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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Oles YANTCHOUK
Олесь ЯНЧУК
Oles YANCHUK
 
Ukraine, 1995, 110 mn 
Couleur, noir et blanc, fiction

L'Attentat

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Атентат. Осеннее убийство в Мюнхене

 

 Atentat. Osennee ybiyctvo

 Atentat. Osennee ybiyctvo


Autres titres : Атентат. Осіннє вбивство в Мюнхені
 
Réalisation : Oles YANTCHOUK (Олесь ЯНЧУК)
Scénario : Vassili PORTIAK (Василий ПОРТЯК)
 
Interprétation
Valeri LEGUINE (Валерий ЛЕГИН)
Marina MOGUILEVSKAIA (Марина МОГИЛЕВСКАЯ)
Yaroslav MOUKA (Ярослав МУКА)
Orest OGORODNIK (Орест ОГОРОДНИК)
 
Images : Vassili BORODINE (Василий БОРОДИН)
Décors : Vitali CHAVEL (Виталий ШАВЕЛЬ)
Musique : Vladimir GRONSKI (Владимир ГРОНСКИЙ)
Produit par : Oles YANTCHOUK (Олесь ЯНЧУК)
Production : Studio Dovjenko
 

Synopsis
Alors que la Seconde Guerre mondiale est terminée, l’UPA (Armée Insurrectionnelle ukrainienne) se bat toujours contre l’envahisseur soviétique. Harcelés par les régiments du MVD, des groupes de résistants réussissent à gagner l’Occident pour déposer leurs armes aux Américains et crier au monde la barbarie des Soviétiques. À Munich, où vit dans la clandestinité le chef de l’organisation nationaliste, Stépan Bandera, et d’où il dirige la résistance, les services secrets soviétiques s’activent. Un agent secret prépare un attentat contre lui.
 

Commentaires et bibliographie
 
Les obstacles financiers que rencontre le réalisateur Olès Yantchouk lors de la préparation de son second long métrage, L’Attentat, sont révélateurs du favoritisme entretenu dans les studios de la capitale. S’agissant de traiter un thème aussi sensible que la résistance du maquis nationaliste de Bandera, le jeune cinéaste a visiblement moins de chance d’obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de son film que, par exemple, le vétéran Hryhoriї Kokhan, qui réalise sans peine Aurores perdues, l’histoire de kolkhoziens aidant l’UPA contre l’ennemi bolchevique. Pourtant, Yantchouk réussit à monter le financement de la production grâce à un heureux concours de circonstances. Invité au Festival du Film forum de New York, Yantchouk avait présenté son premier opus, Famine 33, le 15 décembre 1993, le jour même où passait La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Le lendemain des articles sur les deux films étaient publiés dans le New York Times, le Daily News et le New York Post. L’énorme différence entre les deux budgets était frappante : 28 millions de dollars pour le film de l’Américain et seulement 150 000 pour celui de Yantchouk. Cette information flatta le lobby ukrainien des États-Unis et plus particulièrement l’Ukrainian Congress Committee of America. La majeure partie du budget pour le nouveau film de Yantchouk fut sitôt réunie par d’anciens résistants émigrés. Aussi, parce qu’il s’était vu refuser le financement de son projet par Serge Vorobiov, directeur des Studios Alexandre Dovjenko, au profit de Kokhan, Yantchouk créa sa propre unité de production, l’Olès Film.
Yantchouk, qui n’a pas connu cette sombre période de l’Histoire, se charge de redorer l’image de l’UPA ternie par les services de propagande soviétiques. Assisté dans son travail de recherche par le scénariste spécialisé en la matière, Vassyl Portak, le réalisateur restitue de manière très documentée la lutte des nationalistes ukrainiens contre l’Armée Rouge à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. L’action débute en 1947, où l’UPA adopte de nouvelles formes de combat et remonte jusqu’en 1959, l’année où le chef des indépendantistes Stépan Bandera est assassiné à Munich par Bohdan Stachynskyi, un agent du KGB. Le film est enregistré en noir et blanc, hormis le prologue et l’épilogue, pour des raisons stylistiques que suscite cette armée de l’ombre habillée d’uniformes hétéroclites, mais aussi pour éviter l’écueil de l’effet carte postale que peuvent donner les splendides paysages des Carpathes. L’Attentat est tourné aux Studios Alexandre Dovjenko, sur la base d’un partenariat, mais n’a aucune chance d’exploitation commerciale en Ukraine, hormis en Galicie, tout comme les documentaires sur l’UPA et Stépan Bandera de Alexandre Kossynov et Mykhaїlo Satchenko, de Léonide Moujouk ou de Mykhaїlo Djyndjyrystyi. Véritable sosie de Bandera, l’acteur Yaroslav Mouka, incarne son rôle de manière convaincante et inspirée.
Tourné dans l’esprit des fictions de ses collègues, tels Le Dernier bunker de Vadim Illienko, Aurores perdues de Hryhoriї Kokhan, Nuits rouges de Arkadiї Mykoulskyi, Pas de glas pour nos morts de Mykola Fédiouk, ou L’Or des Carpathes de Victor Jyvoloub, ce second long métrage de Yantchouk reste le point de départ d’un postulat, d’une carrière vouée au thème de la lutte des indépendantistes ukrainiens, notamment avec L’Indompté (2001) et La Compagnie héroїque (2004). Ces films sont emprunts de patriotisme et d’héroïsme, de sentiment individuel revanchard ne relevant pas forcément d’une idéologie affirmée, mais d’une volonté froide et militante de rappel des contentieux dans la mémoire collective.
Lubomir Hosejko


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