Sergueï PARADJANOV
Сергей ПАРАДЖАНОВ
Sergey PARAJANOV
URSS, 1986, 20mn 
Couleur, Sans paroles, documentaire
Arabesques sur le thème de Pirosmani
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Арабески на тему Пиросмани

 

 Arabesques on the Pirosmani Theme

 Arabeski na temu Pirosmani

 
Réalisation : Sergueï PARADJANOV (Сергей ПАРАДЖАНОВ)
Scénario : Kora TSERETELI (Кора ЦЕРЕТЕЛИ)
Images : N. PALIACHVILI (Н. ПАЛИАШВИЛИ)
Production : Qronikalur-Dokumenturi Pilmebis Studia
 
Site : IMDb

Synopsis
Paradjanov rend hommage au peintre Niko Pirosmanachvili, dit Pirosmanià, portraitiste primitif, ayant vécu à Tbilissi. Ce film sans paroles propose un voyage à travers l’œuvre du plus célèbre des artistes géorgiens.
 

Commentaires et bibliographie
 
"Film-essai sur l'œuvre du génial peintre géorgien Niko Pirosmanachvili (1862-1918), Arabesques sur le thème de Pirosmani est un hommage à ce primitif de Tbilissi que certains critiques comparèrent à Giotto.

Dans cette biographie éclatée du peintre, Paradjanov s'efforce de recomposer le puzzle mental de cet artis­te sensible, impulsif, farouchement solitaire, dont les dernières années de vie furent un cauchemar mais qui mourut sans doute avec la certitude de sa voca­tion de créateur.
De courtes saynètes et pantomimes, évoquant des épisodes de la vie de Pirosmani ou l'his­toire de la Géorgie, alternent avec la présentation rapide ou insistante des toiles de l'artiste. Selon le mode de récit-images devenu rituel chez Paradjanov.

le film se divise en chapitres :
Le studio du photographe. Pages d'histoire. Le millionnaire sans enfant. Les festins. Bouquet pour Marguerite. Requiem. Un pas dans l'immortalité".
Patrick Cazals Sergueï Paradjanov, Cahiers du cinéma, 1993

Le peintre Pirosmanichvili a aussi inspiré le film (long métrage de fiction) Pirosmani (Пиросмани), 1969, de Gueorgui CHENGUELAÏA (Георгий ШЕНГЕЛАЯ) et un documentaire de Patrick Cazals (1988)

Niko Pirosmanichvili (biographie extraite de Sergueï Paradjanov, Patrick Cazals, Cahiers du cinéma, 1993)
Né en 1862, au village de Mirzaani, en Kakhétie, région fertile de la Géorgie orientale, Niko Pirosma­nachvili devint orphelin très jeune. Recueilli par la famille des anciens patrons de son père, il les suivit à Tiflis, en 1870. Dès l'âge de quinze ans, il commença à peindre. A vingt-sept ans, il tenta de gagner sa vie en ouvrant un atelier d'enseignes à Tbilissi, sans grand succès... Employé des chemins de fer de Tran-caucasie puis marchand de beurre et de fromages prospère, Pirosmani se ruina, selon la légende, pour les beaux yeux d'une Française, Marguerite, chan­teuse de café-concert. Elle se produisait dans un doukhane d'Ortatchala, banlieue à plaisirs de Tbilissi. Il mena alors une vie d'errance, dormant dans les auberges où on lui confiait la réalisation d'enseignes et de fresques pour quelques plats du jour et bouteilles de vin.
Farouchement indépendant, s'habillant à l'euro¬péenne, coiffé d'un chapeau à larges bords, Pirosmani connut pourtant à partir de 1912 une courte période faste.
Deux étudiants : le poète Ilya Zdanévitch (connu plus tard en France sous le nom d'Iliazd lorsqu'il fonda à Montparnasse le mouvement Taoum et travailla avec les plus grands peintres à l'édition de livres d'artistes) et son frère Kirill, défenseurs du néo-primitivisme, décidèrent de montrer son travail à Moscou et Tbilissi. Ils organisèrent conférences et expositions, publièrent des dizaines d'articles dans les quotidiens et les magazines spécialisés. Pirosmani n'avait que faire des honneurs... « Je suis un solitaire dans ce monde et solitaire je mourrai », telle était sa formule favorite. Aux premiers ricanements de ceux qui refusaient de le voir faire partie de leur cénacle, il prit ses distances. Abîmé par l'alcool, il n'en poursuit pas moins son œuvre jusqu'à sa mort, en avril 1918.

Avec deux mille œuvres réalisées, estime-t-on, et deux cents tableaux conservés à ce jour, Pirosmani est devenu l'une des personnalités essentielles de la culture géorgienne, l'égal du poète Chota Roustavéli. Dès 1921, son talent fut reconnu dans toute l'Union Soviétique et bientôt en Europe. Un musée lui est consacré à Mirzaani, son village natal, et une grande salle présente ses œuvres majeures au Musée des Beaux-Arts de Tbilissi. Plusieurs expositions ont eu lieu à travers le monde : en 1969 au Musée des Arts Décoratifs de Paris, en 1970 à Berlin, en 1977 à Tokyo, Osaka et Padoue.

Sélections dans les festivals :
- Festival international du film Era New Horizons, Wroclaw (Pologne), 2020
- Festival international du film de Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas), 2019
- Cinémathèque de Toulouse : Tarkovski et autres poètes du cinéma soviétique, Toulouse (France), 2014
- Festival International du Film d'Odessa, Odessa (Ukraine), 2013
- Festival international du film de Sao Paulo (Mostra), Sao Paulo (Brésil), 2011
- Semaine du nouveau cinéma russe à Paris : Regards de Russie, Paris (France), 2005
- Festival international du film de Berlin : Berlinale, Berlin (Allemagne), 1988

Images et vidéos