Otar IOSSELIANI
Отар ИОСЕЛИАНИ
Otar IOSSELIANI
France / Italie, 2001, 122mn 
Couleur, fiction
Lundi matin
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Утро понедельника

 

 Monday Morning

 Utro ponedelnika

 
Réalisation : Otar IOSSELIANI (Отар ИОСЕЛИАНИ)
Scénario : Otar IOSSELIANI (Отар ИОСЕЛИАНИ)
Musique : Nicolas ZOURABICHVILI (Николас ЗУРАБИШВИЛИ)
Production : Centre Européen Cinématographique Rhône-Alpes, Canal+, Centre National de la Cinématographie (CNC), Cofimage 12, Gimages 4, Mikado Films, Pierre Grise Productions, Rhône-Alpes Cinéma
Distribution en France : Les Films du Losange
 

Prix et récompenses :
Silver Bear for Best Director, Berlin Festival, 2001

A noter :
Image : William et Irina LUBTCHANSKY

Interprétation :
Jacques BIDOU Vincent
Anne KRAVZ-TARNAVSY …Sa femme
Narda BLANCHET …Sa mère
Radslav KINSKI …Son père
Dato TARIELASHVILI-IOSSELIANI …Son fils aîné Nicolas
Adrien PACHOD …Son fils cadet Gaston
Arrigo MOZZO …Carlo
Nicoletta PREVEDELLO …La femme de Carlo
Otar IOSSELIANI …Enzo di Martino
Giorgio DANIELETTO, …Angelo Ragazzi.

Synopsis
Lundi matin : mal réveillé, Vincent quitte sa maison, allume une cigarette, monte dans sa 4L, l’abandonne pour le train de banlieue, descend en allumant une cigarette comme tous les voyageurs, ouvriers comme lui à l’usine chimique. Tous l’éteignent à regret à l’entrée de l’usine : commence une journée de travail morne et hostile dans le bruit, la fumée, la répétition sans fin des mêmes gestes, sous le regard impérieux et suspicieux des chefs. A la sortie de l’usine, Vincent rallume une cigarette, et rentre à la maison. Il y a, au rez-de-chaussée de cette ferme aménagée de manière atypique, sa mère, une originale qui reçoit ses vieilles amies. A l’étage, c’est l’appartement familial, une cuisine négligée et désertée, qu’on semble ne traverser que pour le petit-déjeuner. Le grenier est distribué en espaces incertains : une grande pièce semble réservée aux deux fils de Vincent : ils dessinent, construisent des appareils de radio. Ils écartent leur père qui tente de s’intéresser à leurs bricolages. Celui-ci monte encore un étage : il s’installe alors, sous les combles, devant son chevalet : il peint, seul et concentré sur son œuvre. Mais sa femme l’appelle pour réparer la gouttière. Tous se croisent, aucun dialogue ne s’ébauche : chacun est absorbé par ses préoccupations personnelles. Vincent alors s’en va : il rejoint des copains , des marginaux, boit, puis rend visite à son père, un vieil original, faussement mourant dans un bel appartement bourgeois. Il encourage son fils à voyager. Vincent arrive à Venise : il y découvre d’abord les joies de l’ailleurs, de l’insouciance et des amitiés de rencontre. Vite, il constate que le même mutisme sépare les Italiens. Puis on le perd de vue, on retrouve sa famille qui semble l’avoir effacé, sans un mot: l’épouse déchire les dessins que Vincent envoie de pays lointains, les enfants inventent des machines de plus en plus sophistiquées. Un jour, sur son deltaplane, l’aîné des garçons aperçoit son père : il arrive à pied, à travers champs, vêtu de blanc. En silence,Vincent reprend sa place dans la maison, comme s’il n’était jamais parti. Il faut réparer la gouttière…et reprendre la 4L pour aller à l’usine. Pourtant, le lundi matin, au moment du départ, il trouve sa femme occupée à laver la voiture. Il l’embrasse, sans un mot.
 

Commentaires et bibliographie
 
Otar Iosseliani semble poursuivre dans cette chronique d’une famille française, son enquête sur la dégradation des liens personnels dans une société qui ne sait plus parler. Seuls les bruits de la technique remplissent l’espace : les moteurs des voitures, des tracteurs, ceux, assourdissants des machines à l’usine. Si on parle, on ne s’entend pas. Et en famille, il semble qu’on ne puisse échanger que des bribes de phrases, ou des cris. Iosseliani, dans un entretien avec un journaliste, déplorait la perte de la solidarité naturelle qui faisait la joie de vivre des communautés humaines, qu’elles soient familiales ou professionnelles. Il observait le caractère formel, quasi administratif de la solidarité moderne. Pourtant, dans Lundi matin,des indices suggèrent la présence frémissante de la tendresse : à la fin du film, les enfants répondent à leur père qui les interroge sur leurs découvertes. L’histoire se termine sur le sourire de l’épouse. Et à l’usine, les cheminées ressemblent à celles du paquebot qui a porté les rêves d’aventure de Vincent.

Sélections dans les festivals :
- Rétrospective Otar Iosseliani à la Cinémathèque française, Paris (France), 2019

Images et vidéos