Vera TSEKHANOVSKAIA
Вера ЦЕХАНОВСКАЯ
Vera TSEKHANOVSKAYA
Mikhaïl TSEKHANOVSKI
Михаил ЦЕХАНОВСКИЙ
Mikhail TSEKHANOVSKY
URSS, 1962, 60mn 
Couleur, animation
Les Cygnes sauvages
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Дикие лебеди

 

 Dikie lebedi

 Dikie lebedi

 
Réalisation : Vera TSEKHANOVSKAIA (Вера ЦЕХАНОВСКАЯ), Mikhaïl TSEKHANOVSKI (Михаил ЦЕХАНОВСКИЙ)
Scénario : Evgueni RYSS (Евгений РЫСС ), Leonid TRAUBERG (Леонид ТРАУБЕРГ)
D'après le conte d'Andersen
Images : Elena PETROVA (Елена ПЕТРОВА)
Décors : Maks JEREBTCHEVSKI (Макс ЖЕРЕБЧЕВСКИЙ), Natan LERNER (Натан ЛЕРНЕР)
Production : Soyouzmoultfilm
 

Synopsis
Un roi qui avait onze fils et une fille se remaria avec une méchante reine. Celle-ci transforma les princes en cygnes et envoya la petite fille dans une famille de paysans. Quand celle-ci eût atteint l'âge de quinze ans, elle était si belle que la méchante reine ne le supporta pas, l'enlaidit et l'envoya au fin fond de la forêt. Un jour, un roi vint à la remarquer et l'épousa mais elle restait muette et triste. Elle voulait retrouver ses frères sous leur apparence humaine...
 

Commentaires et bibliographie
Свинарка и пастух. От Ганса Христиана к Христиану Гансу, Piotr BAGROV, seance.ru, 25-26, 2005
 
Les Cygnes sauvages (Dikie Lebedi) réalisé par Vera Tsekhanovskaia et Mikhaïl Tsekhanovsky en 1962 se distingue tant sur la forme que sur le fond. C’est une œuvre qui témoigne du superbe travail artistique mené pendant plusieurs décennies au sein du studio Soyouzmoultfilm.

Tout d'abord, les décors au style parfois complètement épuré qui apportent à l’œuvre une imagerie proche de l'espace théâtral "bi-dimensionnel", où la mise en scène et l’animation des personnages flirtent autant avec le style iconographique russe que celui du hiéroglyphe égyptien. De même, l'utilisation des contrastes et des variations de couleurs apportent une densité dramatique à ce conte particulièrement cruel de Hans Christian Andersen.
Mais aussi à travers la formidable musique concoctée par Alexandre Varlamov capable de nous transporter du rêve au cauchemar en quelques notes de musique.
Une œuvre à la fois divertissante et initiatique qui, par la profondeur du récit, nous interpelle sur la douleur de l’exil.

Il est donc surprenant de constater qu’en 1995 ce chef d’œuvre de l’animation russe ait subi une profonde dénaturation. Ces altérations ont à la fois touché l’œuvre au niveau du montage, de la musique, des dialogues, mais aussi et surtout, par ce scandaleux recadrage Pan & Scan. Et tout cela au mépris des artistes, créateurs et auteurs originaux.
Imaginez un seul instant qu’un classique des studios Disney tel que La Belle au bois dormant tourné au format original 2.35 subisse le même sort… cela susciterait un tollé général immédiat, même aux Etats-Unis.

Malheureusement d’autres classiques issus du catalogue Soyouzmoultfilm ont vécu le même sort. Ces œuvres ont été diffusées, distribuées et bradées dans le monde entier sous la collection Stories From My Childhood (Les Contes de mon enfance pour les pays francophones). Des modifications fondamentales ont été apportées à ces chefs d’œuvres majeurs, parmi lesquels figurent des classiques tels que La Reine des Neiges, L’Antilope d’or, Le Petit cheval bossu et bien d’autres encore.

L’histoire de l’animation russe est-elle moins importante que celle de l’animation d’outre-atlantique? Tout cela est simplement scandaleux quand on connaît la richesse des productions du studio Soyouzmoultfilm. Comment replacer aujourd’hui une œuvre dans son contexte historique, politique et social si elle n’est plus le reflet de son temps?

Comment en est-on arrivé là? Tout à commencer en 1992, lorsque la société Film by Jove, créée par Oleg Vidov et son épouse Joan Borsten, a acquis les droits internationaux du catalogue d'animation du studio Soyouzmoultfilm dans des conditions avantageuses et plutôt mystérieuses. Cette transaction opaque ainsi que le traitement appliqué aux chefs d’œuvre de l’animation russe par Film by Jove ont conduit le ministère de la culture russe à poursuivre en justice la société d’Oleg Vidov afin de rapatrier cet inestimable patrimoine cinématographique. Il semblerait qu’un accord ait été trouvé en 2007 grâce à l’entremise du milliardaire russe Alicher Ousmanov qui aurait procédé au rachat du fond filmique pour le céder à l’état. Cette expérience désastreuse doit servir de leçon, il ne nous reste plus que trois choses à faire : voir, montrer et transmettre ces films tels qu’ils ont été pensés, produits et réalisés, dans le respect de leur intégrité artistique.

Omar Azaoum

Sélections dans les festivals :
- Les rencontres culturelles Russenko, Le Kremlin-Bicêtre (France), 2013
- Festival international des premiers films "Esprit du feu", Khanty Mansiïsk (Russie), 2007

Images et vidéos
 

Bande annonce en français


Film avec sous-titres anglais