Zakhar AGRANENKO
Захар АГРАНЕНКО
Zakhar AGRANENKO
URSS, 1957, 97mn 
Couleur, fiction
La Symphonie de Léningrad
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Ленинградская симфония

 

 The Leningrad Symphony

 Leningradskaya simfonia

 
Réalisation : Zakhar AGRANENKO (Захар АГРАНЕНКО)
Scénario : Zakhar AGRANENKO (Захар АГРАНЕНКО)
 
Interprétation
R. BOUCHKOV (Р. БУШКОВ)
Alla DEMIDOVA (Алла ДЕМИДОВА) ...contrôleur de bus
Sergueï KOURILOV (Сергей КУРИЛОВ) ...Pavel Orlov
Nikolaï KRIOUTCHKOV (Николай КРЮЧКОВ) ...Poliakov
O. MALKO (О. МАЛЬКО) ...Valentina Orlova
Julian PANITCH (Юлиан ПАНИЧ)
Marc PERTSOVSKI (Марк ПЕРЦОВСКИЙ)
Vladimir_2 SOLOVIOV (Владимир_2 СОЛОВЬЕВ) ...Nikolaï Loguinov
Janna SOUKHOPOLSKAIA (Жанна СУХОПОЛЬСКАЯ)
Maksim STRAUCH (Максим ШТРАУХ)
E. STROEVA (Е. СТРОЕВА) ...Nadejda Volkova
Mikhaïl TOUMANICHVILI (Михаил ТУМАНИШВИЛИ)
 
Images : Emile GOULIDOV (Эмиль ГУЛИДОВ)
Décors : David VINITSKI (Давид ВИНИЦКИЙ)
Musique : Veniamin BASNER (Вениамин БАСНЕР)
Production : Mosfilm
 

Synopsis
Léningrad, l'été 1942. La ville est assiégée depuis presque un an par les Allemands. Un petit avion militaire réussit malgré les tirs ennemis à atterrir. L'un de ses deux occupants va, malgré les bombardements, jusqu'à la maison de la radio, où dans des locaux à demi-détruits, ce qu'il reste de personnel se bat quotidiennement pour assurer sa mission. Le paquet apporté par le militaire est la partition de la symphonie que vient d'écrire le célèbre léningradois Chostakovitch. Les visages fatigués s'illuminent et désormais tous vont être unis par le même objectif : faire jouer par l'orchestre symphonique et diffuser sur les ondes la précieuse symphonie. La plupart des musiciens sont sur le front, la direction militaire donne les autorisations nécessaires : il reste aux soldats-musiciens à franchir un à un le blocus au risque de leur vie. Tous n'y parviendront pas mais les répétitions commencent. Le concert est prévu pour le 9 août, jour dont Hitler avait dit qu'il serait celui de la prise de Léningrad par les Allemands.
Le jour venu, la maison de la radio de Léningrad, répondant comme un seul homme à la baguette de son chef d'orchestre en grande tenue, répand sur les ondes la musique de Chostakovitch qui proclame au monde entier que Léningrad est bien vivante et que nulle armée ne peut étouffer l'âme d'un peuple.
La symphonie s'intitule : Septième symphonie ou symphonie de Léningrad.
 

Commentaires et bibliographie
 
L'intérêt majeur du film réside sans doute dans l'histoire vraie qu'il raconte mais la forme adoptée donne au récit une dimension poétique qui amplifie son efficacité. Le contexte historique est bien connu : commencé le 8 septembre 1941 le siège de Léningrad ne sera levé que le 27 janvier 1944 et aura duré 872 jours. Dans le même temps la population est passée de quatre millions à deux millions cinq cent mille. Les privations, le manque de chauffage et de nourriture, les bombardements incessants, tout est montré dans le film, mais avec sobriété. Les images, en noir et blanc, sont presque toujours très belles. Comme ce convoi de chariots chargés de céréales qui par des chemins cahoteux et sous le feu des Allemands finit par entrer à Léningrad. Même les bâtiments qui s'écroulent sous les bombes, les canons qui visent les avions, sont filmés avec un souci esthétique permanent. On devine que la réalité était plus sordide mais le spectacle gagne en poésie et la poésie une fois de plus touche plus profondément que le document historique. C'est aussi avec une grande sobriété que sont montrés les sentiments que l'on sait forts, que ce soient ceux de la femme qui revoit son mari venu du front ou de la mère qui accueille son fils toujours vivant, ou encore de la fiancée qui finalement retrouve son musicien. La scène finale résume superbement le film. En écoutant le concert pour lequel elle a tant fait, la directrice de la Maison de la radio apprend la mort, au front, de son mari : son regard beau et tragique exprime la souffrance, la détermination et la dignité. Le message est clair et fort : la guerre apporte souffrances et malheurs et cela est d'autant plus tragique que ses prétentions sont vaines face au courage et à l'abnégation dont sont aussi capables les hommes.

Sélections dans les festivals :
- Festival de cinéma russe au Toursky à Marseille, Marseille (France), 2013
- Moscou, Saint-Pétersbourg : deux visages de la Russie, Paris (France), 2010
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2006
- Festival "Vive le cinéma de Russie", Saint-Pétersbourg (Russie), 2004