Friedrich ERMLER
Фридрих ЭРМЛЕР
Friedrich ERMLER
URSS, 1945, 108mn 
Noir et blanc, fiction
Le Tournant décisif

Le Grand tournant

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Великий перелом

 

 The Great Turningpoint

 Velikiy perelom

 
Réalisation : Friedrich ERMLER (Фридрих ЭРМЛЕР)
Scénario : Boris TCHIRSKOV (Борис ЧИРСКОВ)
 
Interprétation
Andreï ABRIKOSSOV (Андрей АБРИКОСОВ) ...Krivenko
Piotr ANDRIEVSKI (Пётр АНДРИЕВСКИЙ) ...Le général Vinogradov
Marc BERNES (Марк БЕРНЕС) ...Minoutka
Mikhaïl DERJAVINE (sen.) (Михаил ДЕРЖАВИН (ст.)) ...Le général Mouraviov
Nikolaï KORN (Николай КОРН) ...Le directeur des services de renseignements
Youri TOLOUBEEV (Юрий ТОЛУБЕЕВ) ...Général Lavrov
Pavel VOLKOV (Павел ВОЛКОВ) ...Stepan
Aleksandr ZRAJEVSKI (Александр ЗРАЖЕВСКИЙ) ...Général-lieutenant Panteleev
 
Images : Arkadi KOLTSATY (Аркадий КОЛЬЦАТЫЙ)
Décors : Nikolaï SOUVOROV (Николай СУВОРОВ)
Musique : Gavriil POPOV (Гавриил ПОПОВ)
Ingénieur du son : Nikolaï KOSSAREV (Николай КОСАРЕВ), Aleksandr OSTROVSKI (Александр ОСТРОВСКИЙ)
Production : Lenfilm
Restauration : Mosfilm (1967)
Date de sortie en Russie : 29/01/1946
 

Prix et récompenses :
Grand prix Festival de Cannes, Cannes (France), 1946
Grand Prix International de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques Festival de Cannes, Cannes (France), 1946

Synopsis
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le commandement allemand décide de briser la résistance de la dernière ville russe sur la Volga. Le général Vinogradov est prêt à capituler. Le Haut Commandement nomme à sa place le général Mouravyov, avec ordre de résister coûte que coûte aux attaques de l’ennemi et de préparer la défaite de l’armée fasciste. Les Allemands continuent leurs assauts. Lorsque les services de renseignement annoncent le jour et l’heure de l’attaque décisive, Mouravyov décide d’user les forces ennemies en multipliant les ripostes. Lors de la grande bataille, les forces allemandes sont donc brisées et Mouravyov remporte une victoire triomphale.
 

Commentaires et bibliographie
 
Le Grand Tournant est une transposition fictive de la bataille de Stalingrad. L’idée de faire un film de guerre consacré à un général soviétique avait été conçue dès 1942. Le premier titre envisagé était Un général d’Armée. Puis Ermler et Tchirskov avaient renoncé à leur projet compte tenu des dramatiques revers subis par l’armée pendant la campagne d’été. La bataille de Stalingrad fut l’événement-clé qui raviva l’inspiration du réalisateur et de son scénariste. Mais il leur parut impossible, compte tenu de la proximité des événements, de faire un film historique. Aussi le récit efface-t-il la réalité des événements : la ville de Stalingrad n’est pas nommée et le général Mouravyov est un personnage imaginaire qui réunit les traits de différents généraux contemporains. Les cinéastes n’ont pas tant cherché à montrer des batailles qu’à analyser le drame intérieur vécu par les officiers chargés de prendre des décisions si lourdes de conséquences sur le plan humain et historique. Le film se passe en effet pour l’essentiel dans les locaux des états-majors où les officiers élaboraient des stratégies autour d’une carte. « La question qui se posait était de savoir si nous serions capables de peindre un drame imprégné des passions humaines simplement en montrant les conversations techniques de quelques généraux. Comment pouvions-nous montrer la tension mentale d’un officier qui se penche sur une carte ? De quel combat pouvions-nous affirmer que le sort de notre héros s’y déciderait ? » (F.Ermler, « Ermler et Tchirskov » dans Littérature Soviétique, avril-mai 1946, cité par Jay Leyda, Kino, histoire du cinéma russe et soviétique, Ed. L’Age d’homme, 1976). Les cinéastes se rendirent sur le front, s’entretinrent avec le général Vatoutine et de nombreux officiers subalternes. C’est là qu’ils comprirent l’originalité et la profondeur de leur projet : « Ce qui est surprenant, dit Ermler,c’est que la vie sur le front nous révéla quel genre cinématographique nous avions choisi ; c’est sur le front que nous l’avons compris : nous ne voulions pas faire un film de bataille, mais un film psychologique. » (op.cit.)

L’interprétation par Mikhaîl Derjavine est d’une remarquable vérité : Ermler fit preuve d’une grande exigence et il jugea que Derjavine était prêt lorsque, s’il sortait dans la rue, tous les soldats le saluaient.

Le Grand tournant (ou Le Tournant décisif) fut salué par la critique comme le meilleur film de la fin de la guerre, tourné en URSS.

Sélections dans les festivals :
- L'URSS des cinéastes à la Cinémathèque française. 1917-1945 : deuxième partie, Paris (France), 2017
- Zoom arrière. Cinémathèque de Toulouse, Toulouse (France), 2015
- Rétrospective de cinéma russe au Reflet Médicis, Paris (France), 2010
- Festival de Cannes, Cannes (France), 1946