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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Dziga VERTOV
Дзига ВЕРТОВ
Dziga VERTOV
 
URSS, 1928, 46 mn 
Noir et blanc, muet, documentaire

La Onzième année

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Одиннадцатый

 

 The Eleventh Year

 Odinadtsaty


 
Réalisation : Dziga VERTOV (Дзига ВЕРТОВ)
Images : Mikhaïl KAUFMAN (Михаил КАУФМАН)
Production : Département du cinéma et de photographie d’Ukraine ( ВУФКУ- Всеукраинское фотокиноуправление)
Date de sortie en Russie : 1928
 

DVD avec sous-titres
Editeur : Filmmuseum. 2010.
Intertitres en russe, anglais, allemand

Synopsis
Dziga Vertov consacre son film au onzième anniversaire de la révolution d’Octobre. L’idée du film est de montrer l’Union Soviétique dans sa transformation d’un pays économiquement faible en puissance industrielle. L’exemple pris par Vertov est la construction de la centrale hydroélectrique de Dniepr, qui devrait fournir l’énergie à l’Ukraine. En même temps Vertov inclut dans le film des images des grands chantiers industriels du pays.
 

Commentaires et bibliographie
Dziga Vertov, la Sixième Partie du monde, la Onzième Année | Albrecht Viktor Blum, Leo Lania, Dans l’ombre de la machine, DVD, Edition filmmuseum, 2010, François ALBERA, 1895.revues.org, 2010
Les origines du cinéma soviétique : un regard neuf, Myriam TSIKOUNAS, Cerf, 1992
 
En butte à la censure du Goskino moscovite, Dziga Vertov est invité en 1927 par la VOUFKOU à travailler en Ukraine, où il conclut un accord pour la réalisation d’un documentaire célébrant l'industrialisation du pays à travers la construction d'une centrale hydroélectrique sur le Dniepr, l’électrification des campagnes, les charbonnages et fonderies, la société mutant vers le militantisme communiste. Vertov parle de son film comme d’un opus réalisé de manière spontané, sans scénario, dans un langage socialiste cinématographiquement pur où s’entremêlent photographie et surimpressions et où l’emploi d’images doubles qui s’empiètent à différents rythmes, crée la véritable dynamique du film. C’est la première partie du film qui est la plus intéressante, puisqu’elle enregistre sous tous les angles le dynamitage du saut Nenasytets sur le Dniepr. La construction entre 1927 et 1932 de la plus grande station hydro-électrique d’Europe devait inonder les sauts du Dniepr et engloutir à jamais le patrimoine archéologique. À cet effet, le célèbre ethnographe Dmytro Yavornytskyi procéda en toute hâte aux ultimes fouilles de l’île de la Khortytsia qui contenait des trésors sarmates, scythes et cosaques. La superbe image récurrente d’un squelette scythe reposant en chien de fusil donne le ton au film : le passage de l’ancien au nouveau. Suspecté de formalisme, le film restera le moins connu des trois opus que Vertov réalisera en Ukraine, bien que dix mille spectateurs le virent durant les trois premiers jours de projection.

La Onzième année a aussi une autre histoire. Lorsque Vertov le présenta en Allemagne en mai 1929, la presse l’accusa de plagiat. Vertov aurait emprunté impunément des scènes, tirées du documentaire allemand de Albrecht Viktor Blum et Leo Lania Im Schatten der Maschine (Dans l‘ombre des machines). Vertov resta perplexe parce que le contraire était vrai aussi : son film n'avait pas encore été montré en Allemagne, et avait été dépouillé par Blum et Lania pour leur propre compilation. En effet, l’activiste communiste autrichien Albrecht Viktor Blum avait été engagé par la Volksfilmverband pour réaliser un court métrage sur un scénario de Leo Lania. Ce court métrage devait être un recueil d’extraits de films ukrainiens inédits et de quelques séquences américaines sur la base de 50 à 60 films visionnés. Le film de Blum s’appuyait principalement sur la cinquième partie du film de Dovjenko Zvenyhora (1928) – le réalisateur ukrainien lui-même s’était servi dans les stocks shot de ses collègues documentaristes -, et sur la dernière partie du film de Vertov La Onzième année. En réalité, Blum avait intégré dans son propre film, à partir du film de Vertov, 282 pieds (3'50’’ à raison de 20 images par seconde), presque inchangés. Ceci incita Vertov à récuser ces accusations dans la presse, bien que la Commission du Commerce Soviétique voulût étouffer l'affaire pour des raisons politiques. Du point de vue juridique, Vertov considéra l'affaire comme un plagiat et une infraction au copyright. De son côté, Blum déclara que son patron, la Weltfilm, l'avait empêché de citer les sources de son film à cause de la réglementation des quotas d’importation. Pour être déclaré allemand par le Comité de censure, le film devait être libre de toute matière étrangère. Mais autant que Blum, Dziga Vertov avait certainement visionné plusieurs travaux de ses collègues ukrainiens et s’en était approprié certains passages. La construction du barrage sur le Dniepr avait ameuté une foule d’équipes de tournage pour les actualités filmées de l’époque. Le documentaire Dniprohès de Hlib Zatvornytskyi exaltait la première grande édification jamais réalisée en Ukraine. Le réalisateur russe Victor Tourine, qui travailla en Ukraine entre 1924 et 1927, avait inclus des plans du Dniproboud dans son film de production kazakhe Turksib. Arnold Kordioum qui se préparait à tourner son film Le Vent des rapides, anticipa sa fiction avec le documentaire Bétonnage sur le Dniepr. C’est aussi à cette époque que Léonide Mohylevskyi, le futur Léonide Moguy, chef-monteur aux actualités et chroniques filmées de la VOUFKOU, signa à partir de 40 000 mètres de bandes d’actualités archivées ou privées les docus Comment c’était et Documents d’époque. Réalisé onze ans après la prise du pouvoir par les bolcheviks en Ukraine,La Onzième année est un autre exemple pratique de documentaire dans lequel le concept du reportage supplante celui de la propagande.
Lubomir Hosejko

Sélections dans les festivals :
- Festival de Cinéma Européen Indépendant VOICES, Vologda (Russie), 2015
- Cycle l'avant-garde russe : 1924-1930, Grenoble (France), 2011
- Europalia Russia 2005, Bruxelles (Belgique), 2005

Images et vidéos
 




 


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