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KINOJUDAICA Toulouse : 3-15 March 2009



 

    

 


 

KINOJUDAÏCA

L'image des Juifs dans le cinéma de Russie et d'Union soviétique
des années 1910 aux années 1960

Du 3 au 15 mars 2009 : projection de 31 films
Du 12 au 13 mars 2009 : colloque international

Détails et horaires


Collaboration entre la Cinémathèque de Toulouse et le Gosfilmofond (Moscou)
Responsables scientifiques : Valérie Pozner et Natacha Laurent


Une partie de cette programmation sera également présentée à Paris :
- au Musée d’art et d’histoire du judaïsme le 8 mars 2009
- au Mémorial de la Shoah du 15 au 22 mars 2009


Interview de Natacha LAURENT, historienne du cinéma, Déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse et de Valérie POZNER, historienne du cinéma, Chargée de recherches au CNRS (Аrias)

▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Les textes de présentation ci-dessous proviennent des organisateurs, les liens renvoient à des fiches de kinoglaz.fr
Tous les films seront projetés avec un sous-titrage électronique en français.


Évoquée de manière frontale ou allusive, parfois anecdotique, souvent ambivalente, à travers la situation des Juifs en URSS ou à l’étranger (dans l’Allemagne du IIIe Reich notamment), la thématique juive concerne, d’après le travail que nous avons effectué dans les archives russes, plus d’une centaine de longs et courts métrages, documentaires et fictions, produits dans les studios de Russie, d’Ukraine (VUFKU) et de Biélorussie (Belgoskino, implanté à Leningrad avant la Seconde Guerre mondiale). Nous avons sélectionné 31 titres représentatifs de l’ensemble de cette production, que nous allons présenter en 20 programmes – chacun de ces programmes constituant une séance de cinéma d’une durée comprise entre une et deux heures.

La présentation qui suit est organisée chronologiquement. Les programmes 2, 3, 4, 5, 6, 7, 12 et 16 sont structurés autour d’un thème particulier. Les films sont issus principalement des Archives de Russie (Gosfilmofond et Archives de la Fédération de Russie de films documentaires et de photos).



The Life of the Jews in Palestine, 1913

(Жизнь Евреев в Палестине)


(Noah ?) SOKOLOVSKY
((Ноах ?) СОКОЛОВСКИЙ)


Documentaire, Odessa, 1h30.

Tourné en partie en Palestine par une équipe d’Odessa. À l’époque grosse production, le film fit le tour des communautés juives du monde.

 

2) Mélodrame juif vu de l’intérieur - vu de l’extérieur / Еврейская мелодрамма, взгляд изнутри и снаружи


Where is the Truth ? / The Tragedy of a Jewish Girl-Student, 1913

(Где правда?)


UNKNOWN
( НЕИЗВЕСТНЫЙ)


Fiction, Riga, 41 mn.

Les cartons manquants seront remplacés par des résumés de l’action, placés sous forme d’intertitres en russe au début de chaque bobine. Restauration Gosfilmofond.
Mélodrame tourné par un producteur juif de Riga, montrant les malheurs d’une jeune étudiante en butte à la législation impériale. Orpheline (ses parents sont morts dans le pogrome de Kichinev), elle vient faire des études à Riga, mais la police lui cherche noise (elle n’a pas le droit de résidence) et elle doit se faire enregistrer comme prostituée. Elle est arrêtée par erreur, perd la raison en prison, et malgré l’intervention de son fiancé qui la fait libérer – elle meurt. Tournage très artisanal, s’inspirant d’une pièce de théâtre populaire juif (de Shajkevich / Shomer).



Gore Sarry, 1913

(Горе Сарры)


Aleksandr ARKATOV
(Александр АРКАТОВ)


Fiction, Moscou, 22mn.

Mélo russe exploitant l’exotisme des règles traditionnelles de la vie des communautés juives : un couple sans enfants est contraint au bout de dix ans de vie commune de se séparer. Mise en scène du conseil des anciens, chagrin des époux soumis à l’inhumaine loi. Le mari (joué par Mosjoukine) finit par mourir. On s’aperçoit, mais un peu tard, que Sarah attendait un enfant… Le réalisateur juif Alexandre Arkatov entra chez Khanjonkov et le décida à tourner ce premier film à sujet juif.


3) Changer sa destinée / изменить судьбу


Scènes de la vie juive , 1912
Из еврейской жизни

Film non identifié

Fiction, 20mn.

