Larissa SADILOVA
Лариса САДИЛОВА
Larisa SADILOVA
Russie, 2005, 98mn 
Couleur, fiction
On demande une nounou
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Требуется няня

 

 Babysitter Required

 Trebuetcya nyanya

 
Réalisation : Larissa SADILOVA (Лариса САДИЛОВА)
Scénario : Larissa SADILOVA (Лариса САДИЛОВА)
 
Interprétation
Valeri BARINOV (Валерий БАРИНОВ) ...Anatoli Petrovitch
Irina CHIPOVA (Ирина ШИПОВА) ...Alia
Viktoria ISSAKOVA (Виктория ИСАКОВА) ...Vera
Alekseï MAKAROV (Алексей МАКАРОВ) ...Andreï
Raïssa RIAZANOVA (Раиса РЯЗАНОВА) ...Tante Macha
Marina ZUBANOVA (Марина ЗУБАНОВА) ...Galia
 
Images : Anatoli PETRIGA (Анатолий ПЕТРИГА)
Décors : Manzoura OULDJABAEVA (Манзура УЛЬДЖАБАЕВА)
Musique : Akhmad BAKAEV (Ахмад БАКАЕВ)
Produit par : Vladimir TIOURINE (Владимир ТЮРИН)
Production : Richmond (Ричмонд)
Date de sortie en Russie : 02/02/2006
 
format : 35 mm

Prix et récompenses :
Meilleur rôle féminin Marina ZUBANOVA , Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2005
Meilleur rôle féminin Marina ZUBANOVA , Prix de la Guilde des historiens et critiques de cinéma, Moscou (Russie), 2005

Synopsis
Les jeunes époux Vera et Andreï ont tout pour vivre heureux : travail, belle maison dans une banlieue chic, bonne voiture. Il leur reste seulement à trouver une nounou pour leur fille Alia. Mais lorsque la nouvelle nounou – une ancienne professeur de biologie Galia vient – les vrais problèmes commencent. Leur idylle est détruite et leur vie ressemble à un cauchemar.
 

Commentaires et bibliographie
Larisa Sadilova: Babysitter Required (Trebuetsia niania), 2005, Vida JOHNSON, kinokultura.com, 2006
 
Les nouveaux rapports au sein de la famille en Russie
par Larissa Sadilova, réalisatrice, en exclusivité pour RIA Novosti pour le Festival de cinéma russe de Honfleur 2005

(Nous remercions vivement l'Agence RIA Novosti de nous avoir autorisés à publier cette interview)

L'arrivée, dans la maison d'un jeune couple, d'une ancienne institutrice engagée comme nounou perturbe sérieusement les rapports familiaux. Tel est le sujet du drame psychologique On demande une nounou. J'écris moi-même les scénarios de mes films et la psychologie des gens m'intéresse au plus haut point.

On demande une nounou est un film sur la fragilité des rapports familiaux, il montre qu'il faut savoir les protéger, être attentif aux enfants pour éviter qu¹une intervention extérieure puisse les détruire. Ce film montre aussi ce que je n'accepte pas chez les gens : la convoitise, le manque de loyauté, la méchanceté. Une nounou ne peut qu'aimer véritablement les enfants.

Le film comporte plusieurs sujets permettant aussi d'étudier les rapports sociaux. Il y a encore dix ans, nous ne pouvions imaginer des rapports patrons/employés de maison au sein de la société russe. Comme nous ne pouvions imaginer que ces employés de maison auraient une instruction supérieure, auraient précédemment exercé des métiers aussi respectables qu¹instituteur, ingénieur, chercheur. Ces gens ont été contraints de trouver un autre emploi pour survivre. On comprend alors leur irritation, la haine qu'ils vouent à leurs patrons. Ceux-ci considèrent la nounou comme une domestique, d'où son ombrage et son manque de loyauté. Il semblerait, selon les organisateurs du Festival d'Honfleur, que ces questions soient d'actualité en France également.

Au fond, la nounou du film est un témoignage des changements sociaux. Elle devient elle-même une femme d'affaires, son travail devient pour elle un business. Parfois les gens doutent de leurs propres forces, cherchent à se bâtir une vie heureuse au détriment d'autrui. On demande une nounou est à cet égard une mise en garde.

Dans le film le social fusionne avec le thème ethnique. Il y a trois ans j'ai fait construire une maison dans les environs de Moscou (les appartements à Moscou sont hors de prix). Je ne suis ni « nouveau riche », ni femme d'affaires, mais... une maison ne s'érige pas toute seule, il faut forcément embaucher. Aujourd'hui la construction immobilière bat son plein en Russie. L¹histoire a voulu que les habitants des anciennes républiques soviétiques - Ouzbeks, Tadjiks, Moldaves, Ukrainiens - fassent office d'ouvriers du bâtiment. Auparavant nous vivions tous dans une même URSS, mais il y a maintenant des employeurs et des employés, ce qui est compliqué pour les uns comme pour les autres. Dans le film, il y a aussi des ouvriers du bâtiment immigrés.

Après avoir vu le film, les spectateurs me demandent souvent où se trouve l'issue, comment régler ces problèmes. Je l'ignore, moi aussi je cherche une solution.

Habituellement, je tourne en province. C'est là que vivent la plupart des Russes. Moscou est un Etat dans l'Etat et tout le monde tourne dans cet Etat isolé. Or, la capitale ne reflète pas la vraie vie. La perestroïka, ce qui s'est produit à Moscou, les bars luxueux, la vie mondaine sont autant de choses qu'ignorent tous les provinciaux ou presque. Ils continuent de vivre comme autrefois. En principe, la province ne se soucie guère de la vie moscovite. Quel intérêt peuvent bien présenter les casinos, les malfrats et les prostituées ? La plupart de nos concitoyens sont des gens normaux qui n'ont aucun rapport avec cela. Dans le film On demande une nounou l'action a beau se dérouler hors de Moscou, de nombreux spectateurs établissent un parallèle avec la vie de la capitale.

Existe-t-il un cinéma féminin ? Je serais tentée de répondre que les réalisatrices sont plus disciplinées, plus responsables, mais que tout le reste est affaire de talent. On m'a maintes fois proposé de tourner des feuilletons, mais dans mon for intérieur je ne suis pas motivée. Si je fais du cinéma, ce n'est pas pour gagner de l'argent. Deux fois par an je réalise un long métrage sur ce que je connais réellement. La psychologie féminine est naturellement le thème que je connais le mieux.

Sélections dans les festivals :
- Festival Kinoblick, Stuttgart (Allemagne), 2006
- Quinzaine du cinéma russe à Strasbourg, Strasbourg (France), 2006
- Festival des Festivals, Saint-Pétersbourg (Russie), 2006
- Festival du Film de Cottbus - Festival de Cinéma Est-européen, Cottbus (Allemagne), 2005
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2005
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2005
- Festival du cinéma de la CEI, Estonie, Lettonie et Lituanie "Kinoshock", Anapa (Russie), 2005
- Festival ouvert de cinéma russe Kinotavr, Sotchi (Russie), 2005
- Prix de la Guilde des historiens et critiques de cinéma, Moscou (Russie), 2005
- Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'', Vyborg (Russie), 2005