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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Yaroslav LOUPI
Ярослав ЛУПИЙ
Yaroslav LUPIY
 
URSS (Ukraine), 1987, 100 mn 
Couleur, fiction

Daniel de Galicie

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Даниил - князь Галицкий

 

 Daniil - Knyaz Galitskiy

 Daniil - Knyaz Galitskiy


 
Réalisation : Yaroslav LOUPI (Ярослав ЛУПИЙ)
Scénario : Yaroslav LOUPI (Ярослав ЛУПИЙ), Oles LOUPI (Олесь ЛУПИЙ)
 
Interprétation
Bolot BEICHENALIEV (Болот БЕЙШЕНАЛИЕВ)
Sergueï BYSTRITSKI (Сергей БЫСТРИЦКИЙ) ...Lev
Ivan GAVRILIOUK (Иван ГАВРИЛЮК) ...Volynski
Mikhaïl GORNOSTAL (Михаил ГОРНОСТАЛЬ) ...Vychgorodski
Youri GREBENCHTCHIKOV (Юрий ГРЕБЕНЩИКОВ) ...Avdeï
Nourmoukhan JANTOURINE (Нурмухан ЖАНТУРИН) ...Baty
Vera KOUZNETSOVA (Вера КУЗНЕЦОВА) ...la princesse Anna Galitskaïa
Oles LOUPI (Олесь ЛУПИЙ)
Ernst ROMANOV (Эрнст РОМАНОВ) ...le roi Bela IV
Bogdan STOUPKA (Богдан СТУПКА) ...Souditch
 
Images : Viktor KROUTINE (Виктор КРУТИН)
Décors : Evgueni LYSSIK (Евгений ЛЫСИК)
Musique : Vladimir GOUBA (Владимир ГУБА)
Ingénieur du son : Anatoli NETREBENKO (Анатолий НЕТРЕБЕНКО)
Production : Studio d'Odessa
 

Synopsis
Au XIIIème siècle, Daniel, l’éminent souverain de l’État de Galicie-Volhynie, est le dernier prince à résister à la Horde de Batou. Inféodé, Daniel tente de former une coalition avec le Pape, le roi de Hongrie, les princes de Pologne et de Lituanie. Mais le projet d’une croisade des puissances catholiques échoue. En 1255, Daniel repousse seul une ultime fois les hordes mongoles des marches de l’Europe.
 

Commentaires et bibliographie
 
Lancée en 1985 par Mikhaïl Gorbatchev, la perestroïka ne tarda pas à inciter l’industrie du cinéma à se restructurer en unités de production indépendantes. Bien que la liberté de création, définie au mois de mai 1986 par le Vème Congrès de l’Union des cinéastes de l’URSS, s’avéra totale, depuis la conception jusqu’à la commercialisation des films, la carence en matière scénaristique freina inévitablement la réforme proposée par le Syndicat des cinéastes ukrainiens - passer à l’autofinancement et à l’économie du marché. La situation était telle que la Commission d’attribution du Prix Dovjenko pour le meilleur scénario décida de ne pas le décerner en 1987, faute de sujets valables. Cependant, dans le paysage débridé de la perestroïka, la première hirondelle du printemps arriva du Studio d’Odessa, qui de tout temps avait cultivé la différence avec les studios de la capitale, en livrant un film de Yaroslav Loupiї sur l’histoire de l’Ukraine du Moyen-âge, Daniel de Galicie. Impensable de part son sujet il y a quelques années encore, la réalisation du film rencontra néanmoins des résistances bureaucratiques, réactivées pour la circonstance. Récrit inlassablement depuis huit ans, le scénario de l’écrivain Olès Loupiї, frère du réalisateur, mettait en lumière une page essentielle de l’histoire de l’Ukraine à l’époque où sa partie occidentale aurait pu devenir une place forte de l’Europe et restaurer l’autorité des princes kiéviens. Tournant in situ en pleine ébullition indépendantiste – Loupiї est originaire de la région de Lviv -, le réalisateur se heurta aux apparatchiks locaux paniqués. Même le directeur de production, Olga Senina, fut atterré par les atermoiements de l’administration qui repoussait sans cesse les autorisations de tournage. Paradoxalement, on lui fit croire qu’il n’y avait plus en Galicie de prairies ou de champs en jachère, de chemins vicinaux sans poteaux électriques, de paysages écologiquement propres, sans cheminées et sans avions agricoles. Comme pour La Terre de Dovjenko, mais pour d’autres raisons, on ne pouvait trouver une paire de bœufs dans toute la région, et c’est de la lointaine Russie que furent acheminés des chevaux. L’acteur Ivan Havrylouk, qui tenait le rôle du prince Vassylko, fut même pris à partie par le KGB qui fouilla son passé pour savoir si certains membres de sa famille n’avaient pas frayés avec les nationalistes. Et pourtant, le film de Loupiї n’avait rien de l’idéalisation historique trop souvent reprochée au cinéma ukrainien. Au moment où commençaient à craquer les fondements de l’empire soviétique, il focalisait sur le thème du rassemblement des terres slaves, prenait ses distances avec l’Église uniate, et ne revenait pas sur les campagnes de Daniel contre les Hongrois, les Polonais et les Teutons, dont les descendants restaient des alliés temporels au sein du Pacte de Varsovie. Très proche de Zakhar Berkout par son thème, sa facture et sa composition musicale que signa Volodymyr Houba, Daniel de Galicie représentait une œuvre rare dans le cinéma ukrainien avec, dans le rôle-titre, l’acteur russe Victor Yevgrafov qui avait fait une courte apparition dans le film Yaroslavna, reine de France de Igor Maslennikov (1983). Dans des tonalités sombres et sans interprétation normative, Yevgrafov imprima un regard d’une grande noblesse, avivé par la prescience du futur, et s’acquit de son rôle dans un ukrainien parfait. Pour les historiens, Daniel de Galicie est considéré comme l’un des tout premiers films-phare ukrainiens émergeant via la perestroïka.
Lubomir Hosejko

Images et vidéos
 
 


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