Un jeune juif fait, en ville, connaissance d’une femme de mœurs légères. Rentré dans son shtetl, il est victime de l’opprobre générale. Rejeté par son père, il se suicide.



Leon Drey, 1915

(Леон Дрей)


Yevgeni BAUER
(Евгений БАУЭР)


Fiction, Moscou, 60 mn.

Le film était conservé sans les cartons. Les cartons rajoutés pour la copie présentée à Toulouse résument l’action et seront placés en début de bobine. Ils ont été rédigés par Svetlana Skovorodnikova et Valérie Pozner à partir du roman.
Léon Drey est une adaptation d’un roman du populaire auteur juif odessite Semion Jushkevich.

Arriviste, issu d’un milieu très simple, Léon Drey fait une ascension fulgurante en séduisant toutes les femmes riches de la ville. Jouisseur et sans complexe, il fait des ravages dans les cœurs de ces dames, qu’elles soient honnêtes ou moins. Joué par un Russe (Nikolai Radine), qui fut préféré à Mosjoukine (raison pour laquelle ce dernier quitta le studio), avec quelques acteurs juifs du théâtre Korch, et Emma Bauer (la femme, juive, du réalisateur).


4) Soirée Mikhoëls / cinéma et théâtre / МИХОЭЛС


Documents sur le GOSSET et Mikhoëls
Соломон Михайлович Михоэлс и
Государственный еврейский театр (ГОСЕТ)


Documentaire, Moscou, 20 mn.

Les documents présentent des extraits des répétitions au Gosset, filmés pour les actualités en 1933 et 1935. Cartons en russe et parlant (yiddish). Les cartons seront traduits. Documentaire.

Salomon Mikhoëls (1890 – 1948), l’un des plus grands acteurs du théâtre yiddish, était une figure centrale de la scène culturelle soviétique. Acteur principal du Gosset, le théâtre juif de Moscou, il en devint le directeur à partir de 1929. Il y joua les classiques du théâtre yiddish, les auteurs juifs soviétiques mais aussi quelques pièces du répertoire universel dont Le Roi Lear - en yiddish ! Nommé président du Comité juif antifasciste par Staline, il n’en fut pas moins assassiné sur son ordre en 1948.



Jewish Happiness, 1925

(Еврейское счастье)


Aleksey GRANOVSKY
(Алексей ГРАНОВСКИЙ)


Fiction, 1h20.

Le film est une adaptation du célèbre recueil Menahem Mendl, le rêveur de Sholem Aleikhem, entreprise par Alexandre Granovski, directeur du Gosset, avec les acteurs du théâtre, dont Mikhoëls dans le rôle de Menahem. Première apparition de Mikhoëls à l’écran, il fut célébré comme le « Don Quichotte juif ».


5) Les héros de la pègre / Герои воровского мира


Sonka zolotaya ruchka, 1-ya seriya, 1914

(Сонька золотая ручка, 1-я серия)


Yuri YURIEVSKY
(Юрий ЮРЬЕВСКИЙ)


Fiction, 33 mn.

Des cartons en russe résumant l’action (rédigés par S. Skovorodnikova) ont été placés en début de bobine.
Première partie d'un sérial à succès qui compta six épisodes, inspiré par la vie tumultueuse d’une criminelle juive. Joué par l’excellente Nina Gofman.



Benya Krik, 1926

(Беня Крик)


Vladimir VILNER
(Владимир ВИЛЬНЕР)


Fiction, Odessa, 57 mn.

Le film met en scène un personnage de chef de gang juif au bon cœur, dans une Odessa dominée par la pègre, que le pouvoir soviétique saura éliminer. Il s’agit de l’adaptation d’une œuvre d’Isaac Babel qu’Eisenstein avait un temps songé à réaliser.


6) Visions du passé / Взгляд на прошлое


Protiv voli otsov, 1927

(Против воли отцов)


Yevgeni IVANOV-BARKOV
(Евгений ИВАНОВ-БАРКОВ)


Fiction, 52 mn.

Production : Proletkino et Sovkino.
Dans les années qui précédent la révolution de 1905, l’histoire de deux familles juives de province dont les pères ont choisi l’un la voie de l’assimilation, tandis que l’autre reste fidèle à la tradition. Leurs enfants, partis faire leurs études en ville, prennent part à la fièvre révolutionnaire. Les événements de 1905 arrivent et la vague de pogroms n’épargnera personne. Inspiré d’une œuvre de Sholom Aleikhem, le film fut remonté à partir des rushes du film Mabul (adapté de Sholom Aleikhem) qui avait été interdit.



