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Les titres et noms en gras renvoient à des fiches plus complètes
Mikhaïl KAUFMAN
Михаил КАУФМАН
Mikhail KAUFMAN
 
URSS, 1929, 1794 m 
Noir et blanc, documentaire

Au printemps

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Весной

 

 In Spring

 Vesnoy


 
Réalisation : Mikhaïl KAUFMAN (Михаил КАУФМАН)
Scénario : Mikhaïl KAUFMAN (Михаил КАУФМАН)
Images : Mikhaïl KAUFMAN (Михаил КАУФМАН)
Production : VUFKU (Direction du cinéma et de la photographie d’Ukraine) ( ВУФКУ- Всеукраинское фотокиноуправление)
Date de sortie en Russie : 1930
 

A noter :
Voir le dossier spécial par Elena Kvassova-Duffort

Synopsis
Kaufman consacre son film au printemps et lie le printemps aux différents situations de la vie quotidienne : la fête de Pâques, exercices de sport, danses, funérailles. Le film devait montrer non seulement l’arrivée du printemps en tant que saison, mais aussi le printemps de la société, de la jeune République Soviétique.
 

Commentaires et bibliographie
Joie de vivre. Printemps (Весной) de Mikhail Kaufman, Elena KVASSOVA-DUFFORT, kinoglaz.fr, 2005
 
Mikhail Kaufman a longtemps travaillé avec son frère aîné Dziga Vertov comme cameraman et participé au tournage de films tels que L'Homme à la camera, Kino-Glaz et La Sixième partie du monde. En 1929 leurs chemins se séparent et Kaufman tourne son film Au printemps en tant que réalisateur. La critique considère ce film comme une réponse à L’Homme à la caméra (1929) de Vertov, film que Kaufman trouvait très peu réussi. Son point de vue il le formulera plus tard dans son unique article sur la théorie du cinéma « Kinoanalis ».
La particularité du film est sa structure rythmique, certaines parties font penser à une partition musicale.

"En 1930, en Ukraine, Au printemps fit sur nous, comme La Terre, une profonde impression (...) Avec Au printemps nous avons découvert une forme de documentaire toute nouvelle, le ciné-poème, où, sur le thème lyrique du dégel et des premiers bourgeons, on donnait la marche en avant de l'URSS, vers le socialisme, sans cacher pourtant les survivances du passé".
Georges Sadoul Histoire du cinéma.

"Entré en conflit ouvert avec son frère Dziga Vertov dès la sortie du film L’Homme à la caméra, principalement pour des raisons esthétiques concernant la structure du film, Mikhaïl Kaufman tourne son propre documentaire, Au printemps, où l’on découvre le Kiev de 1929, ses habitants, leur quotidien, leurs pratiques sociales et religieuses, leurs loisirs, peu avant le grand tournant annoncé par Staline en décembre de la même année. L’opus s’inscrit en marge des symphonies urbaines (New York 1911 de Julius Jaenzon, Manhatta de Paul Strand et du peintre Charles Sheeler, Rien que les heures d’Alberto Cavalcanti, 24 heures en trente minutes de Jean Lods et Boris Kaufman, Moscou du même Mikhaïl Kaufman, L’Homme à la caméra de Vertov, Berlin, symphonie d’une grande ville de Walter Ruttmann) dont la particularité est de mettre en avant la foule, l’architecture et les moyens de transport et dont la trame diégétique se décline de l’aube à la nuit. Ici, cette trame s’étale sur un temps plus long et s’attarde sur un espace anthropologique régi par ses nouveaux rites. Si dans L’Homme à la caméra Vertov montrait des personnages à travers la ville et sa complexité, en revanche, dans son nouvel opus, Mikhaïl Kaufman les réduit à une échelle plus humaine tout en ne s’écartant pas des principes du manifeste des kinoks. Pour lui, le réalisateur stimule le tournage, certes, mais celui qui le réalise reste l’opérateur. Beaucoup moins chaotique sur le plan du montage, Au printemps est un ciné-poème qui porte un regard subjectif et contemplatif sur l’individu et ses sentiments, mais aussi sur une société voulue sans classes à la fin de la NEP. Contrairement à l’obsession de Vertov pour le machinisme, Kaufman livre, sans pourtant s’y soustraire totalement, une œuvre lyrique chargée de poésie vitaliste qui constitue une sorte d’hymne à la vie, à la lumière, à la joie de vivre. Les images aériennes de la ville de Kiev sous la neige, assez rares pour l’époque, et celles des faubourgs de la rive gauche du Dniepr inondés par la crue, sont d’une extrême beauté. Kaufman y insère des images tournées auparavant, ce qui lui vaut des accusations de plagiat de la part de Vertov. Il utilise souvent des objectifs à longue focale pour suivre les gens dans leurs déplacements, capter les visages d’enfants, et pour souligner le rôle important du deuxième et troisième plan. Avec parcimonie, il pratique la double exposition, l’accélération et le ralenti, le passage de l’image nette à l’image floue et l’inverse, l’arrêt sur image. Kaufman inclut aussi dans son film des images d’animation satirique, pour montrer que les rites anciens ne sont rien d’autre qu’un spectacle de marionnettes et de trucage. Les images du poisson ou du cochon, effrayés par la perspective d’être transformés en nourriture pour la fête de Pâques, restent désopilantes par rapport à l’esthétique du film. S’appuyant sur le montage dialectique, Mikhaïl Kaufman oppose les symboles de la société nouvelle aux symboles de la société ancienne – ainsi les images des sportifs à celles des ivrognes, la Fête du Premier mai, avec danses populaires et défilés du Komsomol, aux fêtes pascales. Plus accentuée que dans L’Homme à la caméra, l’ukrainisation de l’espace économique, social et culturel abonde sur les enseignes, les panneaux publicitaires, les signalétiques et autres slogans de propagande. Métaphorique, ce documentaire à message idéologique reste incompris du public et est taxé de biologisme par la critique.
Dans le cadre du cycle des performances Kolo Dziga, organisé par le Centre National Alexandre Dovjenko de Kiev à l’occasion du 90-ème anniversaire de la Direction Générale de la Cinématographie et Photographie d’Ukraine (VOUFKOU), une création musicale originale a été réalisée par le compositeur Alexandre Kokhanovskyi autour de ce documentaire récemment restauré. Deuxième film du cycle Kolo Dziga enregistré en live, Au printemp a été présenté en ciné-concert le 28 mars 2012, au Centre d’Art Contemporain de Kiev M 17."
Lubomir Hosejko

Images et vidéos
 




 


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