Ilia TRAUBERG
Илья ТРАУБЕРГ
Ilya TRAUBERG
URSS, 1929, 61mn 
Noir et blanc, muet, fiction
L'Express bleu

Le Train mongol

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Голубой экспресс

 

 Goluboy ekspres

 Goluboy ekspres

 
Réalisation : Ilia TRAUBERG (Илья ТРАУБЕРГ)
Scénario : Leonid IERIKHONOV (Леонид ИЕРИХОНОВ), Ilia TRAUBERG (Илья ТРАУБЕРГ)
 
Interprétation
Yakov GOUDKINE (Яков ГУДКИН) ...Surveillant
Sergueï MININE (Сергей МИНИН) ...Un Anglais
Ivan SAVELIEV (Иван САВЕЛЬЕВ) ...Surveillant
Igor TCHERNIAK (Игорь ЧЕРНЯК) ...Le secrétaire
Jeïmo YANINA (Жеймо ЯНИНА) ...Jeune fille chinoise
Zinaïda ZANONI (Зинаида ЗАНОНИ) ...Ia, Japonaise
 
Images : Boris KHRENNIKOV (Борис ХРЕННИКОВ), Youri STILIANOUDIS (Юрий СТИЛИАНУДИС)
Décors : Boris DOUBROVSKI-ECHKE (Борис ДУБРОВСКИЙ-ЭШКЕ), Moïsseï LEVINE (Моисей ЛЕВИН)
Production : Sovkino
Restauration : Sonorisé à Paris en 1931
Date de sortie en Russie : 20/12/1929
 
Sites : Page Allociné, page IMDb

A noter :
Le film a été sonorisé à Paris en 1931

Synopsis
L'action se situe en Chine dans la seconde moitié des années 20. Un train, appelé l'Express bleu, est en gare prêt pour le départ. Les wagons répartis en trois classes accueillent des voyageurs d'origines sociales diverses. Mais le train est retardé à cause d'un diplomate anglais dont les militaristes chinois cherchent les faveurs. Le diplomate promet en effet au général chinois de l'aider dans sa lutte contre les révoltes du peuple. Pendant le trajet, les voyageurs de troisième classe se révoltent contre la violence des soldats. Les ouvriers et les paysans s'emparent du train qui fonce à toute allure symbolisant la marche en avant de la révolution chinoise.
 

Commentaires et bibliographie
Le train mongol (1929) [un film de Ilya Trauberg], Julien MORVAN, Perestroikino, 2020
 
"(...) Un film muet, depuis sa conception jusqu'à sa présentation, d'une structure massive et puissante, qui assène des coups brutaux. Un film qui réveille et flagelle, il était temps (...)
Le titre, L'Express bleu, peut prêter à confusion. On imagine un train glissant au bord de la mer, éclairée, idyllique : roulant de manière douce et rapide au service d'une élite... Pourquoi ne pas l'appeler «L'Express jaune», afin que l'on sente sa progression constante, comme une rivière qui entraîne avec elle tout ce qu'elle peut arracher de la terre où elle passe, la boue, la crasse...; riche, puissante, irrésistible et dangereuse. Potemkine en 1926. Tempête sur l'Asie en 1928, L'Express bleu en 1930. Dispersez entre ces sommets quelques drames sociaux d'une qualité apparentée, quelques théorèmes sous forme de drame, quelques documentaires plus dramatiques que des histoires d'amour, et vous avez le cinéma russe actuel. Ouvert sur la mer. ce cycle silencieux finit à l'intérieur des terres comme un assaut victorieux...
Des symboles, des symboles. Tout y est symbolique. Mais sans trop d'insistance. Il n'y a rien là qui rappelle l'ouragan à la fin de Tempête sur l'Asie. Un scénario intense, soutenu par une interprétation de première qualité. Il est possible que l'on regrette un certain manque d'extérieurs. Les Russes sont plus à l'aise lorsqu'ils manient le sable, le vent, les steppes que les wagons de la compagnie internationale des wagons-lits. En dépit du scénario, intelligemment tendancieux mais qui ne trompe personne, L'Express bleu nous parvient au début de l'hiver comme un tonique, un régénérateur des phagocytes dont nous avons tant besoin pour apprécier les « grandes histoires cent pour cent. »
Claude Martin. Close up. décembre 1930

Et sur les voies ferrés de cette même Asie s'élance L'Express Bleu (Le Train Mongol), d'Ilia Trauberg, le frère de l'autre. En cette année 1929 où le parti bolchevik est encore tout secoué par les discussions à propos de la révolution chinoise, trahie par Staline et massacrée par Tchang Kaï-Chek, le film de Trauberg arrive pour jeter un peu de baume sur les masses tenues à l'écart du débat. Il apparaît donc comme une soupape, un acte de propagande à distance. Mais il est, et reste, un grand film révolutionnaire éclairé aujourd'hui d'une exaltante lumière d'espoir. Dans un train qui traverse la Mongolie, toutes les classes sont représentées et, dans les wagons de lre classe, les agents occidentaux, français et anglais, fomentent des troubles et préparent le sabotage du train du progrès. Les Chinois parqués dans les wagons de dernière classe montent à l'assaut. Le train poursuit sa route. On tente de le détourner de la bonne voie. La bagarre bat son plein, le train fonce, emporté dans l'immensité par un élan furieux. Les riches voyageurs, les saboteurs et les traîtres dégringolent au fur et à mesure. L'express reste enfin aux mains du prolétariat et les sous-titres grandissent jusqu'à l'immense LA VOIE EST LIBRE !
1929. Le sentiment est profond que la... «voie est libre», et qu'il ne reste plus qu'à édifier le paradis socialiste. Après l'étape de la révolution armée, s'achève le deuxième étape de l'histoire de l'U.R.S.S., celle de la conquête du pouvoir par l'appareil du parti. Staline et les bureaucrates sont solidement installés, l'opposition est bâillonée, dispersée, exilée. Le parti se monolithise. La culture aussi.
Marcel Oms. Positif, février 1965

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