Documents sur les pogroms durant la guerre civile

Documentaire, Berlin, environ 15 mn.

Vues éditées par les Archives historiques des Juifs ukrainiens, Berlin (cartons en français et anglais).



Five Brides, 1929

(Пять невест)


Aleksandr SOLOVYOV (2)
(Александр СОЛОВЬЕВ (2))


Fiction, Odessa, muet, 43 mn.

Un shtetl est menacé de pogrom par une bande ukrainienne, mais ses habitants peuvent échapper au massacre s’ils livrent cinq vierges aux « officiers ». Après avoir tenu conseil, le village tire au sort cinq jeunes filles. Alors qu’on les a déjà amenées aux scélérats, les partisans rouges prévenus par les jeunes du village, viennent les délivrer et mettent la bande en fuite. Le film, qui évoque les exactions commises durant la guerre civile contre les Juifs, rencontra de grandes difficultés à sa sortie et fut rapidement retiré des écrans.

 

7) Combattre l’antisémitisme avant et après 1917 / Победить антисемитизм до и после 1917


Delo Beylisa, 1913

(Дело Бейлиса)


UNKNOWN
( НЕИЗВЕСТНЫЙ)


Documentaire, 7 mn.

Document tourné à Kiev pendant le procès : on y voit les lieux de l’action, les protagonistes, les témoins, l’avocat de Beylis et Beylis lui-même, en chemin vers le Palais de justice.

Le procès fait à Menahem Mendel Beylis à Kiev en 1913 sous la charge de crime rituel contre un jeune chrétien fut monté de toutes pièces par le pouvoir tsariste. L’innocence de Beylis ne fut reconnue qu’au terme d’un long combat. Avec l’affaire Dreyfus, l’affaire Beylis est caractéristique du climat antisémite de la fin du XIX e siècle et eût un écho immense à travers le monde.



Vera Chibiryak, 1917

(Вера Чибиряк)


Nikolay BRESHKO-BRESHKOVSKY
(Николай БРЕШКО-БРЕШКОВСКИЙ)


Fiction, Kiev, incomplet, 24 mn.

Réalisé à Kiev avec les acteurs du théâtre Solovtsov, le récit du film s’appuie sur les révélations du journaliste Krassovski, qui démontra l’innocence de Beylis et la culpabilité de Vera Tcheberiak.



Remember Their Faces / Mr. Surkov’s Crime, 1930

(Запомните их лица)


Ivan MUTANOV
(Иван МУТАНОВ)


Fiction, 1h20, document inédit.

Tourné dans le cadre de la campagne contre l’antisémitisme déclenchée à la fin des années vingt, l’action du film se déroule dans une tannerie. Un jeune Juif met au point un appareil permettant de mécaniser le travail. Mais d’autres ouvriers cassent la machine, à l’instigation d’un concurrent privé qui utilise l’antisémitisme ambiant pour lui faire quitter la fabrique. La cellule du Komsomol parvient à temps à stopper les représailles contre le jeune Juif.



The Return of Nathan Becker, 1932

(Возвращение Нейтана Беккера)


Rashel MILMAN (Рашель МИЛЬМАН)

Boris SHPIS (Борис ШПИС)


Fiction, Minsk, 1h09.

Emigré aux Etats-Unis au début du siècle, Nathan revient dans son shtetl en raison de la crise de 1929, avec un ami nègre. Embauché sur un grand chantier du premier quinquennat, il perd dans la compétition socialiste qui l’oppose à des ouvriers soviétiques, dont les mouvements sont élaborés scientifiquement, tandis que Nathan Becker a été usé par l’exploitation capitaliste. Mais sa défaite n’est que partielle, car les techniques de la maçonnerie américaine peuvent être avantageusement copiées par les bâtisseurs soviétiques.



Gorizont, 1932

(Горизонт)


Lev KULESHOV
(Лев КУЛЕШОВ)


Fiction, Moscou, 1h43.

Horizon, de Lev Kouléchov, 1932-33, 1h43, Parlant (russe), Production : Mejrabpom-film (Moscou). Un horloger d’Odessa, en butte à l’antisémitisme du régime tsariste, émigre aux Etats-Unis. Il y connaît l’exploitation capitaliste, et découvre que le rabbin est l’allié du patron. Pour échapper à son sort, il s’engage dans l’armée et est expédié combattre les Bolcheviks dans son pays d’origine. Lors d’une attaque, il retourne son arme et passe du côté des Rouges.


