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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Aleksandr VELEDINSKI
Александр ВЕЛЕДИНСКИЙ
Aleksandr VELEDINSKY
 
Russie, 2004, 120 mn 
Couleur, fiction

Russe

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Русское

 

 Ruskoe

 Ruskoe


 
Réalisation : Aleksandr VELEDINSKI (Александр ВЕЛЕДИНСКИЙ)
Scénario : Aleksandr VELEDINSKI (Александр ВЕЛЕДИНСКИЙ)
D'après la trilogie d’Edouard Limonov sur Kharkov, L’Adolescent Savenko, Le Loubard, On a vécu une grande époque
 
Interprétation
Olga ARNTGOLTZ (Ольга АРНТГОЛЬЦ)
Valeri BARINOV (Валерий БАРИНОВ)
Alekseï CHEVTCHENKOV (Алексей ШЕВЧЕНКОВ)
Dmitri DIOUJEV (Дмитрий ДЮЖЕВ)
Mikhaïl EFIMOV (Михаил ЕФИМОВ)
Evdokia GUERMANOVA (Евдокия ГЕРМАНОВА)
Maksim LAGACHKINE (Максим ЛАГАШКИН)
Olga MACHNAIA (Ольга МАШНАЯ)
Viktor RAKOV (Виктор РАКОВ)
Andreï RAPOPORT (Андрей РАПОПОРТ)
Vladimir STEKLOV (Владимир СТЕКЛОВ)
Andreï TCHADOV (Андрей ЧАДОВ)
Ivan TIMTCHENKO (Иван ТИМЧЕНКО)
 
Images : Pavel IGNATOV (Павел ИГНАТОВ)
Décors : Ilia AMOURSKI (Илья АМУРСКИЙ)
Produit par : Maksim LAGACHKINE (Максим ЛАГАШКИН), Sergueï TCHLIANTS (Сергей ЧЛИЯНЦ)
Production : Pygmalion Production, Cinemafor (Синемафор) / Trial-blok (Триал-блок)
 
Format : 35 mm

Prix et récompenses :
Prix spécial du Jury Festival ''Cinéma et littérature'', Gatchina (Russie), 2005
Prix de la Guilde des critiques et historiens du cinéma Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'' , Vyborg (Russie), 2004
Meilleur rôle masculin Alekseï TCHADOV , Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2004

Synopsis
Kharkov, fin des années 1950. Eddie Stenkov est un jeune homme au regard clair, généreux, où s’exprime la richesse de sa vie intérieure. Il est poète et dit ses poèmes sur la place publique, au pied d’une monumentale sculpture stalinienne, édifiée à la gloire des héros du peuple. Il est amoureux d’une jeune fille dont la grâce et l’élégance réservée contrastent avec la légèreté des mœurs qu’on lui prête, et dont sa propre mère donne l’exemple. La délicatesse des sentiments de Stenkov s’accommode mal avec la misère de son environnement, et de son milieu. Les immeubles de son quartier sont lépreux, les terrains vagues disputent l’espace aux chantiers hostiles. Ses amis sont de jeunes délinquants, qui cassent les vitrines des magasins pour se procurer de la vodka et pour qui l’amour n’est qu’un jeu trivial. Sa mère est une femme faible et frileusement repliée dans son faux confort de petite-bourgeoise de pacotille. La jeune fille qu’il aime se refuse à lui parce qu’il est pauvre : elle exige de lui une invitation au restaurant en guise de preuve d’amour. Stenkov essaie en vain d’obtenir de sa mère la somme nécessaire, puis tente de petits cambriolages pour se procurer les deux cents roubles susceptibles de lui procurer le bonheur amoureux. Mais il n’y parvient pas, et il se réfugie dans la lecture des œuvres du poète Blok, dont un ami, à qui il a donné ses quelques roubles, lui a fait cadeau. Enfin il se décide à frapper à la porte de son amie. Celle-ci se déshabille, décidée à se donner à lui, mais lorsqu’elle ouvre, Stenkov s’est déjà enfui et s’est taillé les veines. Découvert par la police, il est emmené à l’hôpital psychiatrique où on l’interne dans une chambre d’adultes, parce qu’il n’y a pas de place dans le secteur des enfants. Il fait alors l’expérience de la détresse mentale dont souffrent les malades dont il partage le sort. Masturbation obsessionnelle de l’un, hébétude de l’autre, clairvoyance cynique d’un troisième qui lui explique que le traitement de choc administré aux patients, « la piqûre de soufre », les condamne définitivement à l’aliénation. Stenkov veut sortir de l’hôpital : il affirme au médecin qu’il est en parfaite santé, il dit qu’il préfère la déportation en Sibérie à l’internement, il tente de faire intervenir sa mère. Mais il se heurte à la conspiration des adultes qui voient dans l’enfermement psychiatrique la réponse aux difficultés que suscite la rébellion du jeune homme à l’ordre de la misère dans laquelle son milieu social et moral veut l’enfermer. Une évasion ratée le contraint à une résignation que les visites de sa mère ne soulagent pas, non plus que celles de son amie, proche et lointaine, étrangère, dit-elle, au sentiment de l’amour. C’est enfin son père qui, après l’avoir fait interner par devoir, vient le délivrer par amour.
 

