Iossif KHEIFITS
Иосиф ХЕЙФИЦ
Iosif KHEIFITS
Aleksandr ZARKHI
Александр ЗАРХИ
Aleksandr ZARKHY
URSS, 1936, 96mn 
Noir et blanc, fiction
Le Député de la Baltique
▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Депутат Балтики

 

 Deputy for the Baltic Fleet

 Deputat Baltiki

 
Réalisation : Iossif KHEIFITS (Иосиф ХЕЙФИЦ), Aleksandr ZARKHI (Александр ЗАРХИ)
Scénario : Iossif KHEIFITS (Иосиф ХЕЙФИЦ), Leonid LIOUBACHEVSKI (Леонид ЛЮБАШЕВСКИЙ), Leonid RAKHMANOV (Леонид РАХМАНОВ), Aleksandr ZARKHI (Александр ЗАРХИ)
 
Interprétation
Maria DOMACHEVA (Мария ДОМАШЕВА) ...La femme du professeur
Mikhaïl DOUBRAVA (Михаил ДУБРАВА) ...L'apprenti typographe
Oleg JAKOV (Олег ЖАКОВ) ...L'assistant Vorobiev
Stepan KAIOUKOV (Степан КАЮКОВ)
N. KAKHARINOV (Н. КАХАРИНОВ) ...Le concierge
Fiodor KOURIKHINE (Федор КУРИХИН)
Boris LIVANOV (Борис ЛИВАНОВ) ...Botcharov
Alekseï MATOV (Алексей МАТОВ)
A. MAZOURINE (А. МАЗУРИН)
Aleksandr MELNIKOV (Александр МЕЛЬНИКОВ) ...Kouprianov
Nikolaï NADEMSKI (Николай НАДЕМСКИЙ)
Nikolaï TCHERKASSOV (Николай ЧЕРКАСОВ) ...Le professeur Polejaev
 
Images : Edgar CHTYRTSKOBER (Эдгар ШТЫРЦКОБЕР), Mikhaïl KAPLAN (Михаил КАПЛАН)
Musique : Nikolaï_2 TIMOFEEV (Николай_2 ТИМОФЕЕВ)
Ingénieur du son : Arnold CHARGORODSKI (Арнольд ШАРГОРОДСКИЙ)
Production : Lenfilm
Date de sortie en Russie : 27/03/1937
 

Prix et récompenses :
Grand prix des arts décoratifs à Paris, 1937
Prix Staline (II degré) aux réalisateurs, 1941
Médaille au Festival de Venise, 1946

Synopsis
L'action se situe à Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) peu après la révolution de 1917. Les gardes rouges luttent contre la fraude et la spéculation. Le pain et le combustible manquent. La contre-révolution annonce la chute prochaine des Bolcheviks. Le professeur Polejaev publie un article appelant l'intelligentsia à soutenir le peuple. De nombreux collègues et élèves du professeurs réagissent violemment contre ce dernier qui n'est soutenu que par létudiant communiste Botcharov. Mais Lénine encourage personnellement Polejaev qui devient député au soviet de Petrograd des marins de la Baltique et adresse à ceux ci un vibrant appel à défendre les conquêtes de la Révolution d'octobre.
 

Commentaires et bibliographie
 
« Le Député de la Baltique - un film classique des années trente – est désormais condamné à l’indifférence du public. Celui-ci n’est plus sensible à l’apologie des idées révolutionnaires et le pathos de l’époque n’est plus à la mode. Pourtant, il ne faut pas juger l’histoire d’une époque selon des lois d’une autre. Ce film a reçu en son temps deux prix. Le prix Staline, d’abord, qui vint couronner un film de commande réussi et réalisé au moment opportun. Le prix de l’Exposition Universelle de Paris, ensuite, qui appelle une réflexion plus sérieuse. En effet, il révèle que non seulement le stalinisme n’avait pas encore été diagnostiqué en Europe à cette époque, mais qu’en outre, même vers 1937, ce régime totalitaire exerçait un charme certain sur les européens. « Le Député de la Baltique » permet d’en saisir les raisons. Le personnage principal, celui du professeur Polezhaev, dont le modèle fut K. A. Timiryazev, est un intellectuel russe que la routine du quotidien étouffe et qui aspire aux changements. Il appartient à la catégorie de ceux qui acceptèrent d’emblée, sans aucune réserve, la Révolution d’Octobre et qui proclamèrent aussitôt leur choix. […]
Dans une scène, on voit ce personnage se faire élire député du Soviet de Petrograd par les marins de la Flotte de la Baltique. Il s’adresse alors à ceux qui vont prendre la mer pour combattre en débutant son discours par une formule désuète et théoriquement abolie par la Révolution : « Messieurs ! ». En retour, la foule murmure aussitôt. Il insiste alors en précisant : « Je me comprends, Messieurs, c’est bien comme cela que je m’adresse à vous : « Messieurs ! » [NDT : Les formules d’adresse telles que : « Господа! » (« Messieurs ! » ), « Дамы и господа! » (« Mesdames et Messieurs » !) furent considérées par les bolcheviks comme des vestiges d’une Russie bourgeoise et furent changées en « Товарищи!» (« Camarades ! »). On assiste actuellement en Russie au retour aux formules de politesses d’avant la Révolution 1917.]
Tel est le schéma dramaturgique du film. En dépit de son développement inéluctable vers une fin pathétique, vers une conclusion sans ambiguïté, le réalisateur parvient chemin faisant à dégager quelques observations naturelles et à brosser quelques personnages qui sont loin d’être simplistes.
Le personnage de Polezhaev, joué par N. Tcherkassov, mérite sans aucun doute notre attention pour deux raisons : c’est un rôle d’homme âgé confié à un jeune comédien ; c’est aussi un personnage véritablement difficile, dramatique, voire tragique.
Un mélange de lyrisme et d’excentricité, une dimension à la fois pathétique et infantile, tout cela rend la trame du film beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. Car cette œuvre cinématographique est loin d’être seulement un film « pompier. » Il s’agit plutôt d’un récit relatant la vie d’un vieil homme confronté à un moment historique, d’un récit consacré à l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire du XXème siècle.
Irina Chilova. Encyclopédie du cinéma "Kirill et Mefodi («Кирилл и Мефодий»).Traduit du russe par Vera Kolessina

Sélections dans les festivals :
- Festival "Vive le cinéma de Russie", Saint-Pétersbourg (Russie), 2013
- Festival de cinéma russe, Riga (Lettonie), 2008
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005
- Festival international du film de Venise / Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica, Venise (Italie), 1946