10) Granitsa


Granitsa, 1935

(Граница)


Mikhail DUBSON
(Михаил ДУБСОН)


Fiction, Lenfilm, 1h34

Dans un village juif de Pologne, non loin de la frontière soviétique, les notables exploitent les discordes et le sentiment religieux des habitants. Le rabbin organise une cérémonie de "couronnement noir ", sensée protéger la population du malheur. Des sympathisants de la révolution, juifs et polonais, profitent de la cérémonie pour libérer un communiste condamné à mort et se révolter.



Coming of age, 1934

(Совершеннолетие)


Boris SHREIBER
(Борис ШРЕЙБЕР)


Fiction, Minsk, 1h30.

Dans une Biélorussie occupée par les Allemands en 1918, un groupe de jeunes, dont le Juif Motia, mène la lutte révolutionnaire, guidé par un chef clandestin. Son père, Guédali, contremaître sans histoire, retrouve sa famille après des mois d’absence et reprend son travail à la fabrique. La consigne est donnée d’empêcher les occupants d’expédier le blé en Allemagne. Motia est chargé de se rendre à un rendez-vous avec le responsable du mouvement… Film illustrant la participation des Juifs au mouvement révolutionnaire, il met également l’accent sur le lien entre révolution et émancipation.


12) Au Birobidjan / В Биробиджане


Birobijan, 1935

(Биробиджан)


Mikhail SLUTSKY
(Михаил СЛУЦКИЙ)


Documentaire, parlant (russe et yiddish, cartons en russe), 34 mn.

Film documentaire, mais en réalité hymne poétique consacré à l’établissement des Juifs au Birobidjan. Musique de Leib Pulver, cartons dus au poète Peretz Markish, image : M. Glider.



Seekers of Happiness, 1936

(Искатели счастья)


Vladimir KORSH-SABLIN
(Владимир КОРШ-САБЛИН)


Fiction, Minsk, 1h22.

Film de fiction consacré à l'établissement des Juifs au Birobidjan, il place au centre de l'action une famille revenue des Etats-Unis pour s'installer dans cette Palestine des confins extrême-orientaux du pays. Tandis que la famille intègre rapidement les valeurs et le mode de vie à la soviétique, Pinia (joué par Benjamin Zuskine, comparse de Mikhoëls au Gosset) continue de chercher de l’or pour faire fortune en traversant la frontière chinoise, et est prêt à écarter quiconque se mettra sur son chemin. Mal lui en prendra, car la police politique veille.


 


Professor Mamlok, 1938

(Профессор Мамлок)


Adolf MINKIN (Адольф МИНКИН)

Herbert RAPPAPORT (Герберт РАППАПОРТ)


Fiction, Lenfilm, 1h44.

En Allemagne un chirurgien juif, très éloigné de la politique, est victime des nouvelles lois antisémites, et chassé de sa clinique par un jeune et ambitieux concurrent qui le dénonce aux shturmoviki. Rappelé pour soigner un responsable du parti nazi, il est à nouveau rejeté aussitôt après. Ayant réchappé d’une tentative de suicide, il comprend la position de son fils, rallié aux communistes et décide de combattre le régime. Il est abattu après un discours enflammé, prononcé depuis son balcon.



The Oppenheim Family / The Oppenheims, 1938

(Семья Оппенгейм)


Grigori ROSHAL
(Григорий РОШАЛЬ)


Fiction, Mosfilm, 1h44.

Adaptation du roman de Lion Feuchtwanger. La politique antisémite du pouvoir nazi et ses conséquences pour une famille juive : un professeur de lettres pousse au suicide le jeune Berthold Oppenheim ; son père est contraint de vendre son entreprise et de fuir à l’étranger ; tandis qu’un autre membre de la famille, le chirurgien Edgard Oppenheim, est jeté en prison. Il y fait la connaissance de communistes prêts à mener le combat. Un autre classique sur la montée de l’antisémitisme en Allemagne. Les deux films furent retirés des écrans au moment du pacte germano-soviétique et à nouveau programmés dès le lendemain de l’entrée en guerre de l’Union soviétique.


15) Dream


Dream, 1941

(Мечта)


Mikhail ROMM
(Михаил РОММ)


Fiction, Mosfilm, 1h40.

Tourné à Lvov après l’entrée des troupes soviétiques et la « réunification » de l’Ukraine occidentale, le film retrace rétrospectivement les attentes et les déboires des habitants d’un petit meublé, Le Rêve, tenu par une tenancière juive (jouéе par Faïna Ranevskaïa), dans cette province sans perspective économique ni politique. Seule la jeune Anna se rebelle, et après une peine de prison, trouve refuge en Union soviétique. Elle revient chez elle après la « libération ».


16) La Seconde Guerre mondiale / Вторая мировая война


L’appel aux Juifs du monde, août 1941

Documentaire, 7 mn.



Meeting juif antifasciste, 1944

Documentaire, environ 20 mn.

Extraits des interventions en russe et en hébreu prononcées lors d’une soirée organisée par le Comité juif antifasciste, sous la présidence de Mikhoëls à Moscou. Le sort des Juifs sous le joug hitlérien, et le rôle des combattants juifs des armées alliées est particulièrement souligné.



The Undaunted, 1945

(Непокоренные)


Mark DONSKOY
(Марк ДОНСКОЙ)


Fiction, Kiev, 1h34.

La vie d’une famille ouvrière ukrainienne durant l’occupation allemande que le père, Taras, croit pouvoir ignorer en se barricadant chez lui. Les membres de sa famille sont peu à peu happés par les événements et entrent dans la résistance, tandis que lui-même recueille la petite fille du docteur Aron Davidovitch, disparu dans le massacre de Babi Yar. Il s’agit du seul film de fiction soviétique qui évoque la Shoah sur le territoire soviétique avant les années soixante.



Good-bye, Boys, 1964

(До свидания, мальчики!)


Mikhail KALIK
(Михаил КАЛИК)


Fiction, Mosfilm, 1h22.

La classe est finie, et trois amis odessites, dont un Juif, le baccalauréat en main, abordent les vacances le cœur léger. Hymne à l’amitié, tourné avec la liberté retrouvée du cinéma du Dégel, c’est aussi un film très nostalgique : ces vacances qui commencent seront interrompues par l’entrée en guerre de l’Union soviétique. Nous sommes en juin 1941.



Time, Forward march!, 1965

(Время, вперед!)


Sofia MILKINA (Софья МИЛКИНА)

Mikhail SHVEITSER (Михаил ШВЕЙЦЕР)


Fiction, Mosfilm, 2 épisodes, 2h37.

Le film retrace l’épopée du premier plan quinquennal, en s’attachant à décrire le quotidien de la construction de Magnitogorsk au début des années trente. Inspiré du roman de Valentin Kataev, il bénéficia d’une musique composée par Guéorgui Sviridov, devenue opéra. Le souffle romantique de la construction est évoqué par des moyens formels qui renouent avec le grand cinéma soviétique des années vingt. Hymne au collectif, cette vaste fresque évoque la participation de représentants de toutes les nationalités de l’Union soviétique, et place au cœur de l’action un ingénieur juif.



The Commissar, 1967

(Комиссар)


Aleksandr ASKOLDOV
(Александр АСКОЛЬДОВ)


Fiction, Studios Gorki/Mosfilm, 1h49

Il s’agit du premier film de fiction qui renoue directement avec le thème de la judéité et évoque la Shoah depuis la fin de la guerre. Durant la guerre civile, une femme, commissaire politique, s’arrête avec son unité de cavalerie dans un shtetl d’Ukraine. Elle est logée par une famille juive misérable. Son séjour se prolonge, car elle doit bientôt accoucher. D’abord très réticente, elle se prend d’amitié pour ses hôtes et leur abandonnera son enfant, avant de repartir sur le front. Le film, interdit, put sortir à la faveur de la pérestroïka. Son auteur, dont c’était le film de diplôme, fut écarté des studios.



Vo imya zhivykh, 1964

(Во имя живых)


Léon MAZRUKHO
(Леон МАЗРУХО)


Documentaire, Studios de Rostov, noir et blanc, 40 mn

Film documentaire consacré au procès de huit collaborateurs nazis organisé à Krasnodar en 1963. Le film associe des images tournées lors des interrogatoires et du procès avec des images d’archives, filmées lors de la libération de ces territoires par l’Armée rouge. Il est un des premiers à évoquer clairement la judéité des victimes. Ce travail de justice mené par les Soviétiques est, dans le film, opposé à la volonté d’oubli prêtée aux pays capitalistes.