Commentaires et bibliographie
 
Le film s’ouvre sur cette phrase : « Les mauvaises habitudes des Russes ne font pas leur bonheur ». Un commentaire du réalisateur, Aleksandr Vélindiski, peut éclairer ce propos : « N’importe qui pourrait être à la place du personnage principal du film- ce n’est pas forcément quelqu’un qui pourrait dans notre esprit ressembler à Limonov…Un poète, un voyou- selon moi c’est un caractère très russe. Le mal et le bien s’accommodent dans le même homme, l’un nourrit l’autre… » En effet, Stenkov est doué d’une pureté spirituelle qui semble favoriser sa chute dans la médiocrité et dans l’obscénité. Généreux, il est veule, et se laisse porter par ses passions, pour la satisfaction desquelles il ne peut imaginer d’autres moyens que ceux du milieu dans lequel il vit : expédients, mensonges, paresse, et abdication de soi.
Tableau de mœurs des années 60, le film se refuse à toute analyse politique : pas de lutte de classe, pas d’opinions sur le pouvoir soviétique. On est témoin de la mise en scène absurde d’un désordre matériel, social et moral que des institutions bornées étouffent sans le régler : l’uniforme des policiers comme la blouse blanche du personnel hospitalier valent pour une armure vide d’humanité.
Le rythme du film souligne le délire collectif qui semble emporter les désirs sans suite des individus : les séquences font alterner les événements et les cauchemars qui les fondent. Stenkov rêve de sa mère, femme retenue et appliquée, comme d’une mère incestueuse et dévoratrice. Le médecin qui le soigne se transforme en monstre prédateur, lui-même, Stenkov, se métamorphose en son vieux voisin de chambre, abruti par les traitements qu’on lui inflige. La folie est contagieuse. Une insoutenable scène de rue pourrait servir d’emblème à cette vie déboussolée : une femme se déchaîne sous les regards indifférents des passants. Elle hurle, jette des objets sur le public attroupé. La poésie de l’amour pourtant, celle qui anime le jeune Stenkov, murmure tout au long du film, à travers la musique, les chansons et les poèmes qui donnent au héros la liberté que la vie lui refuse.

Sélections dans les festivals :
- Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2007
- Festival Kinoblick, Stuttgart (Allemagne), 2005
- Festival ''Cinéma et littérature'', Gatchina (Russie), 2005
- Semaine de cinéma russe à Paris : Regards de Russie, Paris (France), 2004
- Festival du cinéma russe à Honfleur, Honfleur (France), 2004
- Festival de cinéma russe ''Une fenêtre sur l'Europe'' , Vyborg (Russie), 2004
- Festival de cinéma russe ''Premières de Moscou'', Moscou (Russie), 2004
- Festival international du film de Moscou, Moscou (Russie), 2004


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