Dmitri ZOLOTOUKHINE
Дмитрий ЗОЛОТУХИН
Dmitry ZOLOTUKHIN
Russie, 1994  
fiction
La Zone Lioube
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Зона Любэ

 

 Zona Lyube

 Zona Lyube

 
Réalisation : Dmitri ZOLOTOUKHINE (Дмитрий ЗОЛОТУХИН)
Scénario : Dmitri ZOLOTOUKHINE (Дмитрий ЗОЛОТУХИН)
 
Interprétation
Irina ROZANOVA (Ирина РОЗАНОВА)
Guennadi SIDOROV (Геннадий СИДОРОВ)
 
 

Synopsis
Depuis longtemps le peuple russe manifeste un intérêt pour la vie et l'expression des délinquants. Dimitri Zolotoukhine, le metteur en scène de ce film, va dans le sens de cette curiosité. Tout a commencé avec "l'Obier Rouge", "Les Gentlemen de la Chance", suivis par la série "On ne change pas le lieu d’un rendez-vous", très prisée du public. Le projet de "Zone Lioubé" s'est développé à partir de l'idée toute simple de tourner un "album cinématographique" en rassemblant des clips du groupe "Lioubé". Le groupe a été lui-même producteur du film, inspiré par le souhait, selon le mot de son soliste Nikolaï Rastorgouiev, de "laisser une trace par le cinéma". Le metteur en scène Dimitri Zolotoukhine (connu comme acteur par de nombreux spectateurs pour son rôle de Pierre le Grand dans le film "Jeune Russie") en rêvait depuis longtemps. Il s'est effacé devant le professionnalisme des interprètes des textes et de la musique et de l'art authentique des solistes. De ce point de vue, "Zone Lioubé" pourrait prétendre au titre de "film musical". Pourtant les passages proprement musicaux ne représentent pas la majeure partie du film. L'essentiel de sa force dramatique réside dans les confessions des prisonniers interrogés par une journaliste de télévision (Marina Levtova). Celle-ci ne recueillait pas que des faits, mais "les rêves qui vous évadent de la zone", constamment traduits en chansons. En plongeant dans la vie d'un groupe issu des banlieues criminogènes de Moscou, l'auteur ne s'adresse pas particulièrement à la racaille des bas quartiers, mais aux spectateurs qui, à travers la rudesse des textes et de la musique, l'expression argotique et l'aspect extérieur des interprètes, perçoivent dans cette catégorie de population, l'expression de leurs désirs et de leurs frustrations. L'une des chansons évoque les colonies des femmes prisonnières qui réveillent les passions des prisonniers, enfouies pendant des années. Une séquence leur rappelle par la chorégraphie l'émotion sensuelle suscitée dans le supplément vidéo du journal populaire "Penthouse". Il s'en dégage un érotisme primitif et impudique, fait de cris et les gestes orduriers, proche de la vie réelle. Dovlatov se souvient : « j'ai découvert une ressemblance stupéfiante entre les hommes des camps et les hommes libres. Nous parlions d'une seule et même langue argotique. Ils ne chantaient que des chansons sentimentales tout en supportant quantité de privations. Nous étions souvent proches d'eux et même interchangeables. Peut-être n'importe quel prisonnier aurait pu jouer le rôle de gardien. Peut-être n'importe quel geôlier aurait mérité la prison… »
 

Sélections dans les festivals :
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 1995