Le film s'inspire des poèmes d'Alexandre Blok des années 1910.
Au milieu de la verdure des parcs de Saint-Pétersbourg, la robe blanche d'une belle inconnue scintille. Accompagnés du héros du film, figure emblématique du poète, et d'autres personnages – des clients attablés dans un restaurant –, nous déambulons dans la ville, visitant restaurants, gare et une réception dans une demeure riche et noble. Et partout, nous croisons l'étrangère. Non seulement le héros rêve d'elle, mais aussi le jeune séminariste parlant d'amour, le vieux vendeur d'une miniature où le poète reconnaît son inconnue, et le vieux poète lisant ses poèmes, souvenirs de jeunesse et d'amour… Le poète se tient au bord de la Neva : un joueur d'orgue de Barbarie passe, et une étoile filante traverse le ciel. Une silhouette élancée, presque transparente, vêtue de noir, s'appuie sur la rambarde du quai, non loin du poète. La voilà, presque à portée de main, mais soudain, une autre l'emporte. Le poète croit l'avoir perdue. Dans sa recherche errante, il se retrouve dans une riche demeure pour une réception. Soudain, une femme en noir entre dans la pièce – elle s'est presque matérialisée, son inconnue. Mais en regardant par la fenêtre, il aperçoit à nouveau cette image lumineuse et mystérieuse. Laquelle est-elle, son rêve ? Mais un rêve est comme un nuage ; on ne peut le toucher. La postface du film présente une fois encore les poèmes de Blok dédiés à l'artiste créateur. Le credo de l'artiste, comme le proclamait Blok : « Le monde est beau.» Tout aussi belle est la ville qui a vu naître le poète et sa poésie. Fantaisie et illusion, sublime et vulgaire, s'entremêlent dans le poème « L'Étranger ».