant la polissonnerie d'Alienka à l'école. Malgré ce qu'elle peut avoir de spirituel, si bien mise en scène et si bien jouée soit-elle, elle ne s'intègre pas au film.
Nous n'avons pas entendu dans le hors-champ la voix d'Antonov, le roman­cier, mais le langage de ses héros est resté, transmis avec soin à l'écran, et les acteurs l'ont encore approfondi."
V. Litvinov Alienka {Sovtetski Ekran, n° 5, 1962)

"(...) L'épisode le plus réussi — peut-être le seul! — est celui où le réalisateur s'est libéré du charme puissant de la prose d'Antonov et a trouvé une expression purement cinématographique. Je veux parler de la deuxième nouvelle du récit d'Antonov : il s'agit d'une bêtise. Deux élèves de 2ème ont parié une glace que la bonne élève Alienka recevrait cinq zéros en arithmétique (...)".
L. Anninski Sur les traces du récit, (Iskousstvo Kino, n° 5, 1962)

Sélections dans les festivals :
- Festival du film russe à Paris, Paris (France), 2016
- Festival 'Il Cinema Ritrovato', Bologne (Italie